Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 18 août 2019 - 05h07
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"Habemus papam"… aux archives

Malgré les pertes considérables qu’elle a subies lors de l’incendie de 1915, la série H (clergé régulier de l’Ancien Régime) conservée aux archives départementales renferme encore des trésors. Dans le fonds de l’abbaye de Chocques par exemple, coté en 25 H, on trouve de curieux sceaux de plomb, de forme ronde, n’excédant généralement pas plus de 45 mm et présentant tous une face similaire : il s’agit de bulles papales.

La bulle papale

L’usage de sceller en plomb remonte à l’Antiquité ; on retrouve déjà des sceaux en plomb dans l’empire byzantin. C’est surtout une question de climat qui favorise dans les régions méditerranéennes l’utilisation du plomb de préférence à celle de la cire. Cette pratique gagne l’Italie où les papes l’utilisent dès le VIe siècle.

Le terme de bulle provient du latin bulla, le bijou d’or rond que portent dans l’Antiquité les jeunes nobles autour de leur cou jusqu’à leurs 17 ans. Par extension, il désigne plus tard le sceau rond appendu aux documents officiels de l’Église pour permettre leur authentification. Sur les documents ordinaires, un simple sceau de plomb est apposé, tandis que l’argent et l’or sont réservés aux plus importants. Par la suite, le terme de bulle s’applique à l’ensemble du document et ne qualifie plus uniquement ce sceau de forme ronde.

En Occident, la bulle est exclusivement réservée au pape, ce qui n’est pas le cas dans la chrétienté orthodoxe où les actes des princes et des dignitaires ecclésiastiques sont habituellement scellés avec des bulles de plomb à double face. Les archives départementales conservent une bulle de ce type, celle de l’évêque de Tripoli (actuel Liban) en 1227, sous la cote A 6/11.

Les bulles papales du fonds de l’abbaye de Chocques

Sur une série de quinze parchemins portant le sceau du pape, neuf ont conservé leur signature de plomb ; sous la cote 25 H 1 (pièces 1 à 16, hormis la 4), on relève les bulles de Lucius III, Urbain III, Honorius III, Grégoire IV, Martin IV, Jean XXII, Nicolas V et Adrien VI, soit huit pontificats différents couvrant une période s’étendant de 1181 à 1522. Le contenu de ces documents reste assez similaire en substance : il s’agit de confirmations des privilèges de l’abbaye.

La bulle papale a la particularité de toujours présenter deux faces, dont l’une reste identique d’un pape à l’autre : on y reconnaît les visages de saint Paul et de saint Pierre, surmontés de l’inscription SPASPE (Sanctus PAulus Sanctus PEtrus). L’autre face indique le nom du pape, suivi des lettres PP (papa en latin) et du numéro. Ainsi, l’inscription "LVCIUS PP III" signifie "Lucius III, pape".

On trouve également d’autres bulles papales dans la série A (trésor des chartes d’Artois) et dans les autres fonds des séries G (clergé séculier) et H.

Particularités de la conservation et de la restauration

Contrairement aux idées reçues, le plomb subit autant que la cire les aléas du temps, mais pour des raisons différentes. Les bulles de plomb, conservées à travers les âges dans des conditions mal définies, souffrent de corrosion. En contact avec divers produits chimiques, le métal tend à former des sels qui se traduisent par une couche poreuse à la surface de l’objet et altèrent son relief sur le long terme jusqu’à sa détérioration complète. C’est ce qu’on appelle le cancer du plomb. La conservation d’objets en plomb dans des tiroirs ou des armoires en bois (en particulier le chêne) se révèle aussi problématique, à cause des émissions acides du bois qui ont une incidence directe sur le métal.

De nombreuses méthodes de restauration ont été développées, mais elles montrent leurs limites, en particulier dans le cas de bulles de plomb toujours fixées aux documents qu’elles authentifient. Les plus courantes sont le nettoyage mécanique (notamment à ultrasons), l’utilisation d’acides, de sels et de résines échangeuses d’ions. La plus utilisée est sans doute le traitement électrolytique par immersion.

Une fois restauré, le sceau (comme son parchemin) est placé sur un plateau souple de mousse synthétique de conservation, dans l’épaisseur duquel est creusée une alvéole permettant de le caler.

Bibliographie

  • N. BUANIC, Les sceaux restaurés de l’abbaye de Chocques, dans Histoire et Mémoire 30, 2e trimestre 2002, p. 2-3 ;
  • A. SCUFFLAIRE, "Sur la conservation des empreintes de sceaux en métal", dans Miscellanea archivistica, t. XV, 1977, p. 5-15. Archives départementales du Pas-de-Calais, PB 199/2.

Commentaire(s)

Michel POPOFF, 73 ans, Saint-Jean du Gard :

Très bonne approche Très bonne approche bonne approche d'un sujet à la bibliographie assez restreinte à ce jour/ Merci et bravo
le 16-03-2016 à 05:41:13

FREDERIC BUTTET, 41 ans, SAINT MAURICE LES CHATEAUNEUF :

SPASPE Bonjour,je suis agriculteur en saone et loire et j' ai trouvé par hasard dans un champ un
le 09-05-2013 à 18:10:15

emmanuelle dubus, 54 ans, henin-beaumont :

fidèle lectrice, j'ai parcouru cet article avec beaucoup d'intérêt d'autant plus qu'il est d'actualité. Je ne savais pas que vos archives renfermaient des trésors de notre culture chrétienne ! au plaisir de découvrir votre prochain article
le 03-04-2013 à 13:53:07

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