Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 19 décembre 2018 - 10h47
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3 janvier 1917 : décès du docteur Henri-Émile Sauvage, conservateur du Musée de Boulogne

Le 3 janvier 2018

Passionné de sciences naturelles, Henri-Émile Sauvage consacre sa vie à l'étude des fossiles et des richesses piscicoles - notamment le hareng - de Boulogne-sur-Mer. Scientifique érudit puis conservateur du musée communal respecté, il contribue au rayonnement des ressources naturelles de sa ville natale.

Les fossiles du Boulonnais

Né le 22 septembre 1842 à Boulogne-sur-Mer, Henri-Émile Sauvage est reçu docteur en médecine à la faculté de Paris en 1869. Il exerce comme médecin aide-major durant la guerre de 1870.

À peine libéré de ses obligations militaires, il reprend des études de sciences naturelles. Son activité scientifique débute par des recherches sur les fossiles du Boulonnais : entré le 7 février 1866 à la société académique de Boulogne-sur-Mer, il publie dans le tome II des Mémoires une synthèse sur les "Poissons fossiles des formations secondaires du Boulonnais", illustrée par quatre planches de dessins réalisées par son ami Ernest Hamy. En 1872, alors qu’il travaille au Muséum de Paris sans poste officiel, il fait paraître dans le tome III une "Description de quelques espèces nouvelles de l’étage bathonien du Bas-Boulonnais", agrémentée cette fois de six planches présentant cinquante et une espèces nouvelles. Une partie de ces fossiles se trouvaient au musée de Boulogne.

Aide-naturaliste au Muséum de Paris

Reconnu comme un scientifique de talent, il entre officiellement comme aide-naturaliste au Muséum de Paris en 1874. Attaché à la chaire d’ichtyologie, il s’occupe principalement de poissons et de fossiles, mais aussi de reptiles du monde entier. Il s’intéresse à l’exploration scientifique des colonies françaises d’Afrique et d’Asie et publie entre autres Madagascar : histoire naturelle des poissons, ouvrage de 560 pages avec 63 planches en couleur, dont la bibliothèque municipale de Boulogne conserve un exemplaire dédicacé.

Chargé de mission en 1882 par le ministère de l’Agriculture, pour étudier la pêche en Hollande, il en tire un rapport traitant aussi bien du matériel que des méthodes de pêche pour chaque espèce, avec une analyse toute particulière du hareng, poisson qui se prête couramment à la conservation grâce à la salaison et au fumage. De ses visites dans les principaux ports de pêche anglais, il consigne un exposé complet de ce qu’il a vu ou entendu, et observe en particulier l’organisation économique de la pêche anglaise, tant du point de vue de la prise que de la vente.

C’est ainsi qu’il attire l’attention des services publics sur le prix exorbitant du transport ferroviaire du poisson de mer, coût qui bloque le marché intérieur et freine considérablement l’expansion du port de Boulogne-sur-Mer. Il préconise dès lors diverses transformations techniques et commerciales de la pêche boulonnaise, afin de développer la pêche de poisson frais et écarter progressivement le poisson à fumer ou à saler.

Station aquicole de Boulogne-sur-Mer

Toujours désireux d’attirer l’attention du monde scientifique sur sa région, il crée, avec le soutien du sénateur Auguste Huguet, la station aquicole de Boulogne-sur-Mer [note 1], un laboratoire qu’il dirige de 1883 à 1895. En 1888, il utilise les diverses études réalisées par son équipe pour faire le point sur le hareng. Soulignant sa valeur nutritive, il cherche les moyens de rentabiliser l’utilisation de ses déchets et d’améliorer son industrie. Il produit également des cartes de zones de pêche du hareng, du maquereau et de la morue. En 1892, il décide en outre d’éditer Les Annales de la station aquicole de Boulogne-sur-Mer, une revue qui paraît jusqu’en 1914.

Conservateur du musée de Boulogne-sur-Mer

Cette activité intense n’empêche pas Henri-Émile Sauvage de poursuivre des travaux d’histoire naturelle pure. Secrétaire perpétuel de la société académique de l’arrondissement de Boulogne depuis 1883, il est nommé l’année suivante conservateur du musée général, installé Grande rue, et du musée industriel, situé rue d’Artois. En 1895, il quitte la station pour devenir conservateur à temps plein. Comme tout ou presque reste à faire, il catalogue et numérote plus de 50 000 objets pour le musée général et 10 000 pour le musée industriel.

Sous son autorité, le musée de Boulogne devient l’un des tous premiers musées de France et suscite les éloges des scientifiques réunis à Boulogne-sur-Mer en 1899, lors du congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences. Cette installation définitive au musée va de pair avec la publication de nombreux articles traitant de la période gallo-romaine dans les Bulletins de la société académique.

La guerre et l’invasion allemande marquent fortement Henri-Émile Sauvage. À la retraite depuis le 1er janvier 1916, il meurt le 3 janvier 1917. Président ou membre de nombreuses associations scientifiques françaises et étrangères, il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur, chevalier du mérite agricole, chevalier de l’ordre du Christ du Portugal et de l’ordre d’Isabelle la Catholique.

 

Note

[note 1] La station aquicole de Boulogne fut fondée en 1883 et édifiée boulevard de Châtillon, en plein quartier de Capécure, au cœur de l'activité portuaire des pêches boulonnaises. C'était la première station française de ce type, entièrement consacrée à la recherche scientifique et technique appliquée à la pêche et destinée à "travailler par tous les moyens au progrès des pêches" du premier arrondissement maritime de France.
Pour cela, la ville de Boulogne-sur-Mer et la chambre de commerce locale avaient uni leurs efforts et avaient financé chacune pour moitié cette innovante réalisation. Une fois construite, la station aquicole fut remise au ministère de l'Agriculture qui l'administra et le dota d'un budget annuel. En outre, une subvention destinée à l'exécution des recherches en mer fut régulièrement accordée à l'établissement par le ministère de la Marine.  

Jean-Pierre Minet et Jean-Paul Delpech, "Un siècle de recherche halieutique française en Manche et en Mer du Nord à partir de Boulogne-sur-Mer", La pêche en Manche et Mer du Nord et l'histoire maritime (18ième et 20ième siècle), [colloque, Boulogne-sur-Mer, 18, 19 et 20 mai 1995], Dunkerque, Cahiers du littoral, n° hors série, 1998.

Bibliographie

  • Le Télégramme des 5 et 9 janvier 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/27 ;
  • J.-P. MINET et J.-P. DELPECH "Un siècle de recherche halieutique française en Manche et en Mer du Nord à partir de Boulogne-sur-Mer", Laboratoire de Ressources Halieutiques IFREMER de Boulogne-sur-Mer - Colloque "La pêche en Manche et Mer du Nord et l'histoire maritime, 18ième et 20ième siècle", Boulogne-sur-Mer, les 18, 19 et 20 mai 1995 ;
  • A. VADET, "Un grand naturaliste méconnu dans sa propre ville", Bulletin de la Société Académique du Boulonnais, Tome premier. 4ième trimestre 1985.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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