Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 24 septembre 2017 - 18h22
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17 septembre 1916 : décès de Charles Lebeau, mécène du musée de Boulogne-sur-Mer

Le 17 septembre 2017

L’industriel Charles Lebeau, brillante personnalité de la ville de Boulogne-sur-Mer, est mort le 17 septembre 1916. Dans l’article paru le lendemain dans les colonnes de La France du Nord, ce fils de commerçant en bois prospère et amateur d’art est présenté comme un ami aussi éclairé que généreux des travailleurs pour lesquels il se prodiguait et des associations de solidarité sociale existant à Boulogne.

Nécrologie : M. Ch. Lebeau  

Notre ville vient de faire une perte sensible en la personne d’un de ses plus sympathiques représentants, M. Ch. Lebeau, décédé hier après-midi, à l’âge de 73 ans et 8 mois.

Cette mort était malheureusement prévue par tous ceux qui approchaient notre honorable concitoyen ou même étaient en simples relations avec lui, tellement il déclinait visiblement depuis quelque temps, surtout depuis la mort de sa femme à laquelle l’attachaient des liens de la plus profonde affection. Il avait également été très affecté par la mort de son ami intime et parent, M. Farjon

Ainsi qu’on le sait, M. Ch. Lebeau avait succédé à son père comme directeur de l’importante scierie mécanique que celui-ci avait fondée en notre ville. Par la sollicitude dont il entourait le nombreux personnel, tant employés qu’ouvriers de cette entreprise, on peut dire que notre concitoyen y avait trouvé une seconde famille dont il savait, d’ailleurs, que les sentiments de sincère attachement répondaient aux siens.

En thèse générale le regretté défunt était un ami aussi éclairé que généreux des travailleurs pour lesquels il se prodiguait ainsi que pour toutes les associations de solidarité sociale existant en notre ville.

C’est à ce titre qu’il avait depuis longtemps été désigné comme président d’honneur de la "Société de secours mutuels entre les ouvriers".

Jamais, on le sait par les listes de souscription publiées dans les journaux, on ne s’adressait en vain à M. Ch. Lebeau quand il s’agissait de soulager une infortune, de s’associer à une œuvre d’assistance, d’intérêt local ou présentant un caractère artistique.

Souvent, il est vrai, ces actes de libéralité restaient anonymes d’après la volonté formelle du donateur dont la modestie égalait la générosité.

Le regretté défunt était, en outre, un érudit, doublé d’un amateur distingué du caractère le plus éclectique, toujours prêt à encourager les tentatives artistiques ainsi que leurs protagonistes.

À ce double titre, il avait pris place parmi les membres titulaires de la "Société académique" et était président d’honneur de celle des beaux-arts et des arts industriels.

L’enseignement pratique le comptait parmi ses plus autorisés adeptes.

Il appartenait encore à d’autres sociétés locales, notamment celle des courses, à laquelle le rattachaient également ses goûts sportifs et les services rendus à la ville de plaisance.

Il était aussi censeur à la Banque de France.

Nous parlions plus haut de l’amateur distingué que perdent les beaux-arts en la personne de M. Ch. Lebeau ; on peut dire qu’à ce point de vue notre concitoyen laisse une des plus belles collections non seulement de la ville mais même du département.

Le regretté défunt a eu du moins à ses derniers moments la consolation de s’éteindre, entouré des soins affectueux de ses proches.

Nous présentons l’expression de nos plus sincères condoléances à M. et Mme Lorel, ses beau-frère et sœur, comme à tous les membres de cette famille cruellement éprouvée.

La France du Nord, lundi 18 septembre 1916. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 16/95.

L’annonce en date du 29 septembre, dans les colonnes de ce même journal, du legs par testament de l’importante collection artistique de Charles Lebeau au musée de la ville de Boulogne, et d’une somme de 1 000 francs à la Société des beaux-arts et des arts industriels du Boulonnais qu’il a présidée, confirment son statut de mécène boulonnais.

Un legs important à la ville

Nous apprenons et nous sommes heureux de pouvoir porter cette bonne nouvelle à la connaissance de nos lecteurs, que notre regretté concitoyen M. Ch. Lebeau, a légué à la ville toute son importante collection artistique, sauf un Corot dont un de ses amis intimes jouira sa vie durant.

Nous croyons savoir, en outre, que M. Ch. Lebeau, dont on ne saurait trop reconnaître cette libéralité posthume, a voulu prendre à sa charge les droits de mutation.

Notre concitoyen a, aussi, légué une somme de 1 000 francs à la Société des beaux-arts et des arts Industriels du Boulonnais, dont il fut président. 

La France du Nord, lundi 18 septembre 1916. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 16/95.

Un armateur esthète

Fils de Jules Lebeau (1819-1876), armateur et directeur d’une maison de commerce aux activités multiples, recentrées ensuite sur le commerce des bois, Charles Lebeau naît à Boulogne-sur-Mer le 26 décembre 1842.

Grandissant dans une ville portuaire et balnéaire fréquentée alors par de nombreux artistes, il partage avec son père puis développe seul une véritable passion pour la peinture, la sculpture, mais aussi les arts du verre et du feu autant que pour le mobilier et la ferronnerie.

Après avoir succédé à son père, Lebeau voyage fréquemment pour assurer la prospérité du négoce familial, mais aussi pour satisfaire ses goûts esthétiques. C'est essentiellement à Paris, au sein du cercle des jeunes artistes du café Guerbois, qu’il acquiert une certaine finesse et développe son éclectisme, allant jusqu’à accorder parfois une aide matérielle à ceux qui lui en paraissent dignes.

Un mécène et donateur

Charles Lebeau fréquente de grands artistes, comme Édouard Manet et Eugène Boudin, Francis Tattegrain (témoin de son mariage en 1889, avec deux autres peintres, tous anciens condisciples de l’Académie Jullian, Maurice Dainville et François-Richard de Montholon), Auguste Rodin, Émile Gallé ou René Lalique. Industriel qui avait une âme de poète et communiquait spontanément avec tout ce qui était beau, noble et élevé…, il achète une abondante collection d’œuvres, directement aux artistes et lors de ventes aux enchères ou dans des galeries d’art. Il est alors considéré comme un amateur d’avant-garde.

À sa mort, Charles Lebeau lègue sa collection d’œuvres d’art à sa ville natale, afin qu’elle vienne enrichir le musée. Elle compte à l’origine :

  • 851 pièces, dont 425 de céramique et de porcelaine, provenant des plus célèbres manufactures ;
  • 165 œuvres sur papier (dessins, pastels, aquarelles et gravures), entre autres de Rembrandt, Watteau, Boucher, Boilly, Prud’hon, Corot, Boudin, Jean-Jacques Henner, Fantin-Latour, Cazin ou Le Sidaner ;
  • des sculptures, en particulier de Carpeaux et de Rodin ;
  • quelques 52 pièces de verre, d’émail ou de métaux, dont certaines signées Gallé et Lalique. Toutes étaient jusqu’alors entreposées dans son chalet de Saint Frieux près d’Hardelot.

La salle Lebeau

Le legs est consenti à la condition que l’ensemble soit réuni dans une salle séparée du musée. En pleine guerre, la municipalité est incapable de donner dans l’immédiat une suite favorable au vœu du donateur, et décide de mettre la collection à l’abri dans la bibliothèque du château Chanlaire. L’ensemble, regroupé dans le grenier de ce dernier, échappe aux bombardements du 4 août 1918.

Sur la proposition du sénateur-maire Roger Farjon en 1925, une salle au deuxième étage du musée, au-dessus de la galerie égyptienne, est consacrée à la collection Lebeau. Inaugurée le 15 septembre 1926 en présence de Camille Morel, exécuteur testamentaire du donateur et conservateur-adjoint du musée, la salle Lebeau présente l’ensemble des œuvres léguées ; mais la destruction d’une partie du musée en 1939 est fatale à de nombreuses pièces de ce cabinet d’amateur. Le public peut aujourd’hui toujours admirer, au musée de Boulogne-sur-Mer, certaines de ses plus belles pièces.

 

 

 

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