Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 novembre 2017 - 20h18
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La colombophilie pendant la guerre

Si le chien est le meilleur ami de l’homme, le pigeon voyageur a été, lui, le meilleur ami du soldat lors de la Première Guerre mondiale. En effet, c’est à partir de 1870, à l’occasion du conflit franco-prussien, que l’armée française se rend compte de tous les avantages offerts par ce volatile en matière de transmission des informations, notamment entre le front et les bases arrières. 

Le pigeon, fidèle ami du poilu

La colombophilie est un sport pratiqué depuis l’antiquité : les guerres lui ont offert, s’il en était besoin, ses lettres de noblesse. Les avantages qui ont attiré l’attention des militaires sont de plusieurs ordres :

  • le pigeon est une cible moins bien aisée à viser que des ballons ;
  • l’animal est facile à transporter et à nourrir ;
  • il est enfin silencieux et discret.

Son défaut principal est paradoxalement la raison de ses voyages : retourner au pigeonnier.

Ses pérégrinations sont donc assez rigides, chaque transmission doit être réfléchie dans cet optique, le pigeon va uniquement chercher à regagner ses pénates. Depuis près d’un siècle, différentes études ont été menées afin de comprendre ce phénoménal sens de l’orientation : n’oublions pas que ces héros ont sauvé des vies en se dirigeant dans les fumées et les brouillards que provoquaient les combats. La position du soleil et des étoiles, la sensibilité au champ magnétique terrestre ou encore la détection des infrasons sont autant de pistes envisagées.

La devise du pigeon : franchir ou mourir

L’apogée de la colombophilie militaire est donc atteinte lors de la Première Guerre mondiale, transformant même des bus à impériale en pigeonniers roulants. Chaque nation belligérante se met à pratiquer l’élevage de pigeons voyageurs ; dans un premier temps, pour la communication et, dans un second temps, dans une optique d’espionnage. Les pigeons sont en effet parfois équipés d’appareils photographiques à obturateur programmé, afin de survoler les positions ennemies.

Dès le début du conflit, le ministère de la Guerre cherche à protéger ces "grivetons" à plume, par la diffusion d’affiches rappelant l’interdiction de tuer les pigeons et indiquant la conduite à tenir en cas de découverte d’un animal. Il ne faut pas oublier l’intérêt que peuvent avoir des informations recueillies sur un pigeon de l’ennemi. C’est d’ailleurs en prévision de cette éventualité que les messages transportés ont assez rapidement été codés.

Ces héros de Lorette

Le capitaine Henri René, dans son livre Lorette, une bataille de 12 mois, octobre 1914 – septembre 1915 (coté BHA 218 aux archives du Pas-de-Calais), raconte le sauvetage d’une unité de chasseurs à pied.
Ceux-ci se sont retrouvés seuls, coupés des autres unités, dans un chaos de champs de bataille, toute tentative de faire connaître leur position s’étant soldée par un échec. Quelques chasseurs avaient eu l’idée de partir en emportant des pigeons : ils les libèrent avec le message suivant : Sommes sous le Souchez. Subissons lourdes pertes, mais le moral est très élevé. Vive la France !.
Le message parvient à l’artillerie, évite ainsi aux chasseurs à pied une contre-attaque allemande et participe à la libération de Souchez !

Ces exploits aviaires n’ont pas été rares et les décorations militaires non plus, puisque les pigeons-soldats ont parfois reçu les plus hautes distinctions de l’armée et ont même été cités à l’ordre de la Nation. Plusieurs monuments ont été érigés pour leur rendre hommage, à Lille, Charleroi ou Bruxelles, dans ces régions du Nord, pays des "coulonneux". Après tous ces brillants faits d’armes, l’expression populaire "être pris pour un pigeon" est en fin de compte un respectueux compliment.

Bibliographie

H. RENÉ, Lorette, une bataille de 12 mois, octobre 1914 – septembre 1915, Paris, Perrin et Cie, 1916. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHA 218.

Webographie

Pigeons voyageurs de l'armée française sur Wikipédia

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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