Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 24 mars 2019 - 07h59
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Le 9 décembre 1918 : les Britanniques nous quittent

Le 9 décembre 2018

Très présentes sur les fronts du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et de Belgique, l'heure est venue pour les forces britanniques, au lendemain de l'Armistice, d'entreprendre le rapatriement de leurs troupes. Durant ces quatre années de combats, plus de sept cent mille soldats sur les cinq millions de Tommies mobilisés y ont perdu la vie et demeureront à jamais dans les innombrables cimetières militaires qui jalonnent le territoire français.

Chez les Britanniques, la démobilisation des hommes suit un plan précis, en fonction des besoins économiques, puis de l'âge, avec un terme fixé au mois d'août 1919. L'armée déménage en conséquence son grand quartier général, et fait démonter durant plusieurs mois, avec l'aide de prisonniers de guerre allemands, la plupart des lignes téléphoniques et de ses bâtiments préfabriqués.

En ce mois de décembre 1918, la presse locale évoque les premiers départs de troupes installées dans le Pas-de-Calais, et en profite pour esquisser un bilan : dans l'ensemble, les rapports avec la population laissent l'image d'une cohabitation cordiale, tout comme celle d'une bonne intégration des militaires au sein de la société civile. Malgré quelques frictions liées notamment aux réquisitions ou aux restrictions de circulation, ainsi qu'aux différences culturelles, au premier rang desquelles figure naturellement la langue, l'armée britannique a su conquérir le cœur des habitants à l'occasion de manifestations festives, sportives ou caritatives. Son influence culturelle a d'ailleurs fortement pesé sur la démocratisation de pratiques sportives, comme le tennis ou le football.

Les fortes dépenses des soldats ont pu en outre contribuer à la fortune des commerçants et des agriculteurs locaux. Enfin, quelques liaisons amoureuses avec de jeunes Françaises vont perdurer au-delà de l'Armistice : si certaines quitteront volontiers la France pour les suivre aux quatre coins de l'Empire britannique, certains Tommies feront le choix de rester en France et d'y fonder une famille.

Les Britanniques nous quittent

L'armée anglaise qui a donné tant d'animation et aussi de prospérité aux localités du Pas-de-Calais s'éloigne peu à peu.

Les camps si importants établis dans nos environs se vident chaque jour et les véhicules et les tracteurs de toutes sortes qui sillonnaient nos rues sont considérablement diminués.

Récemment, au camp de Malborough, des équipes de prisonniers allemands étaient occupées à enlever des sacs de sable qui entourent les tentes.

D'autres travailleurs emballaient déjà les machines dynamos et projecteurs, qui servaient à la défense aérienne.

Les saucisses installées sur la route de Calais, près de la colonne de la Grande Armée et du fort de la Crèche, sont affalées par terre, flasques et à moitié dégonflées.

Ces appareils, destinés à arrêter, au moyen de filets ou de courants électriques, les escadrilles de Gothas qui longeaient la côte, n'ont, au surplus, jamais donné de résultats pratiques.

Les aéroplanes alliés, qui avaient continué à survoler la région quelques jours après l'armistice, ne se montrent plus depuis la visite du roi George V.

On signale de Saint-Omer des passages de troupes britanniques qui viennent successivement opérer leur "démobilisation", avant de regagner l'Angleterre.

Les soldats ainsi rendus à la vie civile sont, pour la plupart, des ouvriers appartenant à divers corps d'état. Ils vont assurer la reprise de la vie économique et lui donner une nouvelle intensité chez nos voisins d'Outre-Manche.

Il y a aussi beaucoup de mineurs parmi eux qui reprendront la profession quittée par eux et qui assureront une plus forte extraction de charbon.

La majeure partie des services auxiliaires regagne les États britanniques.

Les combattants se sont avancés vers l'Est.

Ici, la vie intense qui régnait aux Bruyères, et par répercussion sur les routes aboutissant au plateau, a cessé.

Seuls quelques baraquements subsistent. Il reste un avion ou deux.

Ce mouvement de retraite est d'ailleurs observé dans les différentes bases des troupes alliées.

Au Tréport et à Eu, l'armée belge semble la plus pressée de déménager. Le génie enlève les baraquements. Les dernières batteries de l'artillerie de campagne ont quitté le camp de la Vierge.

À l'aérodrome français établi sur la route du bois de Cise, on commence aussi les préparatifs de départ.

À Étaples, où les Australiens se trouvaient au nombre de cent mille, on signale de nombreuses constructions vides.

La France du Nord, lundi 9 décembre 1918. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/30.

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