Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 27 juillet 2017 - 04h27
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Le 4 juillet 1917 : les Teddies

Le 4 juillet 2017

Comme pour la société elle-même, la Grande Guerre constitue un tournant important de l'histoire de la langue française. Fait déjà constaté lors des guerres précédentes, le conflit contribue dans une large mesure au renouvellement du vocabulaire, en raison du brassage des classes sociales et de la mise en contact de diverses nationalités. Pour les civils comme pour les soldats, il entraîne un mélange incontestable de langues et traduit ainsi l'ampleur de la mobilisation culturelle. L'enrôlement de soldats originaires de toutes les régions françaises comme la présence massive des troupes alliées ou ennemies font de ce choc un moment saisissant pour s’ouvrir aux us et coutumes de l’autre. Pour communiquer, commercer, obéir aux ordres ou travailler, chacun va devoir s'initier à de nouvelles langues, initiation qui sera marquée par une large diffusion de manuels ou guides de conversation, en allemand et en anglais.

Le conflit illustre aussi la complexité des usages oraux et écrits des soldats, avec un vocabulaire mêlant l'argot de caserne et de nombreux emprunts à la langue orale de chaque antagoniste. Si le vocabulaire technique de la guerre va simplement être exporté, notamment de l'anglais vers le français, d'autres mots, tels que "boche", utilisé familièrement par les civils avant-guerre, feront l'objet d'une diffusion immédiate sur le front comme à l'arrière en se chargeant d'un sens péjoratif qui n'était pas forcément le leur avant le début des hostilités. De la sorte, si tous ont assimilé le terme poilu, les surnoms donnés aux combattants des pays engagés leur sont devenus tout aussi familiers.

Les Teddies

Un contingent de troupes américaines est dans nos murs. Nous connaissons déjà leur feutre et leur uniforme beige ; on nous avertit que, dans l'intimité, ces nouveaux alliés répondent au nom de Teddy. C'est le prénom amical du colonel Roosevelt, à qui cette préférence fera autant de plaisir qu'elle lui fait honneur.

Ainsi notre vocabulaire s'enrichit tous les jours. Tommy est d'un usage aussi commun que poilu ; nous distinguons dans l’armée portugaise le serrano, fils des montagnes, et le tireur d'élite qui s'appelle le snipper ; nous savons qu'en Allemagne le fantassin se nomme feldgrau, en Italie grigio verde.

Pour peu que la guerre dure, nous parlerons couramment toutes les langues étrangères, amies ou ennemies ; notre réputation de paresse et d'ignorance ne sera plus qu'une injuste légende comme notre renom de légèreté.

En tout temps et partout, on s'est plu à donner au militaire quelque surnom familier ; c'est une marque de sympathie. Un général qui n'en a point n'est pas le chef de son armée ; s'il n’était pas devenu le Petit Caporal, Napoléon serait encore lieutenant. Le modeste troupier a droit aux mêmes égards ; il est heureux, de l'autre côté du Rhin, qu'on le nomme Michel ou Fritz, au-delà des Alpes qu'on l'appelle Beppino. Un Japonais qu'on baptise "le petit Jap" se sent tout de suite en pays allié ; l'Anglais le plus sévère sourit d'aise à s'entendre appeler Tommy.

Il ne faut qu'un peu de prudence dans l'emploi de tous ces petits noms. Un conscrit de 1914 accepte volontiers qu'on le nomme Marie-Louise ; ses cadets de 1916 et de 1917 écoutent avec plaisir les surnoms de Bleuet ou de Coquelicot ; un briscard admet celui de poilu, un R. A. T. tolère celui de pépère ; il froncerait le sourcil au nom de Champignol et j'imagine qu'on ne ferait aucun plaisir à un héros de Verdun en l'appelant Dumanet ou Pitou.

Z.

Le Télégramme, mercredi 4 juillet 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/28.

La fête de l’Indépendance des États-Unis

Pavoisons en l’honneur des Américains

Le 4 juillet, jour de l'Indépendance, est la fête nationale des États-Unis. C'est le 2 juillet 1776 que le Congrès adopta la résolution de l'Indépendance et le 4 juillet 1776, 12 États, sur les 13 États alors existants annoncèrent solennellement au monde la naissance d'une nation nouvelle, en votant la déclaration d'Indépendance de Jefferson.

La journée du 4 juillet est pour le peuple des États-Unis, l'analogue de notre fête du 14 juillet. Ce jour-là tous sont en vacances sur l'ensemble du territoire. Des cérémonies de toutes sortes ont lieu dans les villes, dans les campagnes. Des banquets sont offerts partout ; on y prononce des "speeches" patriotiques. Les enfants des écoles sont réunis pour exécuter des danses et des exercices d’ensemble. Des "meetings" sportifs ont lieu au stade. Le soir, des milliers de lampes électriques illuminent le fronton des édifices publics, sur lesquels flotte largement déployé un drapeau étoilé. De longs festons de lumières sont attachés aux arbres et des projecteurs sont dirigés sur les monuments.

En 1916, le défilé habituel de la Garde Nationale fut supprimé à New-York. "Il ne faut plus de soldats de parades", avait déclaré le maire de New-York en même temps qu'il adressait au peuple un chaleureux appel en faveur de la préparation militaire et du service obligatoire. A Oyster Bay, Roosevelt passait une revue de soldats et de marins. Dans tous les camps militaires, les défilés furent organisés, musique en tête. A New-York, dans le parc de City Hall, des personnages représentant Jefferson, John Adam, Samuel Adam, Ben Franklin, prononcèrent devant la foule les mêmes discours que ceux-ci avaient prononcé il y a 140 ans.

Des manifestations plus imposantes encore marqueront sans doute le 4 juillet 1917. En effet, cette année sera deux fois mémorable puisque, en même temps que l'anniversaire de l'Indépendance Américaine, elle commémorera du même coup l'inoubliable participation des États-Unis à la grande guerre libératrice.

Le Télégramme, mercredi 4 juillet 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/28.

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