Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 28 février 2017 - 06h24
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La bataille de la Somme

La bataille de la Somme (1er juillet-18 novembre 1916) est la principale offensive menée par les Britanniques sur le front ouest en 1916.
Elle constitue le premier engagement massif des volontaires de la "Nouvelle Armée" créée par le secrétaire d’État à la Guerre Lord Kitchener. La date du 1er juillet et le front de la Somme (entre Hébuterne et Lassigny, sur environ 70 kilomètres) ont été choisis pendant la conférence de Chantilly de décembre 1915.
L’objectif initial était de rompre le front allemand en s’emparant de Bapaume, Péronne et Ham et ainsi de réaliser une percée significative ; mais l’offensive allemande sur Verdun a modifié le plan d’attaque. Dorénavant, il s’agit, avant tout, de dégager Verdun, en usant l’adversaire et en détruisant son matériel ; dès lors, le front d’attaque est réduit au sud d’une vingtaine de kilomètres, ce qui supprime l’assaut en direction d’Ham.

Fortifications des défenses allemandes

La IIe armée allemande a fortifié ses défenses sur la Somme dès octobre 1914. Les première et deuxième positions s’étendent sur plusieurs lignes de tranchées couvertes, reliées par de nombreux boyaux et protégées par des réseaux de barbelés en deux bandes larges de 40 mètres. C’est une véritable organisation en profondeur qui se met en place.

Les Allemands ont réussi à creuser des bunkers à 9 mètres en sous-sol, assez vastes pour loger 25 soldats disposant chacun d’un lit et d’une armoire, avec l’éclairage à l’électricité, un système de ventilation et parfois l’eau courante.

Bois et villages, caves et carrières, sont transformés en de véritables forteresses. Les saillants comportent des fortins isolés et des redoutes, et des abris de mitrailleuses bétonnés commandent la ligne de feu. Les divers systèmes de défense peuvent se porter assistance mutuelle et favoriser le développement de feux d’enfilade et de flanc.
Durant l’année 1915, les Allemands renforcent leurs réseaux de tranchées de seconde ligne sur les hauteurs des villages, notamment de Bucquoy et de Puisieux pour le Pas-de-Calais. Au printemps 1916, ils sont en train de terminer la construction d’une troisième ligne. C’est ainsi l’un des secteurs les plus puissamment défendus du front occidental.

Préparatifs : le pilonnage

La semaine précédant le 1er juillet sert de préparation à la bataille. Il s’agit de dissimuler l’emplacement exact de l’attaque majeure, de semer la confusion chez l’ennemi et d’empêcher l’envoi de renforts. Les Alliés déploient des moyens d’artillerie comme ils n’en ont jamais disposé auparavant.

La préparation débute le 24 juin par des tirs de réglage et de démolition, suivis à partir du 26 par un bombardement général et des fausses attaques. Plus de 1 700 000 obus s’abattent sur les lignes allemandes. Pendant ce temps, les ingénieurs britanniques creusent sous les tranchées adverses pour y déposer des mines, qui exploseront le jour de l’attaque à 7 h 20, en provoquant des nuages de fumée verticaux impressionnants. Des patrouilles allemandes vont périr lors de ces explosions, d’autres seront ensevelies dans leurs bunkers.

L’aviation domine de même le ciel. Les cibles sont les tranchées allemandes, mais aussi leurs voies d’accès pour les couper de l’arrière-front, soit une zone de 23 kilomètres de large sur 1,8 de profondeur. Les Allemands croient tout d’abord à un bombardement classique précédant une offensive. Mais lorsque le pilonnage continue en s’intensifiant les jours suivants, certains cèdent à l’angoisse ou à la panique. Les dégâts sont nombreux en surface, mais le système de défense, notamment les bunkers, n’est pas détruit. Les 1 000 canons de l’artillerie britannique ont été éparpillés sur un front trop vaste ; de plus, environ un tiers des 1,5 million d’obus n’explosent pas.

Début de l’offensive  

Le 1er juillet 1916, premier jour de beau temps depuis une semaine, à 7 h 30, vingt-six divisions britanniques (soit presque 400 000 hommes), dont dix de la Nouvelle Armée, sont déployées sur 25 kilomètres. Elles sont épaulées, deux heures plus tard, au sud de la Somme, par quatorze divisions françaises (200 000 hommes) commandées par le général Fayolle sur une distance de 16 kilomètres.

Elles reçoivent l’ordre d’attaquer de Gommecourt au nord à Fouquescourt au sud, pour prendre les première et seconde positions ennemies et réaliser une percée majeure. La zone n’est alors défendue que par sept divisions allemandes (50 000 hommes). Les Britanniques ne pensent pas un instant que les défenses allemandes aient pu résister au bombardement. C’est pourquoi, l’assaut est donné dans une relative insouciance.

Les troupes du général Haig, peu expérimentées (pour beaucoup, c’est le baptême du feu), se heurtent aux mitrailleuses et aux barbelés encore intacts et sont massacrées sur place. En une matinée, elles perdent près de 60 000 hommes, dont 19 240 tués. Côté allemand, 6 000 hommes environ sont mis hors de combat.

Plusieurs communes du Pas-de-Calais, qui longent le département de la Somme, subissent également le théâtre des attaques britanniques de juillet 1916. C’est autour du village de Gommecourt que va se dérouler l’un des combats les plus sanglants de cette bataille.

Le Pas-de-Calais, limitrophe de la Somme

Gommecourt 

Gommecourt est aux mains desAllemands depuis le 5 octobre 1914. Le village se trouve au sommet de quatre crêtes basses à sommet plat, sous la forme d’un X aplati, les extrémités dirigées vers Essarts, le bois du Rossignol, le côté ouest de Hébuterne et la frange orientale de Foncquevillers. Deux objectifs sont visés pour le 1er juillet 1916 : enlever quelques réserves allemandes de la partie principale de l’offensive, plus au sud ; éliminer le saillant de Gommecourt. Sous le côté nord-ouest du saillant, la première ligne allemande est située en-dessous de la crête à l’ouest d’Essarts. Les opérations sont confiées à la IIIe armée du général Gough. Le commandement décide d’encercler le village, au nord par la 46th North Midland Division – qui attaque aussi le bois – et au sud par la 56th London Division. Sans soutien plus au nord comme au sud, puisque aucune offensive n’est prévue entre Serre et Gommecourt, le succès est temporaire mais ne peut être maintenu. Il est brisé par la puissance des défenses allemandes, en particulier par les épaisses lignes de barbelés. C’est un massacre pour les Britanniques. Gommecourt restera à la limite de la ligne allemande jusqu’à son évacuation, le 27 février 1917. Par la suite, il ne sera jamais repris par les Allemands, y compris lors de l’offensive de mars 1918. Après la guerre, Gommecourt sera adopté par la ville de Wolverhampton.

Hébuterne 

Hébuterne se trouve au sud-ouest du bois de Gommecourt. Il est alors occupé par la 56th London Division de la IIIe armée.

Foncquevillers 

Foncquevillers se situe au nord de Gommecourt. La 46th North Midland Division l’a occupé en 1915 et 1916. Durant cette période, le village reçoit le surnom de "fonky villers". Après la guerre, il sera adopté par la ville de Derby.

Martinpuich 

Au sud du Sars et à l’ouest de Flers, Martinpuich a été occupé par les forces allemandes en 1914. Il a subi plusieurs opérations aériennes de la Royal Flying Corps, qui a attaqué les lieux de déchargement des approvisionnements allemands dans les environs. Pendant la bataille de Pozières (23 juillet-7 août 1916), qui se trouve à environ 4 kilomètres, il est devenu un point de transit pour les renforts allemands et pour l’évacuation des blessés, et est systématiquement bombardé par les canons du IIIe corps britannique.

Serre 

Limitrophe de Gommecourt et d’Hébuterne, Serre se compose d’un relief vallonné et fortement boisé. L’armée allemande a occupé les points les plus hauts, ce qui lui procure une supériorité tactique. La 31st Division du VIIIe corps Hunter-Weston a pour objectif Serre et la Munich Trench entre Serre et Grandcourt, que l’infanterie doit atteindre en suivant à 100 mètres, l’artillerie progressant de 50 mètres à la minute. L’infanterie se règle sur l’artillerie, alors que l’efficacité réclamerait le contraire. À 7 h 20 le 1er juillet, en face de Serre, les hommes du 12th Sheffield City Battalion du York and Lancaster Regiment et ceux du 11th Battalion (Accrington Pals) du East Lancashire Regiment, qui font partie de la première vague, essayent de traverser le no man’s land. Mais les dix minutes de bombardement intensif et les vingt tonnes de dynamite sous la Hawthorn Redoubt près de Beaumont-Hamel (Somme) ont averti l’ennemi d’une attaque prochaine. Celui-ci met en batterie une mitrailleuse dans le no man’s land ; les assaillants britanniques sont alors fauchés.

Au sud, la 4th Division Lambton s’empare du Quadrilateral, un réduit fortifié appelé Heidenkopf, qui domine le saillant entre Serre et Beaumont-Hamel, mais que les Allemands détruisent à la mine, échoue à Redan Ridge, atteint Munich Trench, mais doit se replier en raison des échecs sur les ailes.

En novembre 1916, à la fin des batailles de la Somme, la ligne près de Serre est restée plus ou moins inchangée. Le village est évacué par les Allemands pendant leur retraite de février 1917, mais il est repris par eux le 25 mars 1918. Il se retrouve de nouveau dans les mains des Alliés le 14 août. Après la guerre, Serre est adopté par Sheffield. Un mémorial, conçu par Augustin Rey, est édifié en 1923, au sud-ouest du village. Il a été inauguré en présence d’environ 150 hommes qui ont combattu à Serre en 1916.

Evénements relatifs

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Pour aller plus loin

"La bataille de Somme et d'Artois" dans Le Lion d'Arras du 15 juillet 1916

Bibliographie 

  • M. BOUTET et P. NIVET, La bataille de la Somme – L’hécatombe oubliée, 1er juillet-18 novembre 1916, Paris, éditions Tallandier, 2016.
  • A. DENIZOT, La bataille de la Somme – juillet-novembre 1916, Paris, éditions Perrin, 2006.
  • P. MIQUEL, Les Oubliés de la Somme, 1er juillet-19 novembre 1916, Paris, éditions Tallandier, 2013.

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