Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 12 novembre 2018 - 23h52
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La bataille d’Hébuterne

En parallèle à la deuxième bataille d’Artois (9 mai-19 juin 1915), se déroule la bataille d’Hébuterne (7 au 10 juin 1915). Cette commune est située à l’ouest de Bapaume, près du département de la Somme, dans une région où les champs s’étendent à perte de vue.

Le général Foch prépare début juin une relance de l’offensive en Artois. Pour ce faire, il déclenche le 7 juin une attaque de diversion confiée à des unités de la IIe armée française, sur la ferme de Toutvent entre Hébuterne et Serre, où les Allemands ont fortifié un petit saillant. Les deux villages se font face à quelques kilomètres l’un de l’autre, chacun au sommet d’une légère hauteur.
La ferme, située sur un étroit plateau, a été puissamment renforcée par les Allemands au cours de l’hiver 1914-1915. En avant, dans les champs bordés d’une rangée de grands arbres, ils ont créé un immense réseau de tranchées défendues par d’épais réseaux de fils de fer, garnies d’abris creusés à grande profondeur et possédant plusieurs issues, le tout formant un système défensif doté de postes d’écoute et de boyaux de communication sinueux. Certaines parties des tranchées sont minées.

La bataille à travers les journaux de marches et opérations

Plusieurs régiments français d’infanterie prennent part à cette bataille, notamment les 64e, 65e, 75e, 93e, 137e, 140e et 243e.

Voici quelques extraits du journal des marches et opérations du 93e régiment d’infanterie (Service historique de la Défense, 26 N 669/9 du 7 août 1914 au 7 juin 1915), disponible sur le site du Ministère de la Défense Mémoire des hommes :

Le régiment a quitté ses cantonnements dans la nuit du 6 au 7 pour se porter sur Toutvent, qu’il doit attaquer le 7 à cinq heures du matin. L’emplacement du régiment devant son objectif est terminé à deux heures du matin.

À cinq heures, heure fixée par l’ordre général d’opération, l’attaque se déclenche.

Malgré un tir de barrage exécuté par l’artillerie allemande en avant de nos tranchées, le régiment marche sur Toutvent en colonnes doubles sans intervalle. Le bataillon Ravel, formant les deux premières vagues, doit franchir les deux lignes de tranchées allemandes, dépasser la ferme de Toutvent et s’installer à l’est de cette dernière position.

Le bataillon Senneville, chargé du nettoyage et de l’occupation des tranchées allemandes, s’installe dans ces tranchées en deux vagues successives. Le bataillon Chicot est gardé en réserve dans les tranchées de tir de la parallèle de départ.

Les signaleurs annoncent l’occupation par nous de la deuxième tranchée allemande. Une trentaine de prisonniers allemands sont ramenés.

Le téléphone est installé dans la première tranchée allemande. Tout va bien.

La deuxième tranchée allemande est définitivement occupée. Une centaine de prisonniers allemands ont été dirigés vers l’arrière. On demande une équipe de mitrailleurs pour aller chercher un mitrailleur allemand.

Bilan

La conquête définitive de la ferme de Toutvent par les Français s’achève le 10 juin, ce qui n’empêche pas les combats de se poursuivre dans les environs.

Les pertes humaines enregistrées du 7 au 13 juin s’établissent à 1 760 tués et 8 590 blessés du côté français, à 927 tués, blessés et prisonniers du côté allemand. Les Français ont progressé de 900 mètres sur une largeur de 2 kilomètres.

À la suite des combats, le général de Castelnau cite en ces termes la 21e division (dont fait partie le 93e régiment d’infanterie) à l’ordre de la IIe armée :

Le 7 juin 1915, devant la ferme de Toutvent, s’est portée à l’attaque avec un entrain superbe. Grâce à l’héroïsme des officiers et de la troupe, a dépassé avec un brio admirable et d’un seul élan deux lignes de tranchées, malgré un barrage terrible d’artillerie.

Lors de l’attaque de la ferme de Toutvent, le 93e régiment d’infanterie a obtenu la croix de guerre avec palme.

Poursuivant un mouvement demandé par les Français, les troupes britanniques étendent leur couverture sur le front et, en août 1915, la IIIe armée britannique s’installe de la Somme à Hébuterne. Le village reste aux mains des Britanniques de l’été 1915 jusqu’à l’Armistice.

Une plaque commémorative de la bataille d’Hébuterne est inaugurée le 17 juin 1934 dans l’église du village. Elle est ainsi rédigée :

À Hébuterne, les 10 et 13 juin 1915, en de très sanglants assauts, 650 officiers et soldats des 243e, 327e, et 233e R.I. se sacrifièrent héroïquement pour la France.
Souvenez-vous d’eux devant Dieu.

Bibliographie

Yves Le Maner, La Grande Guerre dans le Nord-Pas-de-Calais 1914-1918, Lille, 2014.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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