Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 13 novembre 2018 - 01h47
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Le 1er et le 11 novembre 1918 : manifestations patriotiques à Berck

Le 1 novembre 2018

Honorer ses morts à la Toussaint ou le jour de la fête des morts et célébrer la victoire le 11 novembre : les manifestations patriotiques de Berck, évoquées dans Le Télégramme en novembre 1918, sont représentatives d'une pratique consacrée dès l'année suivante par la loi du 25 octobre 1919 sur la commémoration et la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre.

En effet, l'habitude de rendre hommage aux morts pour la patrie, au moment des fêtes de Toussaint, est un rituel commémoratif en usage depuis la fin de la guerre de 1870, qui s'est renforcé lors de la Première Guerre mondiale.

Le Boche abhorré

La Toussaint est fidèlement célébrée dans le Montreuillois, comme l'évoque en 1930 Célestine Leroy, professeur à l'école normale d'Arras, dans la Revue du folklore français. À Berck, agglomération de marins fidèles aux traditions, il n'est donc pas surprenant que, le 1er novembre 1918, l'ensemble des habitants se soient pressés pour honorer leurs défunts, comme les années précédentes.

Organisée en particulier par la municipalité et le Souvenir français - créé à la suite de la guerre de 1870 –, cette manifestation réunit les différentes institutions locales pour un dépôt de couronnes mortuaires sur le tertre élevé au milieu du cimetière militaire.

Les discours sont durs envers l'ennemi, qualifié de Boche abhorré qu'il faut punir pour ses exactions envers la Nation. L'adjoint au maire revendique que l'Allemagne tout entière expie et soit châtiée. Le temps n'ayant pas encore fait son oeuvre, les ressentis sont trop exacerbés pour permettre une parole pacifiée. Il n'est question que de revanche.

Le président du Souvenir français et de la Croix-Rouge rappelle quant à lui le rôle salvateur de la ville, dont les hôpitaux ont soigné les héros illustres ou ordinaires, et rend hommage aux nombreuses victimes qui ont donné leur vie pour la patrie.

L'hommage aux alliés britanniques

La cérémonie suivante, qui se déroule le 17 novembre, quelques jours après la signature de la capitulation de l'Allemagne, vise à célébrer la victoire de la Nation et le retour à la mère patrie de l'Alsace-Lorraine. Les objets symboliques mis à l'honneur sont les tanks, qualifiés de puissants auxiliaires de la victoire, et qui semblent attirer les foules.

Les mêmes institutions sont présentes ; cette fois, en revanche, ce sont les Alliés qui sont au cœur des discours, tous dédiés à la victoire et à la liesse de l'armistice.

Comme le précédent article qui s'achève sur la mention des beaux et grands oiseaux alliés évoluant dans le ciel, et dont la chanson est si jolie puisqu'elle annonce la certitude de la victoire, la manifestation se termine de nouveau en musique grâce aux voix mêlées d'une cantatrice distinguée et de l'assistance, refrain que la brise emporte comme un tonnerre vers le large.

Le 11 novembre, un jour consacré

Porté par les anciens combattants, la date du 11 novembre devient un jour férié en 1920, célébré ensuite chaque année comme date officielle de la victoire et de la paix à partir de la promulgation de la loi du 24 octobre 1922. Celle du 28 février 2012 y ajoutera un hommage rendu à tous les morts pour la France.

Les fêtes de la Toussaint continuent néanmoins à exalter le culte des morts de la guerre. C'est, notamment, la période choisie par le Souvenir français pour sa quête nationale annuelle.

L'ampleur du mouvement commémoratif, après la Première Guerre mondiale, est par ailleurs manifeste avec l'édification de monuments dans toutes les communes de France. Pour la première fois de manière systématique, apparaît la volonté des familles et des organisations d'y inscrire les noms de leurs défunts. Élan soutenu par l'Assemblée nationale, qui va voter les textes facilitant l'érection de ces cénotaphes exprimant les intentions de leurs promoteurs, le civisme, la victoire, le deuil et le sacrifice ou le pacifisme.

Bibliographie

  • LEROY, Célestine, "La Toussaint et le Jour des Morts au pays d'Artois", dans Revue du folklore français, 1930, tome 1, pp. 197-206.
  • LE SOUVENIR FRANÇAIS, 2014. La loi du 25 octobre 1919 et sa postérité, par Elise Julien, maître de conférences titulaire à Sciences Po Lille et chercheuse à l'Institut de Recherches Historiques du Septentrion (CNRS/Université de Lille). Disponible sur : http://le-souvenir-francais.fr/la-lettre/la-loi-du-25-octobre-1919-et-sa-posterite/ [consulté le 26 octobre 2018]
  • PROST, Antoine, "Les monuments aux morts", dans Les lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1997, tome 1, pp. 199-223.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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