Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 15 décembre 2017 - 18h39
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La bataille de Bourlon (du 20 novembre au 7 décembre 1917)

L’offensive britannique du 20 novembre 1917 a permis de percer, pour la première fois, la ligne Hindenburg dans le secteur de Cambrai, en plusieurs points et en profondeur. La contre-offensive allemande ne tarde pas toutefois à s’organiser, bloquant toute nouvelle progression britannique, jusqu’à reconquérir une partie du terrain perdu. 

Nécessité de poursuivre l'attaque

La bataille se concentre alors autour de la crête de Bourlon, position idéale pour avoir une vue d’ensemble sur les arrières de l’ennemi. Dès le 21, confrontée aux premières ripostes, l’avance britannique ralentit ; l’infériorité numérique initiale des troupes allemandes est bientôt compensée par l’arrivée de renforts. Le maréchal Haig se résout néanmoins à poursuivre l’opération, car l’importance tactique du bois de Bourlon est telle qu’il lui sera difficile de maintenir les positions conquises au nord du front, si le bois n’est pas atteint.

L’heure de l’attaque est fixée à 10 h 30, le 23 novembre. L’artillerie ne commence sa préparation que vingt minutes avant l’assaut, afin de reproduire l’effet de surprise du 20. Plusieurs divisions y prennent part, notamment la 56th Division, la 36th (Ulster), la 51st (Highland), dont l’objectif est Fontaine-Notre-Dame, et la 40th, chargée de Bourlon. Une fois les cibles initiales atteintes, la 1st Cavalry doit percer jusqu’à Raillencourt, puis prendre à revers les troupes allemandes à Bourlon.

70 batteries d’artillerie sont engagées dans la bataille, avec au moins 38 canons lourds. Sur les 380 tanks utilisés le 20 novembre, 92 sont encore disponibles. Soumis à d’intenses tirs d’artillerie, quelques-uns d’entre eux et une brigade galloise parviennent à s’implanter dans le bois de Bourlon, mais se trouvent isolés.

Essoufflement de l'assaut britannique

Les jours suivants, la crête est furieusement disputée. Le 27, à 6 h 20, un barrage roulant débute à Fontaine-Notre-Dame, derrière lequel avancent le 1st Coldstream Guards et le 3rd Grenadier Guards. Une fois encore, l’infanterie a du mal à suivre les chars, qui affrontent seuls le 46ième régiment d’infanterie allemande, et elle est incapable d’entrer dans le village.

Dans le bois de Bourlon, les Scots Guards sont décimés par les tirs de mitrailleuses, tandis que les Irish Guards atteignent le sommet du massif, mais en sont rejetés aussitôt par une violente contre-attaque allemande.

Les cinq jours de combats intenses à Bourlon et Fontaine-Notre-Dame n’ont apporté aucune modification importante du front, même si la partie sud du bois de Bourlon reste entre les mains des Britanniques.

Contre-attaque allemande massive

Les 28 et 29 novembre se passent dans un calme relatif, mais le 30 au matin, ce sont les armées allemandes qui relancent les opérations. En effet, après avoir envisagé un retrait, Ludendorff et le Kronprinz Rupprecht de Bavière ont décidé d’une contre-attaque massive, en faisant appel à des renforts considérables (une vingtaine de divisions), pour briser, si possible, le front britannique.

Ils engagent ainsi une offensive en tenaille, de part et d’autre du saillant formé par les Britanniques au début de la bataille. Il s’agit d’encercler les divisions adverses accrochées devant Fontaine-Notre-Dame, Cantaing, Marcoing et Masnières, puis de refermer la pince aux environs de Metz-en-Couture.

De nouvelles méthodes de combats sont alors utilisées : bombardements brefs mais concentrés, infiltration des lignes adverses par des unités d’assaut, soutien direct apporté aux unités de première ligne par des avions à basse altitude et utilisation des bombes fumigènes.

Appuyé par un barrage d’obus à gaz, les Allemands progressent de plus de cinq kilomètres en deux heures. En revanche, leurs trois divisions qui ont essayé d’attaquer au nord, pour couper la route Bapaume-Cambrai près de la chapelle d’Anneux, sont repoussées par les mitrailleuses.

Bilan 

Le 3 décembre, le maréchal Haig ordonne la retraite du saillant de Bourlon et, le 7, tout le terrain conquis par les Britanniques est abandonné, à l’exception d’une partie de la ligne Hindenburg autour d’Havrincourt, de Ribécourt et de Flesquières

Au dernier jour de la bataille, le 7 décembre, la ligne de front est ainsi quasiment la même qu’au premier jour. Le terrain gagné par les Britanniques sur l’aile gauche n’est guère plus vaste que celui qu’ils ont dû céder au sud.

Les pertes humaines sont élevées : 44 000 tués, blessés et disparus (dont 6 000 prisonniers) pour les Britanniques, 45 000 pour les Allemands (dont 10 000 prisonniers).

Érigé à côté du Louverval Military Cemetery, qui regroupe les deux cimetières militaires de Doignies ouverts en 1917, le Cambrai Memorial rend hommage à 7 048 soldats du Commonwealth dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

Bibliographie

  • Y. BUFFETAUT, Cambrai – La contre-offensive allemande (novembre 1917), Louviers, YSEC éditions, 2015. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHC 3616/5 ;
  • Maréchal FAYOLLE et Général DUBAIL, La guerre racontée par nos généraux, t. II, Paris, 1920. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHD 211/2 ;
  • Y. LE MANER, La Grande Guerre dans le Nord-Pas-de-Calais 1914-1918, Lille, 2014. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHD 190 ;
  • R. WOOLLCOMBE, The first tank battle, Cambrai 1917, Londres, Arthur Barker Ltd, 1967. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHB 2702.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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