Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 23 août 2017 - 19h43
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Le 16 février 1917 : bilan des actions 1916 de la société boulonnaise de secours aux mutilés

Le 16 février 2017

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Face au nombre croissant de mutilés de guerre, il devient indispensable de trouver des solutions pour favoriser leur convalescence, puis leur réinsertion et leur reconversion professionnelle. Dès décembre 1914, une école pour les mutilés est créée par Édouard Herriot. En janvier 1915, Maurice Barrès fonde la Fédération nationale d’assistance aux mutilés des armées de terre et de mer. Dans l’administration publique, des emplois sont réservés aux militaires blessés par la loi du 17 avril 1916. Parallèlement, les associations d’aide aux mutilés se multiplient pour les accompagner dans leurs démarches : obtention de prothèses, attribution de pensions, reconversion professionnelle, etc.

Fondée le 15 décembre 1915, la société de secours aux mutilés de la guerre de Boulogne-sur-Mer est affiliée à la Fédération nationale. Principale association de ce type pour le Pas-de-Calais encore en 1917, elle assiste les militaires hospitalisés dans les formations sanitaires du Pas-de-Calais et les militaires réformés qui y ont installé leur résidence et qui ne sont pas déjà assistés par une autre association affiliée à la Fédération [note 1]. Elle a pour missions :

  • l’aide à la réinsertion professionnelle par le placement ;
  • l’aide à l’équipement de prothèses ;
  • la rééducation. Elle finance pour tout ou partie le placement des mutilés assistés, soit à l’école de commerce de Boulogne, afin qu’ils y reçoivent des enseignements de comptabilité et de sténographie-dactylographie, soit dans des ateliers organisés par la ville ou à l’école industrielle pour des métiers manuels.

Après un an d’existence, la société de secours aux mutilés de la guerre de Boulogne dresse le bilan de ses actions dans un compte-rendu annuel publié par Le Télégramme du 16 février 1917.

Boulogne – Société de secours aux mutilés

Nous venons de recevoir résumé du compte-rendu annuel de cette société et sommes heureux d’en faire part à nos lecteurs.

Ils pourront ainsi constater l’importance des services rendus. Ces résultats font le plus grand honneur au comité qui ne ménage pas ses efforts.

L’œuvre prendra son plein développement quand nos braves soldats pourront être dirigés des hôpitaux où ils sont encore dans leur pays d’origine.

La société de secours aux mutilés de la guerre s’est formée le 15 décembre 1915.

Elle s’est affiliée à la Fédération nationale fondée par M. Maurice Barrès.

La société possède des membres fondateurs honoraires et adhérents ; les premiers versant 100 francs définitivement, les autres versant annuellement 20 et 5 francs.

  • Les membres fondateurs sont au nombre de 67.
  • Les membres honoraires sont au nombre de 104.
  • Les membres adhérents sont au nombre de 397.

Le nombre des mutilés qui se sont adressés directement à la société pour trouver un emploi est d’environ 120.

Un grand nombre de blessés se trouvent encore dans les hôpitaux du Centre et du Midi où ils attendent les appareils que l’État doit leur fournir.

Un certain nombre ont préféré ne pas attendre et sont rentrés dans leurs foyers. Dans quelques cas urgents, nous avons pu les aider à payer une partie de la dépense occasionnée par l’achat ou la réparation des membres artificiels. La société en a assisté ainsi 8 à 10 pour lesquels la dépense s’élève à 788 fr. 80. Mais plusieurs appareils demandés ne sont pas encore livrés. La moitié environ de ceux qui se sont adressés à nous ont trouvé des emplois par notre intermédiaire ; mais d’autres n’ont pas pu connaître s’ils avaient réussi. Ceux qui ne pouvaient reprendre leur ancien métier ont été dirigés vers des écoles de rééducation. Parmi celles-ci :

  1. l’école de commerce de la ville ayant ouvert une section spéciale pour l’enseignement de la comptabilité, sténographie, etc. avec des subventions de l’État, de la chambre de commerce et de la ville : nous en avons placé plusieurs pour lesquels nous participons aux frais d’internat. Le nombre des internes est d’environ 28 à 30.
    Des cours de vannerie avaient été organisés, mais ceux qui s’étaient inscrits y avaient renoncé, nous en avons dirigé d’autres vers l’apprentissage de la bourrellerie. La ville ayant pris à sa charge la direction de ces écoles, nous sommes convenus d’y participer en leur donnant une subvention : outre l’abandon de l’outillage et de l’organisation des ateliers évalués à 1 250 fr. nous avons participé dans les frais de premier établissement des locaux de l’école pour une somme de 2 000 fr. ; enfin nous avons consacré une somme de 3 000 fr. à titre de subvention. Soit au total 6 250 francs.
  2. L’école industrielle pourra également recevoir des mutilés dans les mêmes conditions.

De plus nous sommes venus en aide à quelques-uns de nos protégés sous forme de chaussures et de vêtements qui leur étaient indispensables.

Au point de vue financier, en dehors des membres de la société au nombre de 568 représentant des cotisations pour un chiffre de 4 045 francs ; la société a été dotée de diverses subventions provenant de dons et de souscriptions généreux pour un chiffre global de 27 296 fr. 50 ; mais dans ces chiffres sont compris des subventions comme celle de la Fédération nationale se montant à 5 000 fr. qui sont donnés pour toute la durée de notre fonctionnement. D’autres, comme celles de la ville et du conseil général, pourront se renouveler. Celles-ci doivent nous permettre d’aider les comités des autres arrondissements de sorte que notre budget devra s’établir en tenant compte de ces différentes sources.

Le bureau définitif a été nommé dans l’assemblée générale du 4 août 1916 ; il est ainsi composé :

MM. :

  • Constant FURNE, président,
  • Paul de BEAUMONT, vice-président,
  • le Commandant LE FRANÇOIS, président,
  • le colonel ORANGE, vice-président,
  • Georges VIDOR, vice-président,
  • ALLAVENE D'ERLON, trésorier,
  • POULET, secrétaire.

Le siège social est établi à l’hôtel de ville où la municipalité nous offre un local gratuitement. Nous n’avons qu’à nous louer de la tenue et de l’assiduité de nos protégés dans nos écoles de rééducation. Tous travaillent pour se créer un métier en rapport avec leurs dispositions et leur état physique. Nous regrettons seulement le petit nombre qui acceptent d’apprendre des métiers manuels.

Nous devons dire combien a été large et spontané l’accueil fait à notre œuvre de guerre qui, dès le début, a conquis la faveur du public.

Nous devons faire un éloge très spécial du cours de comptabilité, MM. Lamoril et Roland qui se consacrent à leur tâche avec un rare dévouement et une grande compétence. Nous avons donc la certitude que le grand effort qui a été fait par le pays pour venir en aide à nos frères malheureux portera ses fruits et les aidera à retrouver dans leurs foyers des moyens d’existence et la situation à laquelle leur donne droit le sacrifice qu’ils ont fait pour la défense du sol de la Patrie.

Le Télégramme, vendredi 16 février 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/27.

 

[note 1] Fédération nationale d’assistance aux mutilés des armées de terre et de mer (Paris), La Fédération nationale d'assistance aux mutilés des armées de terre et de mer, 1917, pp. 117-118. 

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Bibliographie

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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