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14 août 1768 : naissance de Charles de La Tour d’Auvergne, évêque et cardinal d’Arras

Publié le 14 août 2012

Le 14 août 2017

Hugues-Robert-Jean-Charles de La Tour d’Auvergne naît au château d’Auzeville, près de Toulouse : son père appartient à une famille dont le rattachement aux La Tour d’Auvergne est parfois contesté, sa mère est une fille du comte d’Aumale. Il est le troisième enfant du couple, le second fils, et donc par tradition nobiliaire destiné à servir l’Église. Son parrain n’est autre que le vicaire général de Castres, un oncle sur lequel la famille de La Tour d’Auvergne va beaucoup compter pour lui assurer une carrière.

En conséquence, le jeune Charles va vivre chez son parrain à Castres, fait ses humanités au collège d’Albi de 1782 à 1786, sa rhétorique à Castres en 1786, et sa philosophie à Toulouse en 1787, avant d’entrer l’année suivante au grand séminaire de Saint-Sulpice à Paris. La Révolution perturbe sa préparation au sacerdoce et le contraint à revenir à Castres en mai 1791. Il y séjourne près d’un an avant de revenir à Paris en mars 1792 pour y recevoir les ordres en toute discrétion : sous-diaconat le 4 mars, diaconat le 22 avril et prêtrise le 24 juin. Retiré semble-t-il à Amiens chez une tante d’Aumale, il y aurait été arrêté deux fois puis relâché. Après le 9 thermidor, il aurait abandonné l’habit ecclésiastique pour devenir secrétaire, avec rang d’officier, chez un ordonnateur de guerre, mais il le reprend dès 1801.

Le 30 avril 1802, dix ans après son ordination, Charles de La Tour d’Auvergne devient à trente-trois ans le plus jeune évêque de France après la signature du Concordat de 1801 et est nommé à Arras : les bulles sont reçues le 6 mai, il prête serment le 9 puis est sacré le 16 à Saint-Roch de Paris. Évêque soucieux de concilier la France "nouvelle" et les traditions religieuses (on le sait profondément attaché aux conceptions gallicanes), il se considère aussi comme un haut fonctionnaire devant administrer avec rigueur et justice et rendre des comptes à son ministère.

De son ordination jusqu’à sa mort, Charles de La Tour d’Auvergne n’a de cesse de donner une identité et une âme à son nouvel évêché, constitué à partir des anciens diocèses d’Arras, de Boulogne-sur-Mer et de Saint-Omer. Il s’installe en 1809 dans l’ancienne abbaye de Saint-Vaast, où il regroupe finalement la cathédrale, le palais épiscopal et le séminaire. Son conseil est constitué de trois vicaires généraux, son chapitre de huit chanoines rétribués et des chanoines honoraires non rétribués. Le séminaire, reconstitué en 1806, ne fournit un nombre suffisant de prêtres qu’après 1830 ; aussi, pour maintenir un niveau d’études élevé et servir en prêtres le plus grand nombre de paroisses, Charles de La Tour d’Auvergne institue-t-il un concours annuel : tous les prêtres y sont soumis pendant huit ans et classés selon leur mérite. Il dote peu à peu son diocèse des livres nécessaires mais persiste dans la tradition : le catéchisme adopté définitivement en 1825 et le rituel de 1827 sont ceux du XVIIIe siècle, le missel de 1828 celui du rite parisien (il a à ce propos quelques frictions avec certains membres du clergé, partisans du retour au rite romain). En un demi-siècle, il renouvelle le clergé séculier du diocèse, attire des prêtres issus de milieux plus modestes et de zones plus rurales et augmente de façon conséquente le nombre d’ordinations. Il porte une attention toute particulière à la réorganisation du grand séminaire d’Arras, puis à la création d’un petit séminaire à Arras et à Saint-Omer et ce avec une prudence somme toute mesurée aux vues du différend qui se dessine sur la liberté de l’enseignement et la rivalité entre le public et le privé.

Favorable aux dévotions traditionnelles, il encourage les retraites, les jubilés et la construction de chapelles et de calvaires ; deux missions, à Arras en 1825 et à Saint-Omer en 1828, provoquent quelques agacements chez les anticléricaux : les libéraux obtiennent en 1831 que le calvaire érigé à Arras lors de la mission de 1825 soit transféré à l’intérieur de la cathédrale.

Il aura fallu un long épiscopat à Charles de La Tour d’Auvergne pour qu’il puisse achever l’église commencée avant la Révolution par les Bénédictins de Saint-Vaast et devenue cathédrale. On mesure dès lors toutes les difficultés engendrées par un régime concordataire sur l’aspect financier d’un tel projet, obligeant l’évêque à tenir compte des instructions du préfet et du conseil général, des Chambres, des ministres du Culte et de l’Intérieur, voire même du ministre des Travaux publics qui fournit les fonds baptismaux. La cathédrale est enfin consacrée le 6 juin 1833.

Durant sa longue carrière, Charles de La Tour d’Auvergne a obtenu de nombreuses distinctions civiles et ecclésiastiques, comme le cardinalat en 1839 ou la grand-croix de la Légion d’honneur en 1843, et il refuse systématiquement les postes qu’on lui propose à Avignon, Lyon, Cambrai ou Paris… C’est donc à Arras qu’il meurt le 20 juillet 1851. Son corps repose dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale d’Arras. Il a régné sur le diocèse durant l’un des demi-siècles les plus troublés de l’histoire de France : né sous Louis XV, nommé évêque par le Premier Consul et mort sous la présidence du prince Louis-Napoléon, Charles de La Tour d’Auvergne a connu et survécu à une dizaine de régimes politiques.

Pour aller plus loin

  • Yves-Marie Hilaire, Une chrétienté au XIXe siècle. La vie religieuse des populations du diocèse d’Arras (1840-1914), Lille, Publications de l’université de Lille III, 1977, vol. 2
  • Yves-Marie Hilaire, L’intérêt des registres historiques de paroisse au XIXe siècle. L’exemple du diocèse d’Arras, Lille, 1966. Archives départementales du Pas-de-Calais, Ms 162
  • Georges Lacroix, Un cardinal de l’Église d’Arras : Charles de La Tour d’Auvergne. 49 ans d’épiscopat concordataire, Lens, imp. centrale de l’Artois, 1965

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