Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 décembre 2018 - 18h39
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Les Archives du Pas-de-Calais (Aller à l'accueil)

Pour pouvoir visualiser l'animation, vous devez télécharger le plugin Adobe Flash Player.

Archives en ligne Documents numérisés

Instruments de recherche

Accès direct :

Deux adresses :

Centre Mahaut-d'Artois
Archives anciennes et modernes (dont registres paroissiaux et d'état civil)
1, rue du 19 mars 1962
62000 DAINVILLE
FRANCE
Tél. : +33 (0)3 21 71 10 90
Du lundi au vendredi, de 9h00 à 17h00

Centre Georges-Besnier
Archives contemporaines, presse
12, place de la Préfecture
62000 ARRAS
FRANCE
Le lundi et mardi, de 9h00 à 17h00
Attention : En raison d'une défaillance technique, ce site est momentanément indisponible aux personnes à mobilité réduite

Plans d'accès

Nous envoyer un courriel

Flux RSS

Vous êtes dans : Archives > Anniversaires > 20 février 1917 : décès d’Henry Bonnefoy, peintre boulonnais > Obsèques de M. Bonnefoy

Obsèques de M. Bonnefoy Article paru dans le Télégramme du 25 février 1917

Ce matin ont eu lieu, devant une assez nombreuse affluence d’amis personnels  ̶  aucune invitation n’ayant été envoyée, ce qui donnait à la cérémonie un caractère intime, dès lors d’autant plus touchant  ̶  les obsèques du regretté artiste, dont nous annoncions la mort dans notre dernier numéro.

Nous avons particulièrement remarqué parmi les personnes présentes : MM. Edmond Haffreingue, adjoint au maire ; Boyard, vice-président de la commission des hospices ; Ch. Bellet, juge honoraire au tribunal civil ; Henri Réveillez, secrétaire en chef et M. Tardieu, chef de bureau de la mairie ; E. Leclerc, capitaine de port ; Troude et L. Boutteau, vérificateurs des douanes ; H. Caffiers, Th. Penon, A. Demizel, artistes peintres, Griois, entrepreneur de peinture, etc., etc.

Au cimetière, M. Boyard, vieil ami personnel du défunt prononça d’une voix émue, le discours suivant 

Messieurs,

C’est avec une émotion, partagée par tous ceux qui m’entourent, que je viens dire adieu à l’ami très ancien qui, depuis les premières années de son adolescence a fait rayonner sur notre contrée boulonnaise le charme de son talent et la lumière délicate de sa palette d’artiste.

Henry Bonnefoy a été surtout le peintre des paysages du Boulonnais ; il en avait compris le côté pittoresque, la disposition gracieuse des lignes, la frondaison tourmentée et puissante, aussi bien que son ciel aux tons gris d’une variété incomparable.

Sensible aux harmonies de la nature, il en éprouvait les vibrantes sensations, ainsi que le révélèrent ses œuvres les plus connues et les nombreuses études restées dans ses cartons.

Quel plus gracieux poème de coloration et d’harmonie que les morceaux de peinture et les aquarelles d’Henri Bonnefoy exécutés dans ce charmant petit vallon de "la Cluse" dont on peut le dire, il avait fait son atelier.

Doué d’un sens artistique des plus fins, d’une patience incomparable, ses tableaux étaient préparés par de nombreuses et préalables études où le dessin et le coloris faisaient l’objet de consciencieuses recherches.

À l’affût de toutes les manifestations de l’art, sa curiosité se portait sur les divers procédés techniques qu’il croyait devoir le mieux rendre ses conceptions artistiques. C’est ainsi qu’il aborda, avec un égal bonheur, les procédés de la gouache, de l’aquarelle et du crayon.

Doué d’une puissance de travail surprenante, son activité ne se satisfaisait pas seulement de la composition de ses toiles, il donnait encore son temps, et le plus souvent sans compter, aux nombreux élèves et artistes jeunes qui venaient demander les conseils de sa science et de son expérience, dans son atelier de Montmartre.

Bonnefoy était un artiste dans toute la haute conception du terme, et il savait rapporter tout à son art préféré, la peinture.

Lectures, causeries, musique, étaient pour lui l’objet de réflexions judicieuses, d’observations et de comparaisons qui rendaient sa conversation pleine de charme.

Né à Boulogne le 8 avril 1839, sa vocation comme peinture s’est manifestée de bonne heure. Dès l’âge de seize ans, il faisait son premier envoi au Salon de peinture. Le succès qu’il y obtint, et les encouragements qu’il reçut d’un protecteur éclairé, sir Richard Wallace, le décidèrent à rejoindre à Paris ses compagnons d’enfance : l’aîné des Coquelin et Charles Cazin.

Initié déjà par les fortes leçons de deux professeurs boulonnais, le vieux maître Béthencourt et l’artiste Vere, il fut admis à l’École des beaux-arts où il travailla sous la direction du maître Cognier.

Il prit part au concours pour l’École de Rome, mais son goût pour les voyages l’emporta.

Après de nombreux séjours sur les côtes de la Méditerranée et en Algérie, il voyagea au Danemark et parcourut l’Angleterre.

Ses cartons sont remplis de souvenirs artistiques de ces périodes où le travail du professeur et du peintre fut incessant et acharnée.

Chaque année, l’exposition de la Société des artistes français recevait une ou plusieurs de ses toiles qui furent toujours remarquées et lui valurent la médaille et la situation de hors concours.

Londres, la Belgique, les expositions françaises et étrangères recherchaient ses envois et la notoriété artistique de notre concitoyen s’en était accrue, grâce aux nombreuses récompenses qui lui avaient été décernées.

Mais la vie qui n’avait été pour lui que lutte et labeur continuels et au cours de laquelle il avait dépensé toutes les qualités charitables et de dévouement de son noble cœur ne devait pas lui donner la récompense du repos bien mérité.

Henry Bonnefoy était un doux et un discret ; doué d’une délicatesse de sentiment qui allait jusqu’à la timidité pour apprécier toutes les hautes qualités de ce cœur essentiellement bon, toujours prêt à se dévouer.

Dans sa causerie qui était charmante, on sentait une âme éprise de tout ce qui est beau et bon, mais devenue fermée et mélancolique.

Ceux qui l’ont connu plus intimement et qui ont été témoins de sa courageuse et généreuse existence ont pu apprécier cette âme exquise et fière et quel délicieux ami fut ce maître.

Comme dans l’œuvre qui orne notre galerie de peinture du Musée et qui vous valut de si justes éloges lors de son apparition à un des derniers salons vous laisserez, mon cher Bonnefoy, une place vide !

Cher Maître, mon cher ami, recevez notre suprême adieu. 

Le Télégramme, dimanche 25 février 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/27.

Retour à l'article

L'Europe s'engage

archivespasdecalais.fr est cofinancé par l'Union Européenne. L'Europe s'engage en Pas-de-Calais avec le Fonds Européen de Développement Régional. (FEDER)

Vue en coupe d'un pont sous-marin.

copyright 2011 Pas-de-Calais le Département / Archives départementales | Mentions légales | Crédits