Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 13 novembre 2018 - 02h16
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3 juillet 1846 : décès d’Alexis Hallette, fondateur de l’une des premières usines de construction de locomotives

Le 3 juillet 2018

Des débuts hésitants

Alexis Hallette est né à Lille le 14 avril 1788. Son grand-père, Jean-Baptiste Hallette (1720-1780), était médecin et échevin d’Hesdin ; son père, Célestin Hallette (1765-1818), était avant la Révolution un notable, fabricant de fils retors. Ruiné à la suite du bombardement de Lille, il avait monté une fabrique de tresses en fil pour passementerie de lacets. C’est donc au milieu de ces machines et de la mécanique que grandit le jeune Alexis et qu’il entreprend son apprentissage dès l’âge de douze ans. Le métier ne lui convenant pas, il entre à la manufacture de porcelaine de Lille, où il devient un dessinateur habile. Peu épanoui dans cet univers, il envisage d’embrasser une carrière militaire sur les conseils d’une tante, sœur du maréchal Mortier. Projet qu’il abandonne très vite au profit d’un emploi à la manufacture royale de porcelaine de Sèvres, où il gagne trois cents francs par mois, somme considérable pour l’époque. Élève de David, il doit renoncer à une carrière artistique faute de moyens financiers et en raison d’un problème de vue ; il regagne l’entreprise familiale pour y surveiller les ateliers le jour et étudier la statique, la mécanique, la géométrie et le dessin la nuit.

Il met à profit ses connaissances pour réussir quelques combinaisons mécaniques dans l’atelier familial, entreprend quelques travaux en Belgique, puis se rend à Arras pour la reconstruction du moulin de Louez-lès-Duisans : il s’y installe définitivement par son mariage avec Émilie Bacqueville en 1812.

Précurseur de l'industrie moderne

Alexis Hallette, qui a enfin trouvé sa voie, s’associe à Crespel-Delisse en concevant et en réalisant les machines nécessaires à la première fabrique de sucre de betterave installée en 1810 à Arras. Grâce aux modifications et améliorations qu’il y apporte, cette fabrique servira de modèle en France et en Europe. Précurseur de l’industrie moderne, il va dès lors afficher ses aptitudes dans la recherche appliquée à l’énergie vapeur, et perfectionner bien d’autres machines dans des domaines très variés (chaudière à cuire, presse hydraulique pour les moulins à huile, bateau-dragueur pour le port de Sète, machine à vapeur cylindre oscillant pour le canal de Saint-Valéry).

En 1814, la Restauration ouvre de nouveau la route de l’Angleterre aux Français. Alexis Hallette avait recruté parmi ses premiers ouvriers des prisonniers anglais détenus à la citadelle d’Arras et s’était rendu compte de l’avance industrielle de cette nation sur le reste du continent. Il décide d’en visiter les principaux ateliers et revient d’Angleterre avec de précieuses informations. Son atelier arrageois devenu trop limité, il monte en 1815 une usine beaucoup plus moderne à Blangy-lès-Arras. Ses études pour le perfectionnement des formes de moulin à huile et les sondages de puits artésiens qu’il dirige rencontrent un véritable succès. Les affaires de l’entreprise Hallette connaissent un tel essor que ses nouveaux ateliers deviennent à leur tour insuffisants : en 1820, il revient s’installer rue Baudimont à Arras. C’est là qu’il reçoit en 1827, des mains de Charles X, la légion d’honneur en reconnaissance des services rendus à la Nation.

Perfectionnements de la locomotive de Stephenson

Alexis Hallette est un proche de Marc Seguin (neveu de Joseph de Montgolfier, et créateur du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon), et leurs échanges sont suivis. C’est ainsi qu’en janvier 1827, il lui présente un projet de chaudière tubulaire pour ses bateaux à vapeur du Rhône. Il s’intéresse de même aux "railways". Aussi, lorsque les deux premières locomotives construites par Stephenson arrivent en 1828 sur le sol français, l’une est confiée à l’examen de Seguin sur Lyon, l’autre à celui d’Alexis Hallette à Arras. Alors que Seguin met au point une chaudière tubulaire qui décuple la production de vapeur, Hallette s’engage dans une autre voie. Trois systèmes de locomotion sur rail coexistent alors, les systèmes tractif (des machines à vapeur fixes tirant les wagons par câble), locomotif et atmosphérique. Ce dernier comprend un tube de 0.50 mètre de diamètre, placé entre les rails, à l’endroit où se trouve un piston devant lequel on fait le vide et qui se déplace grâce à la pression atmosphérique ; le piston est relié à l’essieu du wagon par une tige de fer qui coulisse par une ouverture longitudinale ménagée dans la partie supérieure du tube. Après huit ans de recherche, en 1843, Alexis Hallette découvre comment conserver l’herméticité de l’ouverture donnant accès à la tige : il munit de lèvres artificielles les rebords parallèles du tube propulseur. Une commission d’experts conclut à la supériorité du système atmosphérique qui supprime, dans le convoi, la moitié de son poids constitué par la locomotive et le tender, et qui réduit les risques d’incendie aussi bien que le coût du chemin de fer.

Il faut dix ans pour que sortent des ateliers Hallette les premières locomotives pour la Compagnie du Nord : Alexis Hallette les a nettement améliorées par le rapprochement des cylindres, évitant ainsi le mouvement de lacet si désagréable sur les premiers chemins de fer. Se limitant au début à la fourniture de pièces détachées, il réaménage ses ateliers en 1842 pour y produire une douzaine de locomotives par an, vendues 48 000 francs pièce (la première est d’ailleurs testée à Arras le 3 août 1845). Mais il ne néglige pas pour autant son industrie et il sort également de ses ateliers trois transatlantiques en 1845 : le Groenland, le Panama et le Montezuma. Dès 1846, le ministère de la Marine lui passe plusieurs commandes, tout comme la Compagnie de chemin de fer du Nord qui lui confie la construction de wagons.

"Ateliers de construction Hallette et Cie"

En 1846, ce ne sont pas 300 mais 800 ouvriers qui travaillent dans ses ateliers. Aussi, pour assurer la pérennité de son entreprise et lui donner une assise financière plus solide, paraît aux Annonces légales l’acte de société des "Ateliers de construction Hallette et Cie" au capital de quatre millions de francs et dont la gérance est assurée par son fils Alfred. C’est auprès de ce dernier que la compagnie de Montereau à Troyes passe commande de seize locomotives à vapeur et de dix tenders pour l’exploitation de sa ligne. L’une d’elle, une locomotive à une seule roue motrice qui a roulé de 1848 à 1871, la Sézanne, est toujours conservée au musée du chemin de fer de Mulhouse.

Détaché des aspects financiers de son entreprise, Alexis Hallette se consacre de nouveau au chemin de fer atmosphérique et part à Londres où l’application de son système de tube propulseur est expérimentée sur une ligne construite par une société anglaise qui voulait acheter son brevet. C’est un véritable succès et Hallette est consacré par les ingénieurs les plus distingués d’Angleterre.

Mais il meurt le 3 juillet 1846 à Hesdin au retour de son voyage. Avec lui, disparaissent les ateliers dont il est l’âme et le cerveau : Alfred, son fils, n’a semble-t-il pas hérité du génie de son père. La société tombe en liquidation fin 1847. Malgré de nombreuses interventions politiques dont une pétition sollicitant l’intervention du ministère, la vente du matériel commence dès lors, puis celle des terrains.

Pour en savoir plus

  • Anne Callite, Alexis Hallette (1788-1846), Histoire d’un constructeur de machines au XIXe siècle. Mémoire de maîtrise préparé sous la direction d’Odette Hardy, Université Charles de Gaulle-Lille 3, 1990
  • Anne Callite, Alexis Hallette, ingénieur et industriel en Artois, 1788-1846, Roubaix, éditions Geai Bleu, 2003
  • René Durant, "Un précurseur de la grande industrie moderne : Alexis Hallette (1788-1846)", Le Nord industriel, spécial du 3 avril 1931
  • Pascale Bréemersch et Jean-Michel Decelle, Le chemin de fer dans le Pas-de-Calais des origines à 1914, Arras, Archives départementales du Pas-de-Calais, 1993

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