Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 novembre 2017 - 19h26
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8 juillet 1846 : la catastrophe ferroviaire de Fampoux

Le 8 juillet 2017

Le 8 juillet 1846, un train de la compagnie du chemin de fer du Nord déraille près de Fampoux. Le bilan est lourd et cet accident est resté tristement célèbre, comme l’un des premiers survenus depuis la création du chemin de fer en France, quelques jours seulement après l’inauguration et l’ouverture de la ligne.

Rappel des faits

Le 8 juillet 1846, un convoi composé de deux locomotives tractant vingt-huit voitures part de Paris. À son bord se trouvent 220 passagers, à destination de Lille. Vers 15h00, près de Fampoux, il franchit un viaduc construit sur la Scarpe. Soudain, les voyageurs ressentent une forte secousse qui provoque un déraillement. Treize wagons sont précipités hors de la voie. Certains se trouvent propulsés contre un talus bordant le marais, tandis que d’autres tombent dans l’étang situé en contrebas.

De ce tragique accident, on dénombre quatorze victimes ainsi que de nombreux blessés, dont cinq grièvement.

Rapidement, les secours arrivent de toutes parts : des témoins de l’accident alertent les autorités, qui envoient deux détachements des garnisons de Lille et Douai ainsi que des médecins. Les civils contribuent aussi au sauvetage : les ouvriers des ateliers d’Alexis Hallette viennent prêter main-forte et les habitants de Fampoux recueillent chez eux les blessés.

À qui la faute ?

Le ministre des Travaux publics délègue sur place Pierre-François Frissard, inspecteur des ponts-et-chaussées, afin qu’il établisse les causes de l’accident. Dans son rapport du 13 juillet, celui-ci exclut toute défaillance technique, sans définir clairement les raisons de la catastrophe. La vitesse du convoi à cet endroit est toutefois mise en cause.

Il faut attendre novembre de la même année pour que l’affaire soit portée au tribunal de police correctionnelle de Lille. Quatre prévenus sont incriminés : deux ingénieurs et deux mécaniciens de la compagnie du chemin de fer du Nord. Du 11 au 15 novembre, les témoins et les experts se succèdent à la barre. En l’absence de preuves formelles, les prévenus sont tous les quatre relaxés.

Pourtant, il semblerait bien qu’à cet endroit (terrain accidenté), la vitesse du convoi était excessive (50 km /heure, au lieu des 20 préconisés dans pareil cas). De plus, un obstacle se serait trouvé sur la voie, car la roue avant de la première locomotive portait les traces d’une collision. Ces deux facteurs auraient provoqué le déraillement, mais les causes ne seront jamais clairement identifiées.

Le ministère public fait appel et un nouveau procès s’ouvre le 21 décembre devant la cour royale de Douai, qui se montre moins clémente. MM. Hovell et Bolu (inspecteur et mécanicien) sont acquittés, mais MM. Petiet (ingénieur de l’exploitation) et Duthoit (mécanicien) sont reconnus coupables d’homicide par imprudence, avec néanmoins des circonstances atténuantes. Ils sont tous deux condamnés à quinze jours d’emprisonnement et à participation aux frais, et M. Pethiet à une amende complémentaire de 3 000 francs.

En mai 1847, ce jugement est confirmé par la Cour de cassation qui rejette l’appel.

"L'effroyable catastrophe de Fampoux" dans Le Réveil du Nord.

Ce que fut le premier et terrible déraillement qui ensan-glanta le réseau du chemin de fer du Nord le 8 juillet 1846.

Quatre années s'étaient écoulées depuis le
vote de la loi du 14 juin 1842 qui donnait une
vigoureuse impulsion aux chemins de fer. Le
jeudi 19 février 1846 pour la première fois une
machine locomotive du chemin de fer du Nord,
montée par l'ingénieur-directeur Onfroy de Bré-
ville et par les ingénieurs Conche et Bazaine,
roulait jusqu'à Amiens. L'inauguration ou tout
au moins une espèce d'inauguration avait eu
lieu le dimanche 29 mars sur le railway de
Lille à Arras et de Douai à Valenciennes dont
l'exploitation devait commencer le 1er avril sui-
vant. Les fêtes grandioses de l'inauguration of-
ficielle de la grande ligne Paris-la frontière en
juin retentissaient encore qu'une catastrophe tra-
gique comme on n'en avait jamais connue ve-
nait glacer d'effroi tout un peuple qui avait,
depuis des mois, les yeux tournés vers cette for-
midable entreprise qu'étaient les chemins de fer.

Les "premiers pas" du chemin de fer

Cette immense entreprise qui semblait surhu-
maine fut menée rapidement d'après les dates
que nous avons ci-dessus énoncées, avec les mo-
yens matériels dont on disposait en ce mo-
ment. La nouvelle de l'événement qu'une loco-
motive venue de Paris allait se mouvoir sur des
rails était d'un si grand intérêt que partout,
dans toutes les villes traversées la population
s'était rendue au devant du convoi qui, par
exemple, à Amiens, a fait son entrée accompa-
gnépar une foule immense.

Voici ce que l'on pensait de cette épreuve :
"la marche de la locomotive a pu être aussi
sûre que rapide, malgré les grandes difficultés
qu'il a fallu vaincre enntre Clermont et Amiens,
le chemin offre une voie parfaite, 150 kilomè-
tres en moins de quatre heures ! Venir de Paris
à la moyenne de 10 lieues à l'heure" c'était là
une chose à émerveiller tout le monde.

En mars suivant, les convois succédaient aux
convois et dans la région qui nous intéresse
faisaient plusieurs fois par jour le trajet de
Lille à Arras et de Douai à Valenciennes : ces
convois étaient plutôt confectionnés pour s'assu-
rer du bon état de la voie et pour permettre de
régulariser le service. En effet, les essais ayant
été jugés satisfaisants, l'exploitation pour les
voyageurs commença le 1er avril de l'année
1846. L'inauguration officielle eut lieu en gran-
de pompe : "Bruxelles est aux portes de Paris,
disait-on dans les discrours, la Capitale de ce
jeune royaume n'est plus qu'à quelques heures
de marche, nous touchons à Ostende, à Liège,
à Gand, à Anvers, la Prusse et l'Allemagne sont
plus près de nous que ne le sont encore Mar-
seille et Strasbourg".

Fampoux ouvre l'ère des catastrophes

L'engouement pour le voyage en chemin de
fer se faisait de plus en plus vif, la foule se
pressait dans les stations et l'on s'entassait
dans les compartiments, dans les voitures.

Le 8 juillet 1846, à 7 heures du matin, partait
de Paris un convoi composé de 28 voitures por-
tant 220 voyageurs. Ce train était remorqué par
deux locomotives.

Ce convoi venait de franchir à 2 heures 30 de
l'après-midi le viaduc construit sur la Scarpe,
près du village de Fampoux ; il quittait une
pente de 0,004 et commençait à franchir une
rampe de 5 millimètres 4 précédée d'un palier
de 27 mètres de longueur lorsqu'un déraillement
eut lieu, et tout le convoi se divisa en cinq
groupes. Le deuxième wagon en quittant la voie
alla se précipiter dans une ancienne tourbière,
remplie d'eau sur trois à quatre mètres de hauteur.
D'autres wagons suivirent celui-là et s'enfon-
cèrent dans le marais tandis que ceux de la
queue du train restaient sur la voie et se cou-
chaient le talus, faisant de nombreuses vic-
times. Cette affreuse nouvelle se répandit à tra-
vers les villes, à travers la campagne et cet évé-
nement transmis de bouche en bouche fut diver-
sement commenté et son importance, comme
souvent en de telles circonstances, grossi.

Encore sous l'impression de son épouvante le
public quelques jours après la catastrophe, con-
tinua à exagérer l'importance des pertes de cet
épouvantable accident et alla jusqu'à accuser
d'être vendus, à la Compagnie Rothschild, ceux
qui voulaient réduire ce cruel événement à ses
vraies proportions.

Au loin, comme sur les lieux du sinistre, on
entendait élever à 40, à 50, à 100 même, le nom-
bre des morts de la fatale journée du 8 Juillet,
et l'on persista à soutenir qu'un wagon, conte-
nant vingt-deux personnes, séjournait au fond
de l'eau, que durant les premières nuits qui sui-
virent l'effroyable noyade, trente à quarante
cadavres furent enterrés clandestinement afin de
soustraire au peuple la connaissance d'une par-
tie de l'horrible vérité, et de ne point, dans l'in-
térêt de la compagnie, le détourner de se servir
de la nouvelle voie de circulation.

 Archives départementales du Pas-de-Calais, BHB 883/9.

Bibliographie

  • Historique de la catastrophe de chemin de fer de Fampoux, le 8 juillet 1846, 1946, 70 p. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHC 1010/11
  • M. VASSEUR, Historique de l'accident de chemin de fer survenu sur la ligne de Paris à la frontière belge le 8 juillet 1846 à Fampoux (Pas-de-Calais), extrait destiné au Bulletin municipal de Fampoux, 1979, 9 p. Archives départementales du Pas-de-Calais, BHD 467/8

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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