Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 novembre 2017 - 20h16
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Le 13 novembre 1917 : la femme et le commerce

Le 13 novembre 2017

Au début du XXe siècle, les femmes sont encore majoritairement reléguées au rang de mères au foyer. Pourtant, avant la guerre, elles représentent déjà 7,2 millions de la population active, soit 32 % de la main-d’œuvre (elles seront 40 % en 1917). Elles occupent alors diverses professions : paysannes, ouvrières, ménagères, lingères ou encore couturières.

En août 1914, le Président du Conseil des ministres, René Viviani, lance à travers une vaste campagne d’affichage, un appel aux paysannes afin de remplacer sur le champ du travail, ceux qui sont sur le champ de bataille. Outre les travaux des champs, les femmes se substituent aux hommes dans les services publics, prennent la casquette de poinçonneuses, d’employées des chemins de fer et même de conductrices de tramway. À la fin de 1915, elles contribuent à l’économie de guerre et forment une main-d’œuvre essentielle aux usines d’armement. Celles que l’on surnomme les "munitionnettes" sont 400 000 en 1917, soit un quart du personnel total.
La guerre marque aussi l’entrée des femmes dans le secteur tertiaire. Elles deviennent infirmières, auxiliaires de vie, employées de banque ou commerçantes. 

Le développement de l’industrie et du commerce sollicite de nouveaux besoins. En effet, à la fin de l’année 1917, le personnel féminin de ces deux secteurs avoisine les 20 %.
En 1898, la chambre de commerce de Paris proposait déjà sur deux années des cours gratuits du soir à l’attention des femmes adultes et des jeunes filles. Les initiatives liées à la formation des femmes ne cessent de se poursuivre pendant et après la guerre : les écoles d’ingénieurs et de commerce s’ouvrent aux filles dès 1915.
Le 4 octobre 1916, est créée à Paris l’École pratique de haut enseignement commercial pour les jeunes filles, plus connue sous le nom d’"HEC jeunes filles". Fondée par Louli Sanua, enseignante et pédagogue féministe française, elle a pour objectif de leur offrir un accès aux emplois supérieurs où la guerre a entraîné de nombreux vides. On y étudie la législation commerciale et financière, on y donne des cours de marchandises, d’économie, de politique, de géographie, de langues étrangères, etc. Pour intégrer cette école, on privilégie les élèves issues des classes moyennes ou supérieures, âgées de 18 à 25 ans et ayant déjà eu accès à un enseignement secondaire. La charge de travail est lourde, laissant très peu de place à l’amusement. Malgré les préjugés sur le travail des femmes dans le commerce, qui les limitent au secrétariat et à la comptabilité, les familles y voient là l’accès à un avenir meilleur face à la pénurie d’hommes. 

Les jeunes femmes représentent 12 % des baccalauréats en 1920 (contre 6 % en 1914) ; l’alignement des enseignements secondaires masculin et féminin grâce au décret Bérard du 25 mars 1924 permettra de leur ouvrir les études et les métiers qualifiés.

La femme et le commerce

La guerre a provoqué chez la femme une réelle énergie d’initiative et accentué son évolution. Elle s’est adaptée à des professions différentes de celles qu’elle exerçait jusqu’ici et se prépare à tenir une place dans l’avenir économique du pays.

Nous l’avons vue, avant la guerre, associée à son mari, employée dans un magasin, vendeuse, comptable, etc. Mais à l’heure actuelle c’est un rôle plus développé qu’elle est appelée à jouer aussi bien dans le grand commerce que dans la grande industrie.

Dès aujourd’hui, elle doit s’entraîner à cette tâche. C’est une nécessité sociale intéressant le pays tout entier.

Le négoce offre à la femme un champ d’activité très étendu. Mais on a prétendu, par préjugé, que le commerce n’était pas pour la jeune fille une profession assez relevée. Les carrières libérales, très bien, mais les affaires, fi donc !...

Ce préjugé ne mérite pas l’examen. On en revient peu à peu. On a compris que le commerce était une science. Pour y réussir, il faut savoir écrire, lire et compter, sans doute ; mais il faut davantage. Il faut un sens avisé, une instruction technique générale, une connaissance des besoins variés, et une mise en œuvre judicieuse des ressources. Le commerce ainsi envisagé acquiert ses titres de noblesse, il devient un art appuyé sur une science.

Il ne suffit pas d’ajouter aux cours des écoles primaires supérieures féminines une section commerciale. Il faut des écoles de commerce et d’industrie, présentant un programme d’enseignement adapté au but. Certaines chambres de commerce ont déjà fait beaucoup dans cette voie. C’est, en effet, dans ces écoles, que la jeune fille doit aller apprendre les notions nécessaires qui sont à la base de cette science, qu’il s’agisse de législation commerciale, d’arithmétique financière, d’économie politique ou de l’étude de langues étrangères.

Les études commerciales exigent de l’intelligence ; elles nécessitent des connaissances étendues. Et puisqu’elles offrent à la femme des débouchés nouveaux, il faut que celle-ci se consacre à sa tâche avec toutes les chances de réussir. 

C.A.

Le Télégramme, mardi 13 novembre 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/28.

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