Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 27 juillet 2017 - 04h33
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L’engagement des troupes indiennes La bataille de Festubert (23 et 24 novembre 1914)

Fortement éprouvée par les combats de l’été 1914, la force expéditionnaire britannique fait appel aux unités militaires déjà constituées de sa colonie des Indes, afin de renforcer ses troupes et le corps de cavalerie français. Avec l’armée britannique, l’Indian Corps est en effet le seul à être organisé en divisions et opérationnel rapidement.

De 1914 à 1915, celui-ci s’illustre vaillamment lors des batailles de :

  • Neuve-Chapelle (28 octobre et 2 novembre 1914 puis du 10 au 13 mars 1915),
  • Festubert (23 et 24 novembre 1914, 16 mai 1915),
  • Givenchy (19 au 22 décembre 1914),
  • Aubers (9 mai 1915) et
  • Moulin de Piètre (25 septembre 1915).

L’arrivée des troupes indiennes sur le sol français

Les divisions Lahore et Meerut, appartenant à l’armée des Indes sous commandement britannique, débarquent à Marseille en septembre 1914. De là, elles rejoignent par voie ferrée les unités françaises et britanniques sur le front du nord, qui tend à se fixer progressivement.

Dans la nuit du 19 au 20 octobre, des milliers d’Indiens de la division Lahore arrivent dans les gares d’Arques et de Blendecques, puis installent leur cantonnement autour de Saint-Omer.

La Meerut Division arrive ensuite sur le secteur de Lillers, avant d’être dirigée sur les lignes de Neuve-Chapelle-Festubert-Givenchy, où le 2e Corps d’armée britannique, composé de quelques centaines d’hommes seulement, peine à contenir les attaques allemandes après un mois de durs combats. Le 27 octobre, l’Indian Corps entre en scène pour la première fois aux côtés des soldats français dans le secteur de Neuve-Chapelle. C’est dans cette zone humide, traversée par des tranchées boueuses, qu’il va tenir ses positions pendant un an.

L’attaque des 23 et 24 novembre 1914

Face à lui, se trouvent les soldats du 112e régiment d’infanterie badois. Depuis leur arrivée, ces derniers creusent des tranchées menaçant les positions indiennes. Le climat rigoureux, la neige plus tard, rendent les conditions de vie extrêmement éprouvantes pour des hommes qui ne sont pas habitués à ce genre de climat.

Le 23 novembre 1914, à l’aube, les Allemands attaquent les lignes tenues par les troupes indiennes devant Festubert. Les premières grenades s’abattent sur la tranchée du secteur centre. Les officiers ne parviennent pas à imposer le calme.
Pris de panique, de nombreux Indiens s’enfuient, d’autres sont tués en sortant de leurs parapets. Les Allemands en profitent pour avancer sans difficulté dans les tranchées ennemies. Au cours de la journée et de la nuit du 24, les Britanniques parviennent tout de même à contre-attaquer grâce aux unités de Gurkhas.

En à peine deux jours, 1 171 Indiens sont mis hors de combat

La situation est critique et les pertes nombreuses pour une seule ligne de tranchée reconquise : en 24 heures, 1 171 soldats britanniques et indiens sont tués, blessés ou portés disparus. Le 12 décembre, l’Indian Corps relève les Français près de La Bassée.

En un peu plus d’un an, le Corps indien comptabilise plus de 34 000 pertes, tués (7 000), blessés ou prisonniers de guerre. Privé de renforts, il quitte le Nord et le Pas-de-Calais pour la Mésopotamie en septembre 1915. Seules deux divisions de cavalerie restent impliquées dans les combats en tant que forces de réserve et ce, jusqu’en mars 1918.

Des soldats aux origines ethniques variées dans l’enfer des tranchées

L'organisation militaire de l’Indian Corps compte des combattants issus d’origines ethniques, linguistiques et religieuses diverses. On distingue notamment les Rajputs, les Pathans, les Jats et les Gurkhas. Trois religions prédominent : l'hindouisme, le sikhisme et la religion musulmane.
La communauté Sikh est la plus représentée dans l'armée indienne de 1914. Sa culture est bien différente de celle des Occidentaux : les Sikhs, avec les Gurkhas, ne cessent d’attiser sur leur passage la curiosité des habitants du Nord et du Pas-de-Calais.

Tous souffrent des conditions de vie dans des tranchées précaires, constamment inondées. Le climat froid et humide entraîne de multiples risques de pneumopathie. S’y ajoutent des problèmes digestifs en raison du changement de nourriture et de la consommation d'eau non potable.

L'Europe s'engage

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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