Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 décembre 2018 - 18h04
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26 septembre 1828 : naissance de René Goblet

Le 26 septembre 2018

Journaliste et homme politique français, René-Marie Goblet est né le 26 septembre 1828 à Aire-sur-la-Lys.

Avocat et journaliste, il se lance en politique

Après des études de droit, il s’inscrit en décembre 1850 comme avocat au barreau d’Amiens, ville où son père est installé depuis peu. Sa réussite professionnelle est rapide : il plaide aussi bien aux assises qu’au civil, lors de procès de presse ou de droit commun, pour des opposants républicains comme pour des gens d’origine modeste. Il ne milite pas à cette époque, mais ne cache pas pour autant ses convictions républicaines, en refusant notamment plusieurs postes dans la magistrature pour ne pas prêter serment à l’Empereur.

C’est à la fin des années 1860 qu’il se lance véritablement en politique, en contribuant au regroupement du parti républicain dans la Somme, et en participant, comme journaliste, à la fondation du Progrès de la Somme, organe libéral et démocratique. Après le 4 septembre 1870, il accepte les fonctions de procureur général près la cour d’appel d’Amiens. Il entre ensuite au conseil général de la Somme, puis au conseil municipal d’Amiens, dont il devient le maire entre 1876 et 1879. Élu député de la Somme le 2 juillet 1872, il privilégie dès lors sa carrière nationale. Battu dans la 2e circonscription d’Amiens le 20 février 1876, il l’emporte dans la 1re après la dissolution (14 octobre 1877) et siège à la Chambre sans discontinuer jusqu’en 1889 : il est un républicain de stricte obédience mais surtout un défenseur déterminé de la souveraineté populaire et des libertés publiques. Son poste de sous-secrétaire d’État à la Justice, entre février et décembre 1879, n’altère en rien ses convictions, et il fait même preuve dans les années suivantes d’un libéralisme récurrent, en rapportant par exemple la loi d’amnistie des communards en 1880 ou en s’opposant à la suspension de l’inamovibilité des magistrats. Réticent à l’égard des deux hommes forts du moment, il désapprouve le ministère Gambetta sans toutefois voter contre lui, et mesure son soutien à Jules Ferry avant de s’opposer à lui et de prendre une part active à sa chute.

Ministre, il porte de grandes réformes, notamment de l'enseignement

Il devient l’une des figures les plus en vue des années 1880. Ministre de l’Intérieur dans le cabinet Freycinet du 30 janvier au 6 août 1882, il dépose le projet de loi qui sera à l’origine de la grande réforme municipale de 1884. On le retrouve au ministère de l’Instruction publique, des Beaux Arts et des Cultes dans le premier cabinet Brisson puis dans le troisième cabinet Freycinet, soit du 6 avril 1885 au 10 décembre 1886. Dans ce cadre, et à défaut d’avoir réussi à convaincre le législateur de constituer de véritables universités, René Goblet dote les facultés d’un statut et d’une organisation, en usage pour l’essentiel jusqu’en 1968. Mais son œuvre la plus importante demeure la préparation et le vote de la loi du 30 octobre 1886, dite loi Goblet, qui précise les structures et règles de fonctionnement de l’enseignement primaire, planifie et organise la laïcité de son personnel et permet la mise en place des premières écoles maternelles.

Le 11 décembre 1886, René Goblet est appelé à la présidence du Conseil par Jules Grévy. Sa déclaration ministérielle comporte un véritable programme de réforme, dont la promesse d’une amélioration de l’état des finances publiques. C’est d’ailleurs à l’issue d’un débat sur les projets de réforme fiscale incluant un impôt sur le revenu qu’il tombe, face à l’hostilité combinée de la droite, des alliés de Ferry et de certains radicaux. Le renversement de son gouvernement, le 18 mai 1887, permet surtout aux amis de Jules Ferry d’écarter le général Boulanger du ministère de la Guerre. Quelques mois plus tard, Goblet entre au cabinet Floquet, dont il est le ministre des Affaires étrangères du 3 avril 1888 au 21 février 1889 : il s’associe aux projets de réforme constitutionnelle du ministère, qui vont provoquer sa chute. Il s’élève cependant contre le retour au scrutin d’arrondissement et l’interdiction des candidatures multiples, justifiant durant la campagne qu’il voulait que le pays se livre à une grande bataille électorale, au lieu de se trouver enfermé dans les limites étroites des arrondissements. Lors du vote à la Chambre de la loi proscrivant les candidatures multiples, il y voit de même une atteinte à la liberté électorale, tout comme un jeune collègue venu du Tarn, Jean Jaurès.

Aux élections de 1889, Goblet doit s’incliner dès le premier tour devant le candidat du parti révisionniste, délaissé par une partie des républicains modérés qui lui reprochent ses critiques contre l’ordre social, mais aussi par une part de l’électorat ouvrier, séduit par Georges Boulanger. Il quitte alors la Somme pour la Seine où il est élu sénateur en 1891, puis député en 1893. Solidement installé à l’aile gauche du parti radical, Goblet lance quelques appels à la mouvance socialiste, nouant même des liens durables avec certaines figures notables de leur représentation parlementaire. Il entretient ainsi avec Alexandre Millerand un rapport régulier dès juin 1891, et évoquera même plus tard dans sa correspondance notre ami Jaurès.

Avec Millerand et son ancien ministre Lockroy, Goblet prend en 1891 la direction du journal La Petite République, organe important de la gauche radicale et du socialisme indépendant. Il rédige en novembre 1891, au nom des radicaux-socialistes, un manifeste où il affirme être pour la politique d’évolution, contre la politique de résistance, pour accomplir les réformes sociales qui s’imposent à notre temps. Durant la campagne électorale de 1893, il se prononce clairement pour une majorité radicale incluant les socialistes, position qui lui vaut d’être qualifié par son adversaire d’ami des révolutionnaires, des anarchistes et des sans-patrie. Au Parlement, Goblet appelle à une révision constitutionnelle pour assurer la prééminence de la Chambre sur le Sénat, dénonce le Concordat et veut réaliser la liberté d’association pour ouvrir la voie à la séparation des Églises et de l’État…

Républicain, il partage des idées avec les socialistes

Il n’a en revanche jamais envisagé d’intégrer le groupe socialiste à la Chambre, car il désapprouve leur collectivisme et leurs propos sur l’internationalisme (bien qu’il ne rejette pas toute idée d’internationalisme). Déplorant ce malentendu qui les sépare, Jean Jaurès écrit en 1905 que Goblet était dépourvu d’une pensée systématique, qu’au fond cet homme qui passait pour un doctrinaire n’avait en fait pas de doctrine… Dans les faits, Goblet s’est forgé progressivement une doctrine économique et sociale ; homme prudent, il reste attaché à la recherche d’issues pragmatiques aux problèmes rencontrés. Au cours de son passage à la tête du gouvernement, il commence à assigner un rôle important à l’État dans le fonctionnement de l’économie, et ressent dès 1885 que les difficultés de la gauche viennent pour partie de l’inadaptation du contenu de la politique soutenue alors par la majorité des dirigeants. La tourmente boulangiste l’amène en tout cas à radicaliser ses positions en matière économique : lorsqu’il remporte l’élection sénatoriale de la Seine en 1891, son programme présente un effort d’équipement de la banlieue parisienne, une démocratisation de l’administration locale, une réforme de l’impôt en faveur des classes laborieuses... Il va même jusqu’à défendre des orientations plus progressistes dans les débats en faveur d’une meilleure réglementation du travail des enfants et des femmes dans l’industrie, et milite contre les atteintes au droit syndical. Dès 1890, il se prononce de même pour une nationalisation des secteurs bancaires et miniers, préconisant que l’État assure l’exploitation des mines ou les rétrocède avec des garanties pour aboutir à une augmentation salariale des ouvriers. En octobre 1896 à Limoges, il appelle à l’union des radicaux et des socialistes pour la réalisation de réformes communes. Tout en refusant l’étatisation intégrale et la disparition de la propriété privée, il n’en mise pas moins, pour le terrain économique, sur un État fort, appuyé sur un large secteur public. Aussi, quand Jaurès dénonce à la Chambre, le 21 novembre 1893, la contradiction existant en France entre l’ordre politique républicain et l’ordre économique, Goblet salue son intervention. Fin 1893, il laisse le socialiste Millerand lui succéder à la direction de La Petite République.

Dans les années qui suivent, il maintient un contact étroit avec les socialistes, allant jusqu’à proposer un impôt sur le revenu et un impôt progressif sur les successions, qui sont évidemment refusés par la majorité. Devenu l’orateur parlementaire le plus sollicité parmi les radicaux de gauche, il dépose en 1894 un projet de loi sur la nationalisation des mines, mais il n’est là encore suivi que par 44 parlementaires. Il s’engage de manière plus ou moins consciente avec quelques figures éminentes du socialisme tout au long des années 1890, laissant deviner l’émergence d’une nouvelle organisation de la gauche, associant peu à peu les aspirations radicales et socialistes, et produisant une nouvelle synthèse républicaine qui ferait coexister une démocratie libérale et la construction d’un nouvel ordre économique et social. Le processus n’aboutit toutefois pas, et la volonté de Goblet, entre 1890 et 1898, de dépasser le clivage entre République et socialisme ne l’emporte pas.

Déjà âgé et éloigné des assemblées parlementaires (il est battu lors des législatives de 1898), Goblet n’a plus en main les meilleurs atouts pour contribuer à son succès, même si son rôle politique n’est pourtant pas encore achevé. Il fait campagne contre la politique nationaliste et est en 1901 l’un des organisateurs du congrès sur la réforme et l’organisation du parti républicain, radical et radical-socialiste. Lors de l’allocution qu’il prononce le 21 juin 1901 en qualité de président de séance, il donne à cette première journée du congrès fondateur une tonalité assez socialisante…

René Goblet décède à Paris le 13 septembre 1905, à l’âge de 77 ans.

Pour en savoir plus

Renaud Quillet, "À la recherche de la République sociale : René Goblet et Jean Jaurès", dans Cahiers Jaurès, 174, 4e trimestre 2004, p. 55-73.

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