Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 19 décembre 2018 - 10h46
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11 décembre 1865 : naissance du radiesthésiste le plus célèbre de France, l’abbé Bouly, curé d’Hardelot

Le 11 décembre 2018

Alexis-Timothée Bouly naît le 11 décembre 1865 à Condette : il est le fils d’un charron, François-Alexis Bouly (devenu adjoint au maire de 1889 à sa mort en 1909), et d’une lingère, Euphrasine Fauquembergue. Élève doué, il fait ses études à l’école communale de Condette, au petit séminaire de Boulogne-sur-Mer (1879-1886) puis au grand séminaire d’Arras. Ordonné prêtre le 13 juillet 1890, il enseigne quatre ans à l’institution Saint-Vaast de Béthune, avant d’être envoyé par le diocèse suivre en Sorbonne les cours de lettres modernes, ce qui lui permet de maîtriser l’anglais et l’allemand. Il enseigne en parallèle au collège Saint-Stanislas de Boulogne-sur-Mer, dont il devient le supérieur en 1900. En janvier 1909, il est nommé curé de Wirwignes ; le 1er août 1910, enfin, il se voit confier la paroisse nouvellement créée d’Hardelot-Plage, grâce au soutien de John Whitley, un homme d’affaires britannique fondateur de la station balnéaire, et il reste dans ces fonctions jusqu’à son décès.

Association française et internationale des amis de la radiesthésie

Fort sollicité par ses paroissiens et les vacanciers en période estivale, l’abbé Bouly profite du calme de l’hiver pour étudier des domaines fort variés. C’est ainsi qu’il se découvre en avril 1913 un talent de sourcier, don qui consiste à repérer les nappes d’eau souterraines, et à en évaluer la profondeur et leur importance. Pourvu d’un esprit plutôt rationnel, il décide de développer cette aptitude en cherchant à la comprendre et à l’étendre. C’est ainsi qu’après s’être consacré aux problèmes d’approvisionnement en d’eau, il s’initie à la recherche des cavités, des métaux, voire à l’étude des microbes : puisque, selon lui, chaque corps, animal, végétal, minéral, n’est qu’une accumulation d’énergie dont les vibrations se répandent dans tout l’univers, il est possible de saisir et d’identifier ces radiations avec une baguette de sourcier.

Sans doute par suite d’échanges avec l’abbé Louis Bayard (né et mort à Hocquinghem, 1861-1948), professeur au petit séminaire de Boulogne puis aux facultés catholiques de Lille (à partir de 1894), l’abbé Bouly invente le mot de "radiesthésie", composé du latin radius, "baguette", "rayon lumineux", et du suffixe -esthésie (tiré du grec, "sensation", "perception"). Ce terme apparaît lors de la création de l’Association française et internationale des amis de la radiesthésie à Lille le 29 décembre 1929, grâce à l’initiative de Léon Delattre et Théo Gravez. Ayant son siège au 91 de la rue de l’Hôpital-Militaire, l’association compte dans son comité d’honneur des noms prestigieux comme les membres de l’Académie des sciences Édouard Branly (inventeur de la TSF), Henri Deslandres (directeur des observatoires de Paris et de Meudon) et Arsène d’Arsonval (fondateur de l’électrothérapie), le docteur François Foveau de Courmelles, pionnier de la chromothérapie et de la radiographie, le docteur Gédéon Meillère, président en 1932 de l’Académie de médecine, etc. En qualité de président fondateur, l’abbé Bouly prononce une conférence inaugurale devant plus de 500 personnes, le 29 janvier 1930, à l’hippodrome de Lille ; le président de la séance, le vicomte Henry de France, lui succède quelques semaines après à la direction de l’association.

De l'utilité de la radiesthésie

La notoriété de l’abbé Bouly fait rapidement le tour de la planète. Appelé aux îles Canaries par exemple, il va y détecter plusieurs sources d’eau douce nécessaires à l’expansion des cultures, en particulier de bananes, indispensables à l’économie locale. À Lens, il évite un désastre sur le chantier de restauration de l’église Saint-Léger en mettant en évidence des cavités remplies de gravats, qui n’auraient de toute évidence pas supporté les fondations initialement prévues. Après la première guerre mondiale, le ministère de la Guerre fait lui aussi appel à ses services, pour détecter les obus non éclatés sur les champs de bataille de Champagne, de l’Aisne et de l’Artois, etc. À ce titre, il est décoré de la Légion d’honneur en 1950 pour services rendus à la Nation.

Tout en continuant ses missions pastorales, il recentre ses activités à partir de 1930 sur la recherche de l’eau et les diagnostics médicaux. Des milliers de personnes viennent de France, d’Angleterre ou encore de Belgique le consulter à son domicile. Il consacre l’aisance financière ainsi obtenue à soulager la misère : c’est ainsi qu’il fait construire deux bâtiments au fond de sa propriété, rue de la Marne, pour accueillir chaque été des petites Parisiennes à la santé fragile. S’intéressant à l’histoire et au patrimoine local, il crée un petit musée retraçant l’histoire du Boulonnais. Il est en 1934 le dernier acquéreur du château d’Hardelot, propriété qu’il lègue plus tard à une œuvre de bienfaisance, les sœurs de Sainte-Agnès d’Arras.

Érudit populaire à la modestie incontestable, l’abbé Bouly s’éteint le 29 janvier 1958 à Condette. Sa vie et son destin pour le moins exceptionnel sont évoqués par un bronze du sculpteur boulonnais Pierre Stenne, scellé sur un socle de pierre dans le parc du château d’Hardelot.

Pour en savoir plus

  • Léon-Noël Berthe, "L’abbé Bouly, curé d’Hardelot, radiesthésiste (1865-1958)", Mémoires de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras, 6e série, tome V : 1991-2006, Arras, 2007, p. 116-128. Archives départementales du Pas-de-Calais, PB394/106
  • L. de Chaumont, "Les procédés de prospection du sous-sol. Radioactivité, radiesthésie [méthode de l’abbé Bouly, curé d’Hardelot]", La Science moderne, 7e année, 6, 1930. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHC 112/6
  • André Delsaux, Alexis Thimotée Bouly, premier curé d’Hardelot, radiesthésiste de renommée mondiale, Neufchâtel-Hardelot, Association culturelle des amis du château d’Hardelot, 1994. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHC 2562/5

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