Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 13 décembre 2018 - 07h30
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Le 13 mars 1918 : la renaissance industrielle

Le 13 mars 2018

L’industrie, dans les territoires qui ont subi l'invasion ou une longue occupation, risque de se retrouver, lors de l'évacuation, dans une situation extrêmement précaire, voire confrontée à la concurrence inégale des entreprises allemandes. La reconstruction des régions dévastées doit ainsi être préparée bien en amont de la fin du conflit. Parmi les solutions avancées, l’union apparaît essentielle. Il s’agit, dans les faits, de créer un cadre collectif d'études et d'actions permettant de regrouper les efforts de tous les intéressés.

Organisées à l’échelon local ou régional, des associations de réfugiés et d’évacués ont commencé dès 1915 à préparer le retour des populations et la reconstitution des territoires ravagés. Formant des groupes de pression influents, elles deviennent des interlocuteurs incontournables pour les pouvoirs publics. C’est dans ce contexte qu’est créée, le 22 novembre 1915, l’Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle dans les régions envahies, face au démantèlement ou à la destruction méthodique des outils de production par les Allemands. Elle a pour objet de rechercher, du point de vue économique aussi bien que matériel et technique, les mesures les plus appropriées au relèvement de l’industrie, du crédit à la main-d’œuvre, des fournitures à la gestion des stocks.

Elle intervient en conséquence auprès des sénateurs et députés des régions envahies ; à la tête de son conseil d’administration, figurent des dirigeants de compagnies minières, des industriels de l’agro-alimentaire, du textile ou de la métallurgie ; ainsi, pour le Pas-de-Calais, Henry Darcy, président de la société des mines de Dourges, Élie Reumaux, directeur général de la compagnie des mines de Béthune, Thomas Griffiths, fabricant d’huile et président du tribunal de commerce d’Arras, ou Paul Courtin, président de l’association des brasseurs des régions envahies. L’Association centrale entend travailler en pleine entente avec les associations de sinistrés et les organisations professionnelles. Son objet, limité aux régions envahies, n'est en fait qu'un cas particulier du but plus général poursuivi par les autres organismes. Elle est ainsi à l’origine de la création en août 1916 des comptoirs centraux d’achats industriels, et joue un rôle essentiel dans la préparation de la loi du 6 août 1917 sur la reconstitution industrielle. Par convention en date du 4 octobre suivant, elle devient mandataire de l’État. 

Les associations jouent un rôle déterminant dans la préparation du dispositif législatif d’indemnisation qui va animer le Parlement dès l’armistice. Charles Jonnart, Henri Bachelet, Louis Loucheur et Louis Boudenoot, élus du Nord et du Pas-de-Calais, multiplient ainsi les interventions à la Chambre, jusqu’à aboutir, au printemps 1919, au vote de deux lois servant de cadre à la reconstruction et à l’indemnisation des sinistrés. Le président du Conseil général du Pas-de-Calais, Charles Jonnart, ministre des Régions libérées en novembre 1917, sera le premier président de la commission des réparations en 1920.

La renaissance industrielle : l’Association

"Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle dans les régions envahies", tel est le titre d’une œuvre grande par son but, plus grande encore par l’effort, magnifique par l’avenir que, dans ces jours de deuils, de ruines et de tristesses, elle permet d’entrevoir radieux au lendemain de la victoire. […]

Dans le Nord et dans l’Est, les Allemands ont bouleversé le sol, ruiné l’industrie en saccageant les usines. En accomplissant ces forfaits, ils ont poursuivi un double but : satisfaire leurs plaisirs de brutes en supprimant du même coup la concurrence française. Dans l’orgie du présent, ils n’oubliaient pas les jouissances de l’avenir et s’efforçaient d’assurer, même en cas de revers ou de succès limités, leur suprématie industrielle.
Ce calcul, comme beaucoup d’autres, est déjoué. En Italie, en Angleterre, on songe dès maintenant à échapper à cette suprématie, on travaille même à la réduire. La France, plus durement éprouvée, ne pouvait demeurer en arrière.

La chambre de commerce de Paris émettait, le 12 mai 1915, l’avis que l’État devait se préoccuper du moyen de fournir aux sinistrés qui en feraient la demande, la matière première, l’outillage et les machines, plus utiles, disait-elle, qu’une indemnité en argent pour assurer la reprise immédiate du travail. L’idée fit son chemin et ne tarda pas à prendre corps puisque l’Association fut créée et ses statuts adoptés en assemblée générale constitutive le 22 novembre de la même année. […]

Dès qu’elle fut constituée, l’Association reçut des milieux intéressés le meilleur accueil et elle compte aujourd’hui parmi ses membres des noms connus et justement estimés dans les diverses branches de l’industrie. Ne groupe-t-elle pas, en effet, dans son sein les industries textiles, les mines, la métallurgie, les constructions mécaniques et électriques, les industries agricoles (sucreries, distilleries, brasseries, meuneries, etc.), d’autres encore ne rentrant pas directement dans l’une de ces catégories ?
Son succès est assuré désormais, en tant qu’œuvre constituée, en tant qu’initiative aussi hardie que raisonnée. […]

 Nous arrivons maintenant, après cet exposé sommaire, aux moyens pratiques de la réalisation. C’est là, pour nombre de nos lecteurs le point essentiel. Or tous ces moyens se concentrent en un seul : l’Union.

À tous, petits ou grands, directeurs de grandes entreprises, petits patrons, artisans et ouvriers, nous disons : "Groupez-vous, unissez-vous, et il vous sera possible et facile de reprendre ce qui vous aura été volé, de reconstruire ce qui a été détruit, de retrouver ce que vous avez perdu. Adressez-vous à l’Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle dans les régions envahies, 40 rue du Colisée, à Paris. Faites-vous inscrire comme adhérents à ce groupement moyennant une faible cotisation à la portée de toutes les bourses, même les plus pauvres, et vous pourrez rebâtir vos usines, reconstituer vos ateliers, retrouver vos situations, posséder de nouveaux outils".

Comment ? c’est bien ce qui fera l’objet d’un prochain article. Mais, dès maintenant, nous pouvons vous dire qu’il ne vous en coûtera rien. Plus l’Association sera forte, plus la reprise de l’activité industrielle sera rapide. Et l’État, trouvant son intérêt dans une union qui ramènera l’ouvrier à l’usine, qui supprimera les indemnités de chômage et les diverses allocations, viendra en aide à une œuvre susceptible de diminuer ses soucis et d’alléger ses charges.

Jean Carvalho

Le Télégramme, mercredi 13 mars 1918. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/29.

La renaissance industrielle : la reconstruction et la reprise

Dans notre dernier article, nous avons dit que le meilleur moyen, le plus rapide et le plus simple, de reconstruire les usines et les ateliers dans les régions dévastées était l’association et qu’un groupement considérable s’était formé dans ce but sous le titre : "Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle dans les régions envahies". […]
Or, dès les débuts de l’Association, il apparut que la réalisation de son principal objet : la reconstitution de l’outillage et des stocks, avait pour condition essentielle la capacité juridique et commerciale de l’organisation qui en serait chargée.
Formée sous le régime de la loi de 1901, l’Association était inapte à faire des opérations commerciales ; elle prit donc l’initiative de la constitution d’une société anonyme à laquelle elle donna le nom de "Comptoir central d’achats industriels pour les régions envahies". […] 

Un projet de loi portant ouverture au ministre du Commerce d’un crédit de 250 millions pour procéder à des opérations d’achat et de cession en vue de la reconstitution industrielle des régions envahies fut déposé à la Chambre, le 14 juin 1917, et, sur rapport favorable de M. Louis Dubois, député, adopté sans opposition. Le 14 juillet suivant, le Sénat ratifia ; le 6 août, la loi put être promulguée. […]
À compter de ce jour, et en vertu de cette convention, le "Comptoir central" est devenu un mandataire de l’État.

La reconstitution industrielle des régions envahies doit, en effet, être assurée par l’"Office de reconstitution industrielle" créé au ministère du Commerce et par des tiers mandataires. C’est en cette qualité que le "Comptoir central d’achats" peut être chargé par l’Office de reconstitution industrielle de lui soumettre les bases des programmes d’achats, de rechercher les fournisseurs et discuter avec eux, faire les commandes, veiller à leur exécution, recevoir et emmagasiner les marchandises, les céder enfin aux industriels intéressés, etc. Dans ce cas, le "Comptoir" achète pour le compte de l’État le matériel, les matières premières, l’outillage et les cède aux industriels sinistrés au fur et à mesure des possibilités de remise en marche de leurs usines dans les régions envahies. […]
Il peut aussi servir d’intermédiaire pour acheter au compte des industriels, membres de l’Association, et avec les fonds qu’ils pourront lui confier, ce qui leur est nécessaire pour la remise en route de leurs usines. […] 

Ce n’est pas tout, car bien que largement féconde, l’initiative de l’Association ne serait point absolument efficace si elle ne poursuivait cet autre but qui est la réalisation du désir maintes fois exprimé non seulement par les intéressés directs mais, espérons-le, par tous les Français : "la reprise en nature". À cet effet, elle a créé une commission de recherche du matériel enlevé ou réquisitionné, chargée de réunir les renseignements que les industriels adhérents auront pu recevoir, de les collationner, de les classer sous ce titre. Et ses travaux sont destinés à jouer un rôle très considérable pour la préparation du traité de paix.
Nous ne saurions trop insister sur ce point : la "reprise en nature" est une des bases principales sur lesquelles repose la renaissance industrielle dans les régions envahies. […]

"Il faut, dit-il, par tous les moyens en notre pouvoir, relever les ruines de notre industrie et la mettre en état de reprendre sa production dans le plus bref délai possible.
Il faut, par contre, travailler de toutes nos forces à réduire l’avance de nos adversaires et les empêcher de s’installer à notre place sur les marchés internationaux.
Du problème ainsi posé se dégage tout naturellement une conclusion pratique.
Le devoir des Alliés apparaît clairement. Ils devront imposer aux Allemands la lourde tâche de réparer eux-mêmes les dommages qu’ils ont causés, et c’est "en nature" que ces réparations devront être effectuées toutes les fois que la chose sera possible".

Enfin, si pour certains la cause n’était point encore suffisamment entendue, nous rappellerons cette déclaration énergique, sincère, décisive. M. Motte, ancien député et maire de Roubaix, vient de rentrer en France après une longue captivité en Allemagne, avec cette tristesse de laisser plusieurs des siens en pays envahi. Comme beaucoup d’autres, ses filatures et tissages ont été détruits par les Allemands. Il possède également une manufacture en Allemagne, que les Boches avaient mise sous séquestre. Or, tout dernièrement, ils eurent l’impudence de lui offrir de la racheter. Sèchement, M. Motte leur répondit :

̶  "Je ne rachète pas ce qui m’appartient". 

Ce sera le mot de la fin de cet article.
Nous avons exposé l’utilité du "Comptoir central d’achats" et la nécessité absolue de la "reprise en nature". Il nous reste à traiter la question de la main-d’œuvre. Ce sera l’objet de notre prochaine et dernière étude. 

Jean Carvalho

Le Télégramme, samedi 16 mars 1918. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/29.

La renaissance industrielle : les petits ateliers, la main-d’œuvre

La question de la main-d’œuvre est, on le conçoit, d’une importance capitale pour la reprise de l’activité industrielle dans les régions envahies. […]
Il s’agit en effet, d’aplanir les multiples obstacles qui se dresseraient devant tout industriel s’il voulait, par ses propres moyens, procéder à la reconstitution de son usine ou de son atelier. 

Pour les sociétés, pour certaines individualités qui ont ou auront à leur disposition des capitaux considérables, ces obstacles ne seront point assurément insurmontables. Cependant ils ont compris quelle force pourrait naître d’une association, ils ont aussitôt envoyé leur adhésion et aujourd’hui l’Association centrale groupe presque toutes les principales firmes des multiples industries.

Mais les autres ? Car la prospérité industrielle d’une région ne réside pas seulement dans quelques grandes entreprises ; elle est faite aussi d’un nombre considérable de petits ateliers, de petits patrons, d’artisans, d’ouvriers qui apportent, chacun pour son compte, une participation plus ou moins forte à la fortune générale.
Parmi ceux-là, beaucoup ont été complètement ruinés ; les autres se trouvent dans une situation si précaire qu’ils ne peuvent songer à reconstituer leur outillage, à rétablir leurs ateliers avec leurs faibles ressources. 

[…] Il faut que tous les petits patrons, ceux qui occupaient un ou quelques ouvriers, qui travaillaient dans de nombreuses branches de l’industrie, tels les menuisiers, charpentiers, plombiers, serruriers, zingueurs, etc., retrouvent après les hostilités leurs ateliers reconstruits, leur outillage reconstitué, prêts à satisfaire, comme avant la guerre, une clientèle variée et nombreuse, qui sera sans aucun doute plus nombreuse, et surtout plus exigeante. Cela doit se préparer dès maintenant. […]

À ceux-là nous répéterons, nous ne cesserons de répéter : Groupez-vous ! Là est le salut certain. L’Association centrale pour la reprise de l’activité Industrielle dans les régions envahies 40 rue du Colisée à Paris, a groupé déjà, ainsi que nous l’avons dit, presque toutes les principales firmes. Croyez-vous que ces firmes qui toutes possèdent des capitaux importants n’ont pas estimé utile, nécessaire même, de s’unir ? En faisant de même, les petits patrons trouveront les mêmes avantages. Nous insistons sur ce point : par l’Association, ils pourront, sans bourse déliée, reconstituer immédiatement leur outillage et reconstruire leurs ateliers. Le sachant, pas un, nous en sommes convaincus, n’hésitera à envoyer son adhésion.

C’est un bien grand problème, avons-nous dit, que celui de la démobilisation. Certes, la reconstruction des régions envahies pourra absorber une partie des milliers et des milliers d’ouvriers libérés, mais que deviendra l’ouvrier spécialisé des industries textiles, de la métallurgie, etc., etc. ?

Comprenant que, là encore, elle avait un rôle important à jouer, l’Association, dès le début de 1917, instituait à son siège un service de reconstitution de la main-d’œuvre et se mettait immédiatement en rapport avec les ouvriers mobilisés des régions envahies. […]

Actuellement, le service de main-d’œuvre est en relations suivies avec de nombreux ouvriers dont les fiches sont établies. Ce chiffre est évidemment bien insuffisant encore, mais les difficultés du début sont vaincues ; les ouvriers comprennent aujourd’hui tout l’intérêt de l’union et leurs adhésions sont nombreuses. Elles le seront plus encore lorsque, grâce à la tribune du "Télégramme", l’Association sera mieux connue. Enfin, les industriels puiseront dans ce service de précieux renseignements qui leur permettront de retrouver leur personnel dès la cessation des hostilités. 

Nous terminons ici cette étude. Nous n’avions d’autre but que d’être utile à tous ceux que l’invasion et la barbarie ont dépouillés. La situation est simple et peut se résumer ainsi : "Seuls, vous ne pourrez rien ou peu, et dans un temps que personne ne peut délimiter ; par l’Association, grandes industries, petits ateliers, ouvriers, vous pourrez très facilement et immédiatement reconstituer, dès la fin des hostilités, vos usines, vos ateliers, votre outillage, retrouver vos situations, revivre enfin votre vie d’avant-guerre. Associez-vous, c’est le seul moyen pratique, rapide, efficace, d’obtenir, sans attendre le paiement des indemnités, sans engager de capitaux, le résultat que vous souhaitez, d’atteindre enfin le but tant désiré !"

Jean Carvalho

Le Télégramme, mercredi 20 mars 1918. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/29.

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