Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 23 juin 2017 - 22h25
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Les Archives du Pas-de-Calais (Aller à l'accueil)

Pour pouvoir visualiser l'animation, vous devez télécharger le plugin Adobe Flash Player.

Flux RSS

Vous êtes dans : Archives > Activités culturelles > Chroniques de la Grande Guerre > La première bataille de Bullecourt

La première bataille de Bullecourt 11 avril 1917

La première bataille de Bullecourt est l’une des composantes de la bataille d’Arras, menée par les armées britanniques du 9 avril au 16 mai 1917, en soutien de l’offensive française du Chemin des Dames.

Bullecourt, village stratégique

Le village de Bullecourt, au sud-est d’Arras, est aux mains de l’armée allemande depuis 1914. À la fin de 1916 et au début de 1917, il est intégré dans le système défensif de la Siegfried Stellung (la ligne Hindenburg). Le 2 avril, la 5ième armée britannique capture la chaîne des avant-postes de la ligne Hindenburg entre Croisilles et Doignies.

En parallèle aux offensives de la 1re armée (Vimy) et de la 3ième (Arras), la 5ième du général Gough (comprenant quatre divisions de la Force Impériale Australienne, AIF) se prépare à une attaque annexe à Bullecourt.
En cas de réussite, cette opération pourrait provoquer l’effondrement du front allemand placé à l’ouest de la ligne Drocourt-Quéant (Wotan Stellung), accélérant la victoire du général Allenby sur la Scarpe.

Plan tactique

Informé des succès britanniques à Arras du 9 avril, le général Gough décide d’avancer son attaque, en s’appuyant sur les chars pour soutenir les troupes et pour neutraliser les nombreux nids de mitrailleuses. Il espère que ses hommes pourront s’engouffrer par la brèche ainsi créée dans la défense allemande.

Il est ainsi décidé que la 62ième division britannique attaquera à l’ouest de Bullecourt en direction de Hendecourt, tandis que la 4ième division australienne avancera à l’est, vers Riencourt-lès-Cagnicourt. Initialement prévue pour la matinée du 10 avril, l’opération est reportée de 24 heures, les chars ayant été retardés par le mauvais temps.

Mais l’ordre n’atteint pas toutes les unités et deux bataillons du régiment du West Yorkshire attaquent à 4 heures 35, dès le 10. Privé du soutien des chars et d’un appui d’artillerie efficace, l’assaut est brisé par les mitrailleuses et les canons allemands. 162 hommes sont tués en quelques minutes, et leurs camarades doivent se replier.

Le général Gough décide de lancer l’offensive le 11, à 4 h 30, soit près de deux heures avant le lever du jour, pour faciliter par l’obscurité l’avance initiale.

Douze tanks devant s’aligner en avant de l’infanterie et attaquer en tête sont regroupés dans une carrière à Mory, à plus de six kilomètres du front. Dès que la ligne sera prise, quatre tanks pénétreront dans Bullecourt pour achever sa capture, quatre autres continueront sur Riencourt-lès-Cagnicourt, et les quatre derniers tanks, au centre du dispositif, se dirigeront vers Hendecourt.        

L’échec de l’attaque

Épuisés par une marche d’approche de 10 kilomètres dans la neige et la boue, les Australiens se lancent ainsi à l’assaut. Ils doivent parcourir 500 mètres dans le no man’s land avant d’atteindre les barbelés allemands.

À 4 h 45, seuls onze tanks sont en mesure de leur venir en aide et les tirs de barrage limités ont laissé beaucoup de lignes de barbelés intactes devant les tranchées allemandes. Aucun des chars ne les atteint avant l’infanterie.

En outre, l’attaque avortée de la veille a alerté les troupes ennemies de l’assaut imminent et elles sont mieux préparées que dans le secteur canadien. À 7 heures, tous les chars sont hors de combat. Bien que des éléments de la 4ième division réussissent brièvement à occuper des sections de tranchées allemandes, ils sont obligés de se replier avec de lourdes pertes. 

Bilan

Les Australiens éprouvent une forte rancœur à l’encontre du général Gough, qui les a envoyés dans une bataille mal préparée. Le bilan est désastreux. Ils ont environ 3 200 tués et blessés ainsi que près de 1 200 prisonniers (le tiers du nombre total de prisonniers australiens sur le front ouest pendant toute la guerre).

Les Allemands enregistrent 750 pertes, dont 138 tués. Tirant parti du choc subi par l’adversaire, ces derniers lancent une contre-offensive devant Quéant le 15 avril. Ils s’emparent d’une partie des premières lignes australiennes à Lagnicourt, mais doivent reculer ; les pertes sont lourdes des deux côtés.

Une nouvelle attaque a lieu sur le même objectif le 3 mai

Bibliographie

  • Sous la direction d’A. JACQUES, La Bataille d’Arras avril-mai 1917, Arras, 1997, Cercle archéologique arrageois. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHC 2264/5 ; 
  • Y. BUFFETAUT, La Bataille d’Arras – Vimy, YSEC Editions, 2013 ;
  • Y. LE MANER, La Grande Guerre dans le Nord-Pas-de-Calais 1914-1918, Lille, 2014. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHD 190 ;

Webographie

L'Europe s'engage

archivespasdecalais.fr est cofinancé par l'Union Européenne. L'Europe s'engage en Pas-de-Calais avec le Fonds Européen de Développement Régional. (FEDER)

Vue en coupe d'un pont sous-marin.

copyright 2011 Pas-de-Calais le Département / Archives départementales | Mentions légales | Crédits