Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 15 décembre 2017 - 18h35
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Robespierre et la société des Amis de la Constitution d’Arras

Lors de la vente de la collection Dominique de Villepin, chez Pierre Bergé et associés, le 29 novembre 2013, le Département du Pas-de-Calais a acquis un précieux témoignage sur Maximilien de Robespierre et ses relations avec les Jacobins d’Arras. Cette lettre, datée du 6 juillet 1791, constitue l’un des deux seuls documents qui nous restent d’une correspondance qui dut être évidemment beaucoup plus active entre Robespierre et la société des Amis de la Constitution d’Arras (selon Charles Vellay, dans la Revue politique et littéraire du 1er août 1908, p. 157-159)

Documents autographes conservés aux archives

La seconde lettre rescapée, du 27 juin 1790, est elle aussi conservée aux archives départementales, dans la collection Victor Barbier (4 J 167/7). Une troisième, de juillet-août 1791, semble avoir traversé la Révolution, mais n’est aujourd’hui connue que par une mention dans un catalogue de vente de mars 1858 (Œuvres de Maximilien de Robespierre, t. III, Correspondance, n° LXXIX, BHB 6242/3).

Hormis ces missives, les archives du Pas-de-Calais ne disposent que de peu de documents autographes de Maximilien de Robespierre – si l’on excepte les lettres-circulaires signées de sa main, telle celle de la députation du Pas-de-Calais à l’Assemblée nationale, du 28 mars 1791 (conservée en 1 L 208) ; une dernière pièce mérite d’être mentionnée : conservée en 4 L 100/29 et datée du 18 juin 1790, elle est adressée à Charles Michaud, alors curé de Bomy (Œuvres de Maximilien de Robespierre, t. III, Correspondance, n° XLII, BHB 6242/3).

Documents relatifs à Robespierre conservés aux archives

Pourtant, les archives départementales disposent en fait, à son sujet, d’un ensemble documentaire déjà important, entre autres par le biais des papiers de ses historiens et éditeurs du début du XXe siècle, Émile Lesueur (coauteur avec l’archiviste départemental Eugène Deprez des deux premiers volumes des Œuvres complètes, parus en 1910 et 1912 sous le titre Robespierre à Arras ; sous-série 80 J), et surtout Victor Barbier (sous-série 4 J), érudit arrageois, cofondateur en 1907 de la société des études robespierristes et à l’origine, avec Charles Vellay, d’une première publication des Œuvres judiciaires (Paris, 1910).

Ces collections regroupent à la fois des factums et mémoires publiés par Robespierre, des ouvrages et articles écrits à son sujet tout au long du XIXe siècle, et des portraits ou estampes le représentant. La partie de la sous-série 4 J consacrée aux manuscrits et autographes locaux de la Révolution est aussi fort développée, en particulier grâce aux achats effectués à la vente du baron André Dard (Saint-Omer, novembre 1892), telle la correspondance d’Antoine Buissart, ami de Lazare Carnot et des frères Robespierre (dix-huit lettres d’Augustin se trouvent ainsi en 4 J 167, et plusieurs reçues par Maximilien ont été reliées en 4 J 168).

Les autres fonds privés familiaux arrageois, au premier chef Laroche (18 J) et Dubois de Fosseux (32 J), permettent en outre de connaître le milieu dans lequel a vécu Robespierre : en 18 J 302, est par exemple conservé un mémoire judiciaire annoté par Robespierre et offert à l’avocat général au Conseil d’Artois Foacier de Ruzé.

« Je suis votre frère »

La lettre présentée ici est adressée aux Amis de la Constitution d’Arras, société créée le 19 avril 1790 par des proches de Robespierre. On y trouve Dubois de Fosseux (maire d’Arras à cette époque et président du directoire du département jusqu’en septembre 1793), l’avocat Lenglet (élu député au Conseil des Anciens en 1798), Armand Guffroy (élu député en septembre 1792), Herman de Boiswarin (président de la société en 1790, président du tribunal criminel d’Arras en 1792, puis président du tribunal révolutionnaire de Paris en 1793) et surtout Augustin de Robespierre, intermédiaire essentiel entre les autres membres et son frère, alors député à la Constituante.

Cette société, rassemblant les Jacobins d’Arras, est tout acquise à l’Incorruptible et le soutient avec force lors de la polémique avec Briois de Beaumetz en juin 1790 (objet de la lettre de remerciements du 27 juin). Lors de la crise de Varennes, après la fuite manquée de la famille royale les 20 et 21 juin 1791, elle adopte initialement la version officielle portée par l’Assemblée nationale qui soutient qu’il s’agissait d’une tentative d’enlèvement, et édite une sorte de proclamation dans ce sens, se trouvant alors en désaccord avec Robespierre qu’elle n’a pas eu le temps de consulter. Elle se rallie néanmoins rapidement à l’avocat arrageois et prend une position vigoureuse en affirmant qu’en ces circonstances, la Nation reprend le pouvoir dont elle avait investi le Roi, lorsque celui-ci s’éloigne au sein de la France. À noter que cet événement est aussi à l’origine de la scission entre les Feuillants (opposés au renversement du roi) et les Jacobins. C’est après une séance houleuse que la Société des Amis de la Constitution d’Arras décide de rester invariablement attachée aux Jacobins de Paris et donc à Robespierre (selon les termes d’Armand Guffroy le 18 août 1791).

Le 6 juillet 1791, Robespierre écrit ces quelques mots de remerciements (voir la lettre et la transcription ci-dessous), vraisemblablement en réponse à une adresse qui ne nous est pas parvenue ; nous ne savons quel titre la Société venait de lui décerner, mais ce témoignage atteste assurément des liens étroits et chaleureux qui existaient avec les Amis de la Constitution d’Arras.

Lettre de Maximilien de Robespierre aux Amis de la Constitution d'Arras, 6 juillet 1791

Paris le 6eme juillet 1791

Messieurs,

Si les pénibles travaux dont j’ai été comme accablé, ont différé
l’expression de la vive reconnoissance que je vous dois, le titre
glorieux que vous m’avez décernée n’en est pas moins à mes
yeux la plus douce de toutes les récompenses. Quiconque
sçaura vous apprécier, quiconque connoîtra tout le prix
de l’estime d’un peuple sensible et généreux ne croira
jamais qu’il ait pu la mériter. Je puis du moins me
dévouer pour ma patrie ; je puis lui sacrifier ma jeunesse,
mon repos et ma vie ; j’en ai fait le serment, je l’accomplirai
d’autant plus facilement que je n’avois pas besoin de le
prêter pour en remplir l’objet. Heureux si, après avoir
obtenu les preuves touchantes de votre bienveillance, je
puis encore emporter vos regrets !
Je vous prierai, Messieurs, dans ces momens de crise,
de vouloir bien [correspondre] m’écrire quelques fois. Je suis
votre frère, je suis votre concitoïen, [donnez-moi des]
informez-moi quelques fois [des affaires] de ce qui intéresse
ma famille et ma patrie. [signé] Robespierre

 

Autre lettre de Robespierre conservée aux Archives départementales, datée du 27 juin 1790

Lu dans la séance du 1er juillet.
Paris le 27 juin 1790.

Messieurs,

Les preuves honorables que vous avez bien voulu me donner
de votre estime et de votre attachement m’ont inspiré une
reconnoissance proportionnée à la haute opinion que j’avois
moi-même conçue de vos lumières et de votre patriotisme.
Quel suffrage pourrois-je préférer à celui d’une société
dont les vertus et les principes doivent contribuer si puissamment
à la régénération et au bonheur de mon pays ? Peut-être
même m’auroit-il donné trop d’orgueil, si, à l’époque où
nous sommes, tous les sentimens des vrais citoiens n’étoient
comme absorbés dans l’amour de la liberté et de la patrie.
C’est à elles qu’il appartient de serrer les nœuds de la sainte
alliance et de l’amitié fraternelle, qui m’unissent pour jamais
à vous, Messieurs et chers compatriotes.

Votre très humble
et très obéissant serviteur,
[signé] de Robespierre.

Commentaire(s)

hortense POULTIER, 14 ans ans, nantes :

robespierre robespierre devait etre une personne content de son travaille malgre les cout de blouses
le 25-10-2014 à 13:26:13

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