Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 21 janvier 2020 - 02h04
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Les billets de nécessité

La collection Georges-Bacot a été acquise par les archives départementales du Pas-de-Calais le 25 janvier 2019. Elle est constituée d’un ensemble de billets de nécessité émis durant la Première Guerre mondiale dans le Pas-de-Calais, patiemment collectés par Georges Bacot. Les archives lui avaient également acheté, en décembre 1999, sa collection de cartes postales d’Arras, aujourd’hui conservée en 38 Fi. Essentiellement consacrée à la Grande Guerre, la collection de billets de nécessité s’étend sur la période 1870-1989.

Qu'est-ce-qu'un billet de nécessité ?

Une monnaie de nécessité est un moyen de paiement produit par un organisme public ou privé et qui, temporairement, complète la monnaie officielle émise par l’État quand celle-ci vient à manquer.

Ce dispositif a fait l’objet d’une lettre du ministre des Finances Joseph Noulens (1864-1944), parue dans le Journal officiel du 15 août 1914, soit une dizaine de jours après la déclaration de guerre et alors que la convertibilité en or des billets vient d’être suspendue (le 5 août). La loi du 12 janvier 1926 en a coordonné le retrait, en les rendant non remboursables par les caisses publiques à partir du début mai de la même année.
Dans notre département, ce dispositif d’émission de monnaie est mis en place par les municipalités du bassin minier et du sud-est arrageois dès les premiers mois du conflit. Une partie du territoire du Pas-de-Calais est en effet très vite occupée par l’ennemi, se retrouvant à la fois coupée du pouvoir central et réquisitionnée par l’occupant. De chaque côté du front, cependant, les organismes locaux doivent faire face à la pénurie des moyens de paiement nécessaires aux transactions quotidiennes de faible montant, qui paralyse les échanges et les approvisionnements. Celle-ci s’explique par la thésaurisation, par la population inquiète, des pièces de monnaie, alors en métal, dont la valeur intrinsèque est supérieure à la valeur faciale.

L'exemple du village de Monchy-le-Preux

Afin d’appréhender au mieux la réalité du moment, prenons l’exemple du village de Monchy-le-Preux, dont le conseil municipal décide d’émettre, à quatre reprises, ses propres bons communaux. Dès le 20 février 1915, une délibération indique que :

Il est impossible de trouver dans la commune le complément de la contribution de guerre exigée et que pour éviter des représailles, il est urgent de se procurer de l’argent, en même temps que pour parer aux autres besoins de la commune ; [le maire] propose alors d’émettre des bons communaux remboursables sur la caisse du receveur municipal

Puis, le 27 juillet de la même année :

Considérant que la guerre se prolongeant, les besoins des habitants sont de plus en plus grands, décide d’émettre une nouvelle série de bons de dix mille francs.

Le 24 octobre 1915, une troisième émission est décidée :

Considérant que les besoins des habitants deviennent de plus en plus pressants ; que les maladies sévissent et augmentent la mortalité ; qu’il est indispensable de sécuriser tout le monde afin d’atténuer dans la mesure du possible les maux de la guerre.

Enfin, une dernière délibération indique que :

Le système des bons d’émission fournit à la population les moyens de se procurer les denrées nécessaires à l’alimentation et tout ce qui est indispensable à la vie ; qu’il atténue en conséquence les maux des temps présents ; qu’il est indispensable de continuer à en émettre. 

Gardons cependant à l’esprit que les billets de nécessité ont été majoritairement émis par les chambres de commerce, avec l’autorisation du ministre du Commerce en date du 20 août 1914, et avec l’avantage de bénéficier de l’assistance de la Banque de France qui s’engage à rembourser les porteurs à la fin des hostilités. De grandes entreprises, telles que les sociétés minières dans notre région, ont aussi émis leur monnaie de nécessité.

La fabrication des billets est assurée par des imprimeurs locaux qui ne disposent pas de moyens particuliers pour les protéger de la contrefaçon et de la rapide détérioration inhérente aux petites transactions. Seuls un numéro individuel, les signatures des dirigeants des autorités émettrices (celles du maire et de l’adjoint dans les communes) et un cachet confèrent un caractère officiel à ce papier-monnaie. Au verso de billets émis conjointement par la ville et la chambre de commerce d’Arras, cette mention dissuasive est aussi indiquée : L’article 139 du Code pénal punit des travaux forcés à perpétuité ceux qui auront contrefait ou falsifié les billets de banques autorisés par la loi, ainsi que ceux qui auront fait usage de ces billets contrefaits ou falsifiés.

La collection Georges-Bacot 

La présente collection, composée de 906 billets, est probablement l’une des plus grandes de ce type conservée dans un service d’archives. L’intérêt est qu’elle concerne presque exclusivement des chambres de commerce, des communes et des entreprises du Pas-de-Calais. Cette précieuse collection est complétée par une petite bibliothèque constituée autour de trois thèmes : la numismatique, les photographies allemandes de la région pendant la Première Guerre mondiale et l’histoire locale.

Le plan de classement se compose de la manière suivante :

  • les billets de nécessité sont, tout d’abord, classés dans l’ordre alphabétique au sein des quatre types de producteurs (communes, groupements de communes, chambres de commerce puis entreprises privées) ;
  • les trois seuls documents qui ont une typologie différente forment une deuxième partie ;
  • enfin, une bibliothèque composée de vingt ouvrages clôture ce fonds.

Celui-ci est consultable sous format numérique sur notre site Internet.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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