Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 28 avril 2017 - 06h29
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Les Archives du Pas-de-Calais (Aller à l'accueil)

Pour pouvoir visualiser l'animation, vous devez télécharger le plugin Adobe Flash Player.

Flux RSS

Vous êtes dans : Archives > Activités culturelles > Chroniques de la Grande Guerre > La compagnie des mines de Béthune pendant la Première Guerre mondiale

La compagnie des mines de Béthune pendant la Première Guerre mondiale

D’octobre 1914 à l’été 1918, la compagnie des mines de Béthune est sous le feu permanent des bombardements allemands, qui détruisent la plupart de ses installations telles que la rotonde [note 1] de Loos-en-Gohelle, le 20 mai 1915. La production de charbon se poursuit cependant tout au long de la guerre pour répondre aux besoins du pays.

La situation de la compagnie

Constituée en 1851 à Bully-les-Mines, la compagnie des mines de Béthune est dès le début de la Première Guerre mondiale sur une position particulière.

En effet, à l’automne 1914, le front se stabilise pour laisser place à la guerre de position. Face à l’avancée des Allemands, le territoire de la compagnie (dans un périmètre allant d’Auchy-les-Mines à Liévin) se retrouve coupé en deux. Sur ses onze sièges d’extraction du charbon, deux sont envahis par les Allemands en octobre : le siège n°4 est libéré dès le mois de décembre, tandis que le n° 8 ne l’est qu’à l’issue du conflit lors du retrait des troupes. Le 4 octobre 1914, face à l’avancée des Allemands, l’ordre a en outre été donné d’évacuer les hommes non encore mobilisés ; la production cesse alors jusqu’au 22 [note 2]

La poursuite de la production

Traversé par les tranchées, le territoire de la compagnie est en perpétuelle évolution selon les avancées et reculs du front. Au total, seuls cinq sièges d’extraction ont pu être maintenus en activité [note 3] ; les autres se trouvent, soit en zone envahie, soit trop proches des lignes de combat pour continuer l’extraction.

Le maintien en production de ces cinq sièges permet de fournir du charbon brut au pays dans le cadre de la guerre industrielle. Ces puits se situent sur les communes d’Aix-Noulette, Bouvigny-Boyeffles, Bully-les-Mines, Grenay, Mazingarbe, Sains-en-Gohelle et Vermelles.

Alors que les activités de la compagnie se sont diversifiées avant la guerre, sous l’impulsion de son directeur Louis Mercier, notamment dans la fabrication du coke ou dans une petite distillerie de goudron, seule la production de charbon brut, non transformé, s’est poursuivie après le début du conflit.

Des bombardements incessants

Le maintien de l’activité est toutefois rendu très difficile par les bombardements.

En effet, la présence du front à quelques kilomètres, près de La Bassée, Loos-en-Gohelle, Lens ou Notre-Dame de Lorette, place la compagnie des mines de Béthune en première ligne. Toutes les installations subissent des destructions, que ce soit les chevalets, les bâtiments, la rotonde, la centrale électrique ou les lignes de chemin de fer – et leur reconstruction implique de nouvelles périodes d’arrêt.

Ces pilonnages s’inscrivent dans une stratégie globale de l’ennemi : le contrôle d’une partie du bassin minier permet d’affaiblir considérablement la France, et le maintien de la production des dernières compagnies minières non occupées devient un enjeu de premier plan.

Malgré les efforts pour maintenir l’exploitation, la production diminue de 75 % entre 1913 et 1916. La compagnie est évacuée par ordre militaire le 12 avril 1918, et l’extraction ne reprend qu’après le recul définitif des troupes.

Au sortir de la guerre, la grande majorité des installations est détruite, la reconstruction et la modernisation de la mine vont demander plusieurs années de travaux jusqu’en 1924.

 

Notes

[note 1] Installation circulaire servant au remisage des locomotives.

[note 2] Selon le rapport au comité central de pré-conciliation dressé par M. Stouvenot, ingénieur en chef des mines qualifié par arrêté ministériel du 19 mars 1925 (Archives départementales du Pas-de-Calais, 10 R 10/424).

[note 3] Un siège est composé de deux puits : un pour les activités minières, un autre pour l’aérage de la mine et des galeries.

Evénements relatifs

Photographie noir et blanc montrant les gravas d'un bâtiment bombardé. Un homme se tient au milieu des décombres.

Le 7 mars 1915 : les fosses des Houillères prises pour cible

Durant toute la guerre, la partie occidentale du bassin minier reste aux mains des Alliés. Fin 1...

Le 7 mars 2015 Lire la suite
Aquarelle couleur montrant un chevalet de mines.

Le 22 septembre 1915 : doléances du maire d'Arques sur le prix du charbon

L’approvisionnement de la France en combustible se trouve dans une situation difficile dès la fi...

Le 22 septembre 2015 Lire la suite
Plan manuscrit représentant les mines d'Hardinghen.

Le 16 juin 1916 : réouverture des mines de charbon d’Hardinghen

La Première Guerre mondiale provoque une grave pénurie de charbon, alors même que les grands bas...

Le 16 juin 2016 Lire la suite
Photographie noir et blanc montrant un chevalet de mine.

Le 18 novembre 1916 : la question du charbon

Le bassin houiller du Pas-de-Calais, exploité à partir de 1851, est devenu en 1878 le premier pr...

Le 18 novembre 2016 Lire la suite

Articles relatifs

L'Europe s'engage

archivespasdecalais.fr est cofinancé par l'Union Européenne. L'Europe s'engage en Pas-de-Calais avec le Fonds Européen de Développement Régional. (FEDER)

Vue en coupe d'un pont sous-marin.

copyright 2011 Pas-de-Calais le Département / Archives départementales | Mentions légales | Crédits