Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 décembre 2018 - 18h09
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7 février 1842 : naissance d'Alexandre Ribot

Le 7 février 2018

Parmi les présidents du Conseil de la IIIe République, Alexandre Félix Joseph Ribot est sans doute le plus méconnu du grand public. Sa carrière parlementaire et ses multiples responsabilités ministérielles en font pourtant l’un des personnages les plus importants de son époque.

Responsable national de premier plan, Alexandre Ribot a aussi été pendant près de cinquante ans un acteur majeur de la vie politique du Pas-de-Calais, département dont il a été le député presque sans interruption entre 1878 et 1909, avant d’être élu au Sénat. Il a également été conseiller général du canton de Saint-Omer Sud entre avril 1895 et juillet 1901.
Les trois années passées au ministère des Finances de 1914 à 1917 lui confèrent, en cette période de commémoration de la Première Guerre mondiale, un intérêt tout particulier.

Une carrière tournée vers la justice

Né le 7 février 1842 à Saint-Omer, fils de Zoé Adélaïde Joseph, née Leducq, et d’Alexandre Joseph Rémy Ribot, propriétaire et négociant aisé, Alexandre Ribot part à Paris en 1857 pour poursuivre sa scolarité au lycée Bonaparte. Reçu docteur en droit en 1864, il est inscrit au barreau de Paris, devient secrétaire de la conférence des avocats puis entre dans la magistrature le 2 mars 1870, comme substitut au tribunal de la Seine. Il assure par ailleurs le secrétariat puis la présidence de la Société de législation comparée.

Débuts en politique

C’est dans le salon du père de son ami Duvergier de Hauranne, un haut lieu de l’opposition libérale, qu’il rencontre Adolphe Thiers. Il fait ses premiers pas en politique en participant à la campagne électorale de ce dernier en 1869, puis passe au service de son garde des Sceaux Jules Dufaure, comme directeur des affaires criminelles. Élu député de Boulogne-sur-Mer comme républicain modéré en 1878, il est conseiller de Dufaure, avec lequel il lance en 1879 Le Parlement, le journal de la République libérale.

Membre de la Commission du budget pendant plusieurs années, Ribot se distingue dès 1882 lorsqu’il rapporte le projet budgétaire du ministre des Finances Léon Say en faveur du vote des crédits égyptiens, puis en 1883 et 1884 lorsqu’il soutient les crédits réclamés par Jules Ferry pour ses expéditions tonkinoises.

Distingué de la masse des parlementaires par sa maîtrise financière, Alexandre Ribot se réserve le ministère des Finances lorsque Félix Faure, nouveau président de la République, lui demande de former un gouvernement en janvier 1895. Ses interventions éclairées devant la Chambre, comme celle du 8 juin 1895 lorsqu’il livre un historique détaillé et précis de l’impôt sur les boissons, marquent les débats budgétaires des dix mois d’existence du cabinet Ribot, et attestent de sa réelle capacité à se poser en pédagogue des questions fiscales ou économiques. Lorsqu’il revient aux Finances vingt ans après et fait un long exposé sur la situation financière de la France en décembre 1914, Ribot est applaudi par la Chambre sur tous les bancs.

Un chef du gouvernement aux idées bien arrêtées

En tant que chef de gouvernement, Ribot est intransigeant face aux mouvements sociaux de 1895 : le 30 mars, il refuse toute concession aux ouvriers grévistes des manufactures d’allumettes, se prononce à Bordeaux le 11 mai contre le syndicalisme, qu’il considère comme un instrument d’agitation politique et de guerre civile, et multiplie de juillet à octobre les brimades policières contre les grévistes de Carmaux. On retrouve ce même conservatisme sur les questions fiscales lorsqu’il s’élève le 10 juillet 1894 contre le projet d’impôt sur le revenu proposé par Cavaignac, qu’il qualifie d’ antidémocratique, dangereux, et surtout contraire aux traditions libérales du pays.

En avril 1895, il affirme que le meilleur service qu’on puisse rendre à la démocratie, c’est de lui faire de bonnes finances, de lui dire la vérité et de ne pas la tromper en lui laissant croire qu’elle a des ressources infinies », et il dénonce « la politique de l’imprévoyance qui grèvera les budgets futurs.
En juillet 1896, il refuse le projet d’un impôt sur la rente, estimant qu’il représente un danger pour le crédit public. Le 17 février 1914, il prononce au Sénat un discours-fleuve contre le projet d’impôt sur le revenu et le double langage de Caillaux, exprimant clairement son opposition au système de déclaration obligatoire ainsi qu’aux projets d’impôt sur le capital et la transmission. S’il admet le 25 février qu’une réforme fiscale est souhaitable, il la veut progressive et fragmentaire. Jusqu’à la veille de la guerre, Ribot figure parmi les opposants au projet d’impôt sur le revenu, même si son opposition prend désormais des formes plus nuancées. Le 2 juillet 1914, il répète au Sénat que nous ne devons pas avoir de repos tant que nous n’aurons pas fait le nécessaire pour rétablir l’équilibre. Mais cette fois, avec une guerre qui se profile, de nouveaux paramètres vont entrer en jeu.

Financer la guerre

Nommé le 26 août 1914 au ministère des Finances dans le deuxième cabinet Viviani, Ribot qui a déjà 72 ans n’est pas vraiment le mieux armé pour affronter cette situation exceptionnelle. Financer la guerre, telle est la mission de cet homme choisi au nom de l’unité nationale, de sa modération et de la confiance qu’il inspire au monde des affaires, un atout non négligeable dans cette conjoncture difficile.

Pour assumer les choix imposés par les opérations militaires et par l’effort de réarmement, Ribot oriente rapidement la quasi-totalité de l'épargne disponible vers le Trésor public. La première émission des bons de la Défense nationale à 4 % intervient le 13 septembre 1914 ; le 10 février 1915, une loi autorise le relèvement à 3,5 milliards de francs de la limite d'émission des bons du Trésor ; le 31 mai 1916, une autre loi restreint le droit des sociétés à émettre des valeurs mobilières pendant la durée des hostilités ; le 15 septembre 1916, enfin, est émis le premier emprunt de la Défense nationale, en rentes 5 % exemptées d'impôt et non remboursables avant 1931. Des prêts étrangers doivent aussi être négociés, aux États-Unis notamment.

Alexandre Ribot contribue surtout à la mise en place de l'économie de guerre par :

  • le séquestre des biens ennemis assuré par les domaines,
  • l'octroi de la garantie de l'État en matière d'assurance contre les risques maritimes de guerre,
  • la législation sur l'indemnisation des dommages de guerre ou
  • le blocage partiel des prix des denrées alimentaires.

Il est aussi à l’initiative de la mise en œuvre des prohibitions de sortie de nombreux produits comme l'or et les machines-outils dès juillet 1915, la mise en recouvrement de la contribution extraordinaire sur les bénéfices de guerre dont le principe a été acquis par la loi du 1er juillet 1916, et par l'instauration du régime économique de l'alcool avec la loi du 30 juillet 1916.
C’est aussi la première année de recouvrement de l'impôt général sur le revenu en France et l’apparition du nouveau formulaire de déclaration. Alexandre Ribot fait aussi préparer et adopter la loi du 13 mars 1917, organisant le crédit aux petites et moyennes entreprises du commerce et de l'industrie, loi qui va permettre la naissance des banques populaires.

La politique de guerre de Ribot, ce sont en fait ses conseillers qui la suggèrent, Alfred Neymarck, Octave Homberg ou Édouard de Rothschild. Dans la conjoncture troublée des années de guerre, il fallait un homme de négociation et de consensus. C’est ainsi que ce vieux libéral, hostile aux dépassements budgétaires comme à la fiscalité redistributrice, s’est plié aux contraintes de l’économie de guerre et du rapport des forces politiques.

Rétablir l'équilibre budgétaire

L’épreuve de la guerre n’a pour autant pas eu raison de ses principes. C’est ce qui ressort de ses discours au Sénat en mai 1919 et lors d’une conférence aux anciens élèves de l’École libre des sciences politiques en 1922. L’équilibre budgétaire doit être rétabli, en restreignant les dépenses publiques et en évitant tout gaspillage. Il propose en conséquence de diminuer le nombre de fonctionnaires, de restaurer la rigueur financière, de réduire de 1 % l’intérêt des bons de la Défense nationale et de rembourser graduellement la Banque de France. L’État doit rentrer dans ses limites, "déjà singulièrement élargies" avant guerre.

Redevenu président du Conseil et ministre des Affaires étrangères le 20 mars 1917, il démissionne le 12 octobre de la même année, à la suite d’un comité secret de la Chambre dans lequel ont été discutées les tractations relatives à une proposition de paix avec l’Autriche. Réélu sénateur le 20 janvier 1920, il siège activement au sein de la commission des Affaires étrangères. Il meurt le 13 janvier 1923 à Paris.

Alexandre Ribot a été reçu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1903, puis appelé en 1906 à l’Académie française, en remplacement du duc d’Audiffret-Pasquier. Il laisse un témoignage de sa longue et périlleuse expérience gouvernementale dans une autobiographie publiée en 1924 et intitulée Lettres à un ami. Souvenirs de ma vie politique. À son décès, il lègue à la ville de Saint-Omer sa maison, sise Enclos Notre Dame, près de la tour de la cathédrale (cette maison abrite aujourd’hui les services du Conseil départemental du Pas-de-Calais). La ville a donné le nom d’Alexandre Ribot à la place de la poste et au lycée principal de la ville, rue Gambetta. Le square du Vainquai accueille son buste en place et lieu de la statue de Jacqueline Robins, fondue par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale.

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Bibliographie

  • Institut de France. Académie française. Discours prononcés dans le séance publique tenue par l'Académie française pour la réception de M. Alexandre Ribot le jeudi 20 décembre 1906. (Discours de M. Alexandre Ribot et réponse de M. Paul Deschanel), Paris, Firmin-Didot, 1906. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHD 421/6 ;
  • V. DESRUMAUX, "Alexandre Ribot, parlementaire du Pas-de-Calais (1842-1923)", Revue du Nord, t. 72, n° 288, 1990. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHB 4778 ;
  • R. MULLER, "Entre ancrage local et ambition nationale : Alexandre Ribot ou l'enracinement d'un député (1878-1909)", Histoire et sociétés rurales, n° 29, Association d'Histoire des Sociétés Rurales, 2008. Archives départementales du Pas-de-Calais, PB 385/16 ;
  • Fonds Alexandre Ribot, sous-série 563 AP des Archives nationales, couvrant aussi bien les années de formation que la carrière de magistrat et de politique, la correspondance politique et familiale ou son rôle pendant la Grande Guerre.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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