Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 15 décembre 2017 - 18h36
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25 novembre 1763 : décès de l’abbé Prévost

Le 25 novembre 2017

 

Antoine-François Prévost, dit d’Exiles, plus connu sous son titre ecclésiastique d’abbé Prévost, est né le 1er avril 1697 à Hesdin et mort le 25 novembre 1763 à Courteuil (actuel département de l’Oise).

Une enfance troublée

Il est le second fils de Liévin Prévost, conseiller et procureur du roi au bailliage d'Hesdin, et de Marie Duclay, fille d’un fermier de Bamières (hameau de Mouriez). L’ascension sociale de sa famille est liée au service de l’Église (de l’abbaye Saint-Josse des Bois, à Dommartin, en particulier), au point que seuls les cadets sont orientés vers la carrière administrative, et uniquement après le rattachement de la région à la France en 1659.

Son enfance est marquée par les conséquences, catastrophiques à Hesdin, de la guerre de Succession d’Espagne : les passages des armées françaises et des réfugiés entraînent famines et épidémies en 1709-1710 ; une de ses sœurs et sa mère meurent entre février et août 1711. À l’automne, après avoir sans doute terminé sa rhétorique au collège jésuite de la ville, Antoine-François est envoyé par son père au collège d’Harcourt, à Paris, puis devient pensionnaire au noviciat jésuite de la rue du Pot-de-Fer. Mais il s’engage comme soldat au début de 1713 : la paix d’Utrecht, en avril, clôt peu après sa tentative. Il séjourne sans doute en Hollande, puis revient en France en 1716, à la faveur de l’amnistie ; le 11 mars 1717, il reprend son noviciat chez les jésuites et est envoyé comme élève en première année de philosophie au collège de La Flèche : mais il s’engage une nouvelle fois, à la fin de 1718, pour la guerre franco-espagnole, disparaît à la fin du conflit en juin 1719, et se réfugie l’année suivante chez les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur à Jumièges, où il fait sa profession de foi le 9 novembre 1721. Il passe dès lors sept ans dans diverses maisons de l’ordre en Normandie, et fait paraître anonymement un roman satirique, Les aventures de Pomponius, chevalier romain (1724).

Un homme de lettres et de voyages

Envoyé en 1727 au monastère de Saint-Germain-des-Prés à Paris pour y mener des travaux historiques, il collabore à l’écriture de l’ouvrage collectif des Bénédictins, la Gallia Christiana. C’est à cette période qu’il rédige les Mémoires et avantures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde, roman dont les premiers tomes sont publiés en 1728.

Fâché avec son abbé, Prévost s’enfuit du monastère parisien, se cache et se consacre à l’écriture. Frappé en conséquence d’une lettre de cachet, il se réfugie à Londres où il vit grâce aux revenus que lui procurent les tomes III et IV de ses Mémoires et au poste de professeur particulier qu’il occupe. Il met surtout à profit ce séjour pour approfondir ses connaissances en histoire et langue anglaises. Mais il doit repartir en Hollande dès l’automne 1730.

En 1731-1732, à Utrecht, il fait paraître les quatre premiers tomes du roman Le Philosophe anglois ou Histoire de Cleveland, fils naturel de Cromwell. Ayant pris le nom de Prévost "d’Exiles" par allusion à ses multiples déplacements, il se plonge dans la traduction de l’Historia sui temporis de Jacques-Auguste de Thou. Criblé de dettes, il regagne Londres en janvier 1733. Il a publié en parallèle la suite en trois volumes des Mémoires et aventures d’un homme de qualité, dont le dernier relate les Avantures du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, inspirées vraisemblablement de sa propre vie. Saisi par la justice à la fin de l’année, ce roman provoque un scandale mais rencontre un véritable succès auprès du public français ; une édition complétée en sera donnée en 1753. Au printemps de 1733, l’abbé Prévost a créé le Pour et Contre, revue consacrée à la connaissance de la littérature et de la culture anglaises, qu’il continue à éditer de façon presque ininterrompue jusqu’en 1740.

Retour en France

Brièvement emprisonné pour escroquerie, il rentre en France au début de 1734, obtient le pardon du pape pour son apostasie et négocie son admission à l’abbaye Notre-Dame de La Grainetière en Vendée. Il effectue en 1735 un second noviciat de quelques mois au monastère de La Croix-Saint-Leufroy, près d’Évreux. Il y rédige un autre roman, Le Doyen de Killerine (achevé en 1739), avant de devenir l’aumônier du prince de Conti au début de 1736. Toujours à court d’argent (et tout en devant quitter Paris pour Bruxelles et Francfort, en 1741-1742, à la suite d’articles jugés scandaleux), il écrit les derniers tomes de Cleveland et se consacre à la rédaction de livres d’histoire, de romans, de récits de voyages ou de biographies : on peut citer, entre autres, l’Histoire d’une Grecque moderne (1740) et la monumentale Histoire générale des voyages en quinze volumes (1746-1759), ou la traduction des romans de Samuel Richardson, Lettres angloises ou histoire de Miss Clarisse Harlove (1751) et Nouvelles lettres angloises, ou histoire du chevalier Grandisson (1755-1758).

Vers 1760, le prince de Condé le charge d’écrire l’histoire de la maison de Condé et de Conti. Pour ce faire, l’abbé Prévost s’installe à Saint-Firmin, près des archives de Chantilly. Il meurt en 1763 d’une crise d’apoplexie en forêt de Chantilly, au retour d’une visite aux bénédictins de Saint-Nicolas-d’Acy.

Bibliographie

  • Éric Leborgne, Bibliographie de Prévost d’Exiles, Paris, Memini, 1996
  • Henri Roddier, L’abbé Prévost : l’homme et l’œuvre, Paris, Hatier-Boivin, 1955
  • Jean Sgard, Vie de Prévost (1697-1763), Québec, Presses de l’Université Laval, 2006
  • Alain Singerman, L’Abbé Prévost : l’amour et la morale, Genève, Droz, 1987
  • Œuvres de Prévost, sous la direction de Jean Sgard aux Presses universitaires de Grenoble, 8 volumes, 1977-1986

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