Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 24 septembre 2017 - 19h43
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Les Archives du Pas-de-Calais (Aller à l'accueil)

Pour pouvoir visualiser l'animation, vous devez télécharger le plugin Adobe Flash Player.

Archives en ligne Documents numérisés

Instruments de recherche

Accès direct :

Deux adresses :

Centre Mahaut-d'Artois
Archives anciennes et modernes (dont registres paroissiaux et d'état civil)
1, rue du 19 mars 1962
62000 DAINVILLE
FRANCE
Tél. : +33 (0)3 21 71 10 90
Du lundi au vendredi, de 9h00 à 17h00

Centre Georges-Besnier
Archives contemporaines, presse
12, place de la Préfecture
62000 ARRAS
FRANCE
Le lundi et mardi, de 9h00 à 17h00
Attention : En raison d'une défaillance technique, ce site est momentanément indisponible aux personnes à mobilité réduite

Plans d'accès

Nous envoyer un courriel

Flux RSS

Vous êtes dans : Archives > Anniversaires > 8 janvier 1849 : naissance d’Edmond Edmont

8 janvier 1849 : naissance d’Edmond Edmont

Le 8 janvier 2017

L’un des historiens du Pas-de-Calais les plus reconnus de son temps, Edmond Edmont, est né le 8 janvier 1849 à Saint-Pol-sur-Ternoise.
Fils d’un pâtissier de Saint-Pol, Benoît-Henri-Grégoire Edmont, et de Joséphine Adèle Désirée Wiet, originaire de Ramecourt, il a grandi rue des Marchands.

Élève au collège communal, il complète ses connaissances en latin auprès d’un prêtre, proche de la famille.
Il s’intéresse très tôt au dialecte picard et ses travaux philologiques sont couronnés par l’Académie d’Arras en 1879 pour une Légende de l’église de Saint-Michel, qu’il écrit en vers patoisants, et en 1883 pour une première esquisse d’un Dictionnaire du patois de Saint-Pol.

Amoureux du dialecte picard

Il collabore à de nombreux périodiques, dont L’Abeille de la Ternoise de 1883 à 1925 ; il y signe en particulier chaque semaine, à partir de mai 1903, un texte ou une chronique en picard, Par chi par lo.

Inscrit par Gaston Paris en 1887 à la société des Parlers de France, il publie sous son égide de 1887 à 1897, dans la Revue des patois gallo-romans, la première partie d’un Lexique saint-polois (1897), auquel s’ajoute une étude sur les Noms propres saint-polois (1890) ; ces travaux sont récompensés le 24 novembre 1898 par l’attribution du prix Chavée de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Atlas linguistique de France

Distingué pour ses multiples travaux, il est contacté par Jules-Louis Gilliéron, alors professeur et directeur-adjoint de l’École pratique des hautes études, qui lui demande de participer à l’élaboration de l’Atlas linguistique de la France.

Durant trois ans, de 1897 à la fin de 1901, il parcourt la France, l’Alsace, les vallées françaises du Piémont et les îles normandes, la Belgique wallonne et la Suisse romande, et enquête sur les locutions ou mots usuels de ces régions. Il fait de même en Corse en 1911.
L’atlas linguistique, le premier à avoir été mis en chantier, paraît entre 1902 et 1910.

Récompensé par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il est l’œuvre la plus importante d’Edmond Edmont et celle qui fera sa célébrité. L’ensemble des 992 cahiers de notes sur la langue, l’histoire, la géographie et le folklore des régions traversées seront confiés à la Bibliothèque nationale de France (nouvelles acquisitions françaises 11971-12030).

Travailleur acharné, Edmond Edmont continue sa vie durant à collectionner les ouvrages consacrés à l’histoire de la région, à fouiller les archives de la ville de Saint-Pol-sur-Ternoise et les fonds des archives du Pas-de-Calais ou des départements voisins.

Il publie ainsi, en 1910, une Galerie ternésienne ou dictionnaire biographique des personnages les plus remarquables de l’ancien comté de Saint-Pol ou de l’arrondissement actuel de ce nom, tiré-à-part de ses articles parus à partir de mai 1896 dans L’Abeille de la Ternoise.

Engagement communal

Conseiller municipal de Saint-Pol à partir de 1888, il classe et dresse un inventaire sommaire des archives communales, en réorganise le musée et met à jour le catalogue de la bibliothèque. Au poste de deuxième adjoint le jour de la mobilisation en août 1914, il se voit obligé de remplir les fonctions de maire en l’absence du député Roden. Il est élu maire de Saint-Pol le 10 décembre 1919.

Membre de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, Edmond Edmont explore l’histoire et le patrimoine des villages des cantons de Saint-Pol et d’Heuchin pour en rédiger l’épigraphie. C’est le 22 janvier 1926, jour de son décès, que les épreuves de ses notices sur le canton d’Heuchin arrivent au secrétariat de la commission.

Il meurt d’une embolie et dans la quasi-pauvreté : la municipalité de Saint-Pol se charge en conséquence de régler les frais de ses obsèques ; le 2 mars, en outre, elle baptise une rue de son nom.

En 1938, elle décide de placer une pierre sur sa tombe, à la suite de la demande de l’un de ses cousins Demont. Le 21 septembre 1958, enfin, une plaque commémorative est inaugurée au 13 rue Nationale, sur la maison où a vécu l’historien. Sa sépulture est restaurée en 1984 grâce à une souscription publique, lancée avec le soutien du Cercle poétique du Ternois à l’initiative de Marcel Bayard.

Chronique en picard d’Edmond Edmont, dans L’Abeille de la Ternoise, 1er août 1903.

Transcription du picard

Par chi, par lo. Conte el froed.

À m’n idèe, mes gins, qu’ par chés temps d’ caleur
qu’i fait, un p’tit conte inglaché n’ porroèt poent
faire ed mau. Quoè qu’ ch’ en’ n’est qu’os n’in dijez ?

Bez, acoutez. L’hiver passè, quand qu’i géloèt si
fort à pierre finte, gn’avoèt un pauv’ minape ed vius
homme aveuque eune vielle buche sus s’ tête, eune
mince capote d’été tout dépichée dins sin dos, et pis
cor eune vielle maronne trauèe qu’alle alloèt dusqu’à
l’ mitan d’ ses gambes, qu’i s’ pourmânnoèt sus l’
plache d’un villache, ichi pas loin d’ Saint-Pô.

Tout d’in un cop, ech maire i vient à passer. Il
étoèt habiyé aveuque un grand mantiau à poils, qu’i
gn’avoèt seul’mint qu’el bout d’ sin nez qui dépassoèt.

Vlo qu’i chope in passant ch’ vius brimbeux qui
cantoèt comme cho tout in allant :
"Un bon bourgeois dans sa maison,
Le dos au feu, le ventre à ta… a… a… able.
— Eh ben, vous, qu’i dit monsieur l’ Maire, on
peut dire qu’os ez un bon caractèle, harnaiqué
comme oz êtes, ed cor canter comme cho.
— À cause ? qu’i dit chl homme.
— À cause ? Os n’ sintez poent comme i fait froed ?
— Bah ouaite ! Mi, j’ai mi froed.
— Quoè, os n’ez mi froed ? Mi, vêtu comme ej sus,
j’sins cor eq’cha pique à travers ed min mantiau. Jé
n’sais mor poent qu’mint qu’ chest qu’os poyez durer.
— Eh ben, qu’i li répond chl’homme, os n’ez qu’à
faire comme mi, os n’érètes poent froed.
— Quoè qu’ ch’en’ n’est qu’os faijez ? qu’i li d’mande
monsieur l’Maire.
— Bez, j’porte tout m’ gard’rope sus min dos."

Echl Echaim.

 

Traduction en français

Par ci, Par là. Contre le froid.

À mon avis, mes gens, que par ces temps de grande chaleur,
un petit conte glacé ne pourrait pas
faire de mal. Qu’en dites-vous ?

Alors, écoutez. L’hiver dernier, lorsqu’il gelait
à pierre fendre, un pauvre vieillard
avec un vieux chapeau sur sa tête, une
mince popeline d’été toute rapiécée sur son dos et
un vieux pantalon troué qui ne descendait qu’au
milieu de ses jambes, se promenait sur la
place d’un village, non loin de Saint-Pol.

Tout à coup, le maire vient à passer. Il
était habillé avec un grand manteau en fourrure, si bien
que seul le bout de son nez en dépassait.

Voilà qu’il se heurte en passant contre le vieux mendiant qui
chantait ainsi tout en marchant :
"Un bon bourgeois dans sa maison,
le dos au feu, le ventre à ta… a… a… able.
— Eh bien, vous, dit Monsieur le maire, on
peut dire que vous avez un bon caractère, habillé
comme vous l’êtes, de chanter encore comme vous le faites.
— Pourquoi ? dit l’homme.
— Pourquoi ? Vous ne sentez pas comme il fait froid ?
— Si ! Mais moi, je n’ai pas froid.
— Comment, vous n’avez pas froid ? Moi, vêtu comme je le suis,
je sens encore que ça me pique à travers mon manteau. Je
ne comprends pas comment vous pouvez l’endurer.
— Eh bien, lui répond l’homme, vous n’avez qu’à
faire comme moi, vous n’aurez point froid.
— Que faites-vous ? lui demande Monsieur le maire.
— Eh, je porte toute ma garde-robe sur mon dos.

Echl Echaim, surnom que prenait Edmond Edmont.

Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 223/4.

Sources

  • J. MAILLET, "Dans toutes les mémoires des Saint-Polois : le savant linguiste Edmond Edmont", Plein Nord, 1986, 120, pages 5-6
  • P. TIERNY et A. DEMONT, "M. Edmond Edmond, maire de Saint-Pol, membre de la Commission départementale des Monuments historiques du Pas-de-Calais. Notice biographique et bibliographie complète", Mémoires de la Commission départementale des Monuments historiques du Pas-de-Calais, 1929, pages 295-347
  • M. BAYARD, "Edmond Edmont, un savant linguiste saint-polois", L’Abeille de la Ternoise, août 2010. À lire sur le site de L'Abeille de la Ternoise

Pour en savoir plus

"El conte el froed", chronique en picard d’Edmond Edmont, dans L’Abeille de la Ternoise, 1er août 1903. Transcrit et annoté sur le site de L'Abeille de la Ternoise

L'Europe s'engage

archivespasdecalais.fr est cofinancé par l'Union Européenne. L'Europe s'engage en Pas-de-Calais avec le Fonds Européen de Développement Régional. (FEDER)

Vue en coupe d'un pont sous-marin.

copyright 2011 Pas-de-Calais le Département / Archives départementales | Mentions légales | Crédits