Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 19 janvier 2018 - 18h42
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Le 5 janvier 1917 : la restriction des affiches et des imprimés

Le 5 janvier 2018

Avant 1914, l’industrie papetière est peu développée dans le Pas-de-Calais, hormis dans la vallée moyenne de l’Aa, de Wavrans à Saint-Omer, qui comptait huit papeteries en activité en 1875. Bien que ces dernières se soient agrandies au fil du temps (le premier atelier date du XVe siècle) pour devenir de véritables usines au XIXe siècle, la guerre les touche durement et restreint leur production.

La crise du papier est en effet apparue en 1915, en raison de plusieurs facteurs, dont le manque d’approvisionnement en pâte à papier, alors que la France importait en 1913 plus de 70 % des matières premières qu’elle transformait ensuite. S’y ajoutent la pénurie de main-d’œuvre et l’arrêt des fabriques du Nord et de l’Est (en 1917, seules 374 sont toujours actives, contre 622 en 1914).

Pour y faire face, les droits de douane sont considérablement réduits et les entreprises encouragées à repenser leur système de production pour optimiser leur rendement. Néanmoins, ces mesures ne suffisent pas et la crise s’aggrave en 1917, contraignant le ministre du Commerce à intervenir.

Le 13 août 1917, ce dernier crée une commission consultative du papier, chargée de l’étude des restrictions à apporter dans la consommation de papier autre que le papier journal. Cette commission devient en juillet 1918 l’Office national des papiers autres que ceux de la presse [note 1].

Suite aux conclusions de cette commission [note 2], il arrête un certain nombre de restrictions d’usage du papier, comme le publie La France du Nord du 5 janvier 1918.

La restriction des affiches et des imprimés 

Le ministre du Commerce, de l’Industrie des Postes et des Télégraphes, des Transports et de la Marine marchande, et le ministre de l’Intérieur ont pris l’arrêté suivant :

Article premier. – À partir de la publication du présent arrêté, sont interdits l’impression et l’affichage de toutes affiches et tableaux-annonces autre que ceux qui, considérés comme enseignes par l’article 22 de la loi du 6 avril 1910, sont apposés à l’intérieur d’un établissement où le produit annoncé est en vente, ou à l’extérieur sur les murs mêmes de cet établissement, et sous la réserve que le format maximum de chaque affiche n’excède pas 80 sur 130.               

Article 2. – Restent seuls autorisés :

  1. L’impression et l’affichage des affiches officielles.
  2. L’impression et l’affichage des affiches des œuvres de guerre et œuvres de bienfaisance reconnues par l’État, sous la réserve que leur format maximum n’excède pas 60 sur 80.
  3. L’affichage, sans limitation de format, des affiches et tableaux-annonces imprimés antérieurement à la publication du présent arrêté, sous la réserve qu’avant le 15 janvier, ils aient été timbrés à l’extraordinaire. Les affiches qui auraient été, avant cette date de la publication du présent arrêté, timbrées au timbre mobile, devront être apposées avant le 15 janvier 1918.
  4. L’impression des affiches et tableaux-annonces destinées à l’exportation, sous réserve de la justification de sortie.
  5. L’impression et l’affichage des affiches des officiers ministériels.

Prospectus, circulaires, catalogues, etc.

Article 3. – Sous réserve des impressions en cours, qui devront faire l’objet d’une déclaration des imprimeurs au ministère du Commerce (direction des stocks nationaux et des réquisitions civiles), les papiers utilisés pour l’impression des prospectus, avis, circulaires, catalogues, prix courants, almanachs, agendas, blocs éphémérides ne devront pas dépasser :

  1. Pour les impressions de texte sur papier velin ou vergé, la force maximum de 65 grammes au mètre carré ;
  2. Pour les impressions illustrées sur papier velin ou vergé, la force maximum de 75 grammes au mètre carré ;
  3. Pour les impressions sur papier couché la force de 120 grammes – couche comprise – au mètre carré, pour le couché une face, et de 150 grammes – couche comprise – au mètre carré, pour le couché deux faces.

Article 4. – Tout journal quotidien ou publication périodique dans lequel la publicité occupera plus du tiers de la surface totale sera considéré comme un prospectus ordinaire. Les publications légales et les annonces judiciaires ne seront pas considérées comme publicité. 

Article 5. – La distribution gratuite de tous imprimés est interdite sur la voie publique.

Article 6. – Tout imprimé distribué ou vendu à l’intérieur ou à l’extérieur de théâtres, concerts, cinémas, music-halls, et autres lieux de spectacles ne devra comporter qu’un feuillet simple dont les dimensions maxima ne devront pas dépasser 21 centimètres sur 13 centimètres.

Les cartes postales

Article 7. – Les cartes postales, illustrées ou non, ne pourront plus être fabriquées que sur de la carte, contrecollée ou non, dont la force n’excédera pas 240 grammes au mètre carré. 

Article 8. – Il ne sera accordé aucune dérogation à l’interdiction d’importation des cartes postales illustrées et de la carte bristol contrecollée ou non, sous réserve des accords passés antérieurement avec la Grande-Bretagne et l’Italie.

Les livres               

Article 9. – Sous réserve des publications en cours d’exécution qui devront faire l’objet d’une déclaration des éditeurs au ministère du Commerce (direction des stocks nationaux et des réquisitions civiles) dans les quinze jours à dater de la publication du présent arrêté, les papiers destinés à l’impression des livres de toutes sortes ne devront pas dépasser :

  1. Pour les impressions monochromes, 75 grammes au mètre carré ;
  2. Pour les impressions polychromes, 120 grammes au mètre carré pour le papier non couché une face de 150 grammes au mètre carré pour le couché deux faces. 

Les papiers destinés aux bulletins ou publications périodiques, illustrées ou non, qui n’intéressent pas la défense nationale ou la propagande française à l’étranger, devront répondre aux prescriptions de l’article 3. Cette disposition ne s’applique pas aux journaux politiques.

Article 10. – À partir de la publication du présent arrêté est interdit d’une façon absolue, l’emploi des pâtes de bois neuves, sauf les pâtes demi-chimiques brunes et les pâtes de déchets, dans la fabrication des cartons de toutes sortes d’un poids supérieur à 350 grammes au mètre carré.

Des dérogations pourront être accordées sur la proposition de la commission consultative du papier, pour la fabrication du carton bois blanc et du carton cuir destinés à l’alimentation ou à la défense nationale.

La France du Nord, samedi 5 janvier 1918. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 16/97.

 

Notes

[note 1] Parallèlement, l’Office national de la presse est créé en 1917 pour réguler le commerce du papier, réglementer la pagination des journaux et encadrer leur prix.

[note 2] […] considérant les difficultés croissantes d’importation des matières premières concourant à la fabrication des papiers ; l’impérieuse nécessité de réserver le tonnage disponible aux produits absolument indispensables à la défense nationale et à la vie du pays ; l’obligation de plus en plus grande de limiter nos achats à l’étranger ; vu les avis conformes et unanimes de la commission consultative du papier, créée par arrêté en date du 13 août 1917 [...]. Journal officiel de la République française. Lois et décrets, dimanche 30 décembre 1917, p. 10742. 

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