Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 24 juillet 2019 - 02h29
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Sainte Catherine et saint Nicolas en Artois

En ce mois festif, nous avons choisi de mettre à l’honneur les traditionnelles fêtes de sainte Catherine et de saint Nicolas, toujours célébrées par les enfants d’aujourd’hui.

Si ces fêtes sont communes à tout le territoire français, leurs codes diffèrent d’une région à l’autre, chaque province possédant son propre folklore. En Artois, filles et garçons suivaient un rituel bien précis…

Qui est sainte Catherine ?

Au IVe siècle, Catherine est la fille de Costus, souverain d’Alexandrie. Elle devient la patronne des jeunes filles parce qu’outre sa beauté et son intelligence, célèbres dans toute la contrée, sa pureté était presque un adage.

Elle est aussi la patronne des philosophes (elle en avait amené certains à l’Évangile) et des charrons en Picardie (sans doute à cause de la roue à dents de fer qui devait déchiqueter son corps, s’il n’était survenu un ange sauveteur).
À Aire-sur-la-Lys, avant la Révolution, elle est aussi celle de la corporation des planteurs, fabricants de tabac, etc.

Usages anciens du 25 novembre

Dans la plupart des localités, la veille du 25 novembre, les jeunes filles recevaient de leur entourage (famille proche, fiancés) des souhaits de bonne fête avec des fleurs artificielles ou des bouquets de chrysanthèmes, fleurs qu’on appelle à certains endroits, comme à Auchel, des Sain’s Cath’rines.
Un cadeau accompagnait parfois le bouquet : des gâteaux à Roclincourt, un fichu ou un nécessaire à coudre à Auchel et Marles. À Ransart, le cadeau n’était fait qu’aux fiancées !

Dans certaines communes, les filles avaient coutume de mettre, avant de se coucher, leurs souliers ou une assiette devant la cheminée, en espérant que sainte Catherine vienne pendant la nuit les remplir de cadeaux et de bonbons (espoir encore tenace aujourd’hui, mais plutôt durant la nuit du 24 au 25 décembre…).

Dans le bassin minier, les filles chantaient la veille dans la rue Tous chés fèmes, Mettez vos infants coucher : saint’ Cath’rine all’ va passer. Les petits garçons imitaient donc leurs sœurs et plaçaient eux aussi leurs souliers près de la cheminée. Et inversement à la Saint-Nicolas, qui d’ailleurs est la fête de tous les enfants.

Dans certains villages, une messe était dite en l’honneur de sainte Catherine. Celle-ci était payée par les "catherinettes" ou par la maresse, présidente du groupe de jeunes filles de la commune (pour un an), reconnue ainsi comme la plus méritante à tous points de vue.

À Boulogne-sur-Mer, les jeunes filles engageaient les danseurs en leur présentant une fleur : elles révélaient ainsi leur préférence et généralement les fiançailles suivaient. Le bal fini, le fiancé reconduisait la jeune fille chez elle et avait l’honneur d’entamer la tarte préparée la veille par la catherinette.

Dans les écoles aussi on s’activait aux fourneaux : la semaine séparant sainte Catherine de saint Nicolas était consacrée à la confection du traditionnel pain d’épices dégusté le 6 décembre. Ces deux fêtes ont toujours été intimement liées puisque les enfants chantaient : Saint’ Cath’rine, C’est ma p’tit’ cousine, Saint Nicolas, C’est mon grand-papa… Apportez-nous des baudets, En pain d’épic’ bien sucré.

Qui est saint Nicolas ?

Saint Nicolas, évêque de Myre en Anatolie, fut persécuté sous Dioclétien au IVe siècle.

Il est le patron des enfants, mais aussi celui des fleuristes en Picardie, des écrivains, des grainetiers et des bateliers.
Bien qu’il n’ait pas été célébré partout en Artois, la pratique est analogue à celle de la Sainte-Catherine, à l’exception des navets, des carottes et d’un peu de foin offerts à l’âne du saint évêque ! En effet, les enfants polissons souhaitaient ainsi s’attirer ses bonnes grâces.

Usages anciens du 6 décembre

Au coucher, ils criaient fort dans la cheminée : Saint Nicolas, patron des écoliers, apportez-mé du chuque dins mes pétits solers !
Le lendemain, les enfants trouvaient des cadeaux sur la cheminée, ainsi que des friandises et des pâtisseries spéciales : sortes de personnage coiffé d’une toque de seigneur médiéval, monté sur un âne, le tout en pain d’épice saupoudré de sucre.

À Bapaume, dont la paroisse a pour patron saint Nicolas, le curé de Beugny venait le présenter. Il portait la crosse de Mgr Lequette, ancien évêque d’Arras, déposée à sa mort et selon son souhait dans le trésor de l’église de Bapaume.

Souhaits et fleurs étaient offerts aux jeunes gens, parfois accompagnés de porte-cigarettes, blague à tabac, cravate, etc., suivi du coutumier repas de remerciements.

On trouve de même l’office payé par le mare, grâce à une quête faite dans le village. Le soir ou le dimanche suivant, dans certaines communes (Isbergues, Vis-en-Artois, Le Souich, etc.), les jeunes gens offraient un bal aux jeunes filles.
Mareaux et maresses assistaient ensuite à chaque cérémonie et procession rythmant la vie de la commune, ce qui rappelle en quelque sorte les anciennes confréries de l’Ancien Régime.

De nos jours, ces saints sont encore fêtés, mais le rituel a laissé sa place au simple échange de cartes postales illustrées. Certaines familles (de plus en plus rares) maintiennent la "coiffe" de la catherinette et il arrive que saint Nicolas passe encore dans les écoles distribuer des friandises aux enfants sages.

Bibliographie

  • A. DEMONT, "La Sainte-Catherine et la Saint-Nicolas en Artois", extrait de la Revue du folklore français, Paris, janvier-février 1932. Archives départementales du Pas-de-Calais, ROD C 316/6.
  • J. DELANSSAYS et C. HURTRELLE, "Traditions populaires : fêtes d’hier pour les enfants d’aujourd’hui. Sainte Catherine et Saint Nicolas à l’école maternelle", dans la Revue d’Histoire de l’Artois, Arras, n° 2, 1985. Archives départementales du Pas-de-Calais, PC 779/1.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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