Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 juillet 2018 - 03h46
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Le 13 avril 1918 : arrestation de Benoît Broutchoux

Le 13 avril 2018

Incarcéré lors de la mobilisation générale, le syndicaliste Benoît Broutchoux est incorporé le 21 novembre 1914 au sein du 59e régiment territorial et se retrouve dans les tranchées sur les hauteurs des Vosges ; il passe ensuite successivement par le 8e régiment du train, le 23e régiment d’infanterie coloniale, le 56e R.I et le 29e R.I.

Gazé au début de janvier 1916, il est hospitalisé pour des lésions pulmonaires puis transféré le 13 à l’arrière, sans être démobilisé. On retrouve sa signature comme secrétaire de l’U.D. du Pas-de-Calais, dans un manifeste du Comité de défense syndicaliste à l’automne 1916. En convalescence du 17 novembre au 16 décembre 1917, il apparaît comme porte-parole de la minorité syndicaliste pacifiste à la conférence de la C.G.T. qui se tient à Clermont-Ferrand du 23 au 25 décembre. Le 19 février 1918, il est détaché par l’armée comme ouvrier tourneur à l’usine automobile Alda, installée à Courbevoie. Il est l’un des animateurs de la minorité syndicaliste opposée à la guerre, participant entre autres au Ce Qu’il Faut Dire, journal pacifiste de Sébastien Faure, et à La Plèbe de Fernand Desprès.

Le 13 avril 1918, Broutchoux est arrêté pour être intervenu dans une altercation dans le tramway au sujet de la guerre : s’interposant entre les deux contradicteurs, il traite l’un d’entre eux de mouchard. Tous sont convoqués au poste mais il est le seul arrêté, pour propos alarmistes et théories antipatriotiques, et est envoyé au Cherche-Midi. Son avocat, Maître Mauranges, obtient cependant sa mise en liberté provisoire.

Broutchoux se fait de nouveau remarquer en pleine grève des métallurgistes parisiens, en abandonnant son poste de travail à Courbevoie le 15 mai 1918. Tenté de faire le lien avec les événements de province, il veut aboutir à une grève générale pour la paix. Il assiste sans doute au congrès des syndicats minoritaires de Saint-Étienne, les 18 et 19 mai 1918, et est de nouveau visé par un mandat d’amener le 29.

Le 15 juillet 1918, en son absence, le Premier Conseil de guerre de Paris lui accorde un non-lieu pour ses propos défaitistes d’avril 1918 à Paris : en revanche, son absence prolongée de l’usine Alda le fait noter comme déserteur par l’armée en septembre. Il vit alors à Paris, dans le 15e arrondissement, sous le nom de Fernand Pesch, et travaille comme chauffeur à la compagnie générale des taxis.

Benoît Broutchoux arrêté

Le citoyen Broutchoux, bien connu à Lens où il résidait avant la guerre et aussi dans les bassins houillers du Pas-de-Calais et du Nord qu’il a beaucoup parcourus en sa qualité de propagandiste syndicaliste, vient d’être arrêté et mis à la disposition de la justice militaire de Paris.

Broutchoux, que ses amis nomment familièrement Benoît, se trouvant dans un tramway eut avec d’autres voyageurs une discussion au cours de laquelle il émit des théories antipatriotiques.

Mobilisé et blessé, ce militant syndicaliste est actuellement embauché dans une usine de guerre. Inculpé de propos alarmistes, il sera défendu par Me Mauranges.

Plus anarchiste que syndicaliste, Broutchoux fut incarcéré de nombreuses fois. Il doit, notamment, à son habitude de voyager toujours sans billet, un certain nombre de condamnations.

Il assistait aux réunions du comité confédéral en qualité de secrétaire de l’Union des syndicats du Pas-de-Calais. Or, toutes les organisations de ce département lui disputent le droit à ce titre et réclamaient, récemment encore, un congrès dans le but de liquider cette situation. On dit couramment à la Bourse du travail que "son timbre en caoutchouc lui tient lieu de comité". De nombreux militants syndicalistes qui ne prennent pas au sérieux "ce rigolo", ainsi que l’appelle l’un des chefs du parti du travail, nous ont déclaré que Broutchoux avait toujours représenté des organisations illusoires : syndicat de mineurs… sans mineurs ; secrétaire d’Union des syndicats… sans syndicat. La majorité le juge surtout comme un désorganisateur. Il n’est, en réalité, qu’adhérent au syndicat des chauffeurs d’auto, dont il exerce la profession… à l’occasion.

Bulletin des réfugiés du Pas-de-Calais, jeudi 18 avril 1918.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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