Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 novembre 2017 - 20h20
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Le 11 novembre 1917 : contre le feu

Le 11 novembre 2017

À l’annonce de la mobilisation, les casernes de pompiers se vident de leurs effectifs. Pourtant, leur présence est plus que nécessaire dans les villes stratégiques, cibles privilégiées des ennemis. À Calais, il ne reste plus que vingt-six hommes à la fin de l’été 1914. Le capitaine Pilard, responsable du service incendie de la commune, tente par tous les moyens de reconstituer les équipes nécessaires à la protection de la cité.

La militarisation des casernes de la ville en novembre 1914 l’aide en ce sens. Placés sous les ordres du génie, hommes et matériels dépendent désormais du ministère de la Guerre. Les centres de secours bénéficient du détachement de soldats qui sont ensuite formés par les officiers.

En août 1914, le matériel des sapeurs-pompiers se compose d’une autopompe pouvant débiter 60 000 litres, de deux pompes à vapeur de 90 000 et 60 000 litres, de plusieurs fourgons dont un avec une grande échelle et d’une vingtaine de pompes à bras. Le poste permanent se situe au dépôt central de la rue de Chantilly et des sonneries électriques, placées chez un certain nombre de sapeurs, permettent d’alerter très rapidement les hommes. Dans le port, des bateaux-pompes peuvent secourir les navires sinistrés et les bâtiments situés sur les quais. Les premiers mois de guerre, plusieurs centres de secours se répartissent l’ensemble du matériel.

Celui-ci se perfectionne durant le conflit, notamment grâce à la proximité des Alliés qui ont amené avec eux leur propre équipement. En septembre 1915, la Fire brigade de la base anglaise dispose d’une autopompe pouvant débiter près de 100 000 litres et d’une autre équipée de 2 000 mètres de tuyaux. La base belge est également pourvue d’une autopompe et d’une motopompe.

L’ensemble de ces professionnels travaille de concert et se partage la ville en trois secteurs, tous reliés téléphoniquement entre eux.

Contre le feu

À l’ordre du jour de la séance que le conseil municipal doit tenir demain au Grand Salon de l’Hôtel-de-Ville, figure, sous l’article 19, une intéressante question ayant trait à nos services d’incendie. Il s’agit du projet d’acquisition d’une moto-pompe. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que nos édiles s’empresseront d’approuver le projet car plus que jamais, en ces temps de Kultur où le génie du mal qu’incarne le Boche, s’applique avec une science infernale à semer partout la mort et le feu, nous devons nous prémunir contre ses attaques. On a assez vu à l’œuvre les pirates, jetant sur la ville des bombes incendiaires, pour savoir quels services immenses notre compagnie d’incendie peut être appelée à rendre à la cité. Il s’agit par conséquent d’une question de sauvegarde et de sécurité collective de la population.

Depuis quelques mois notre compagnie des sapeurs-pompiers, sous la conduite de ses dévoués officiers, a été appelée à combattre d’importants sinistres. La nomenclature en serait inutile. Les plus gros d’entre eux sont du reste présents à toutes les mémoires. Nos pompiers se dépensant sans compter n’ont pas eu de trop de leur matériel pour faire face aux nécessités de la lutte contre le fléau auquel il importait d’imposer une limite. Ils ont été même fort aises de trouver auprès d’eux la très efficace collaboration des services d’incendie appartenant aux bases alliées, et notamment celle apportée par nos amis les Anglais. Tous ceux qui ont assisté à la lutte contre l’incendie ont pu voir à l’œuvre la magnifique pompe automobile que ces derniers amenaient sur les lieux du sinistre avec une promptitude remarquable. On n’a pas manqué d’admirer ensuite la rapidité extraordinaire avec laquelle cet engin était mis en batterie et se trouvait en mesure d’attaquer le brasier sur de nombreux points à la fois, grâce au nombre de lances que la pompe pouvait simultanément alimenter en donnant aux jets une puissance énorme en portée et en calibre.

La démonstration réitérée des avantages qu’une pompe de ce genre présente sur les pompes à vapeur, dont notre service d’incendie est actuellement pourvu, a frappé tous les esprits et il serait en effet infiniment utile d’en posséder une semblable. Voilà ce que se sont dit tous ceux qui prennent à cœur d’assurer à la population calaisienne le maximum de protection.

Au surplus, il ne saurait évidemment être question de renoncer à l’usage de ces pompes à vapeur qui rendent, elles aussi, les plus signalés services. On a maîtrisé efficacement de grands sinistres avec ces pompes dont fut doté notre matériel à la faveur de la transformation radicale décidée à la suite de l’incendie qui détruisit, il y a une quinzaine d’années, un immense corps de bâtiment à l’usine Gaillard.

On ne saurait oublier à cette occasion le rôle de notre concitoyen M. le capitaine Pilard qui assuma la lourde tâche de réorganiser, en le modernisant, notre service d’incendie. Il ne disposait jusqu’alors que d’un matériel désuet, de pompes à bras, d’échelles à crochet avec lesquelles on ne pouvait escalader qu’un étage à la fois. Calais, avec ses immenses usines à trois ou quatre étages, n’était pas mieux outillé que les villages de la région.

Cette œuvre va se compléter aujourd’hui très heureusement par l’adoption du projet dont seront saisis nos édiles à cette réunion du conseil municipal.

Qu’importe que la dépense soit quelque peu élevée si, grâce à elle, on arrive à sauver des biens dont la totalisation des valeurs peut finir par représenter des sommes considérables. Il s’agit de protéger non seulement les grandes usines, qui contiennent l’outillage avec lequel s’assurent la vie et la fortune de Calais, mais au même titre, nos habitations, notre mobilier, tout ce qui nous est si cher et qui constitue le foyer et son bien-être, aussi bien le modeste logis du travailleur que la demeure plus opulente de l’industriel, du commerçant ou du capitaliste. Chacun d’entre nous trouve donc un intérêt capital à ce que nos services de protection contre le feu acquièrent le maximum d’efficacité.

Pharos

Le Télégramme, dimanche 11 novembre 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/28.

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