Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 17 novembre 2017 - 20h19
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Édition du deuxième carnet de poilu sur Wikisource

Publié le 16 octobre 2017

Dans le cadre du projet d’édition de carnets de soldats de la Grande Guerre, un deuxième carnet de poilu du Pas-de-Calais vient d’être retranscrit par les Wikisourciens.

Après le journal d’Albert Labbé, les carnets d’Alexandre Poutrain viennent rejoindre la bibliothèque numérique de Wikisource.

En 1939, à la demande de ses enfants, Alexandre Poutrain (1862-1941) rassemble les souvenirs des deux guerres qu'il a traversées (1870 et 1914-1918). Maire de Croisilles dans le Pas-de-Calais de 1908 à 1925, ses cahiers fourmillent d'anecdotes sur l'administration d'une commune pendant la Grande Guerre, notamment sur les questions de ravitaillement et sur les relations entretenues avec l'occupant.

Accédez aux carnets d’Alexandre Poutrain

Quelques extraits des carnets d'Alexandre Poutrain

Nous sommes envahis ! Désormais nous allons vivre en contact immédiat et continuel avec nos ennemis et sous leur dépendance.
Nous allons connaître dans toute leur plénitude : les humiliations de l’invasion, les horreurs de la guerre, les angoisses de la séparation d’avec la famille, d’avec la Patrie.
En cette matinée du quatorze octobre, un allemand me remet un bon de réquisition de l’intendance militaire : à partir du 15 octobre je dois livrer chaque jour aux magasins de Boyelles, cent sacs d’avoine. Il me sera remis un bon de livraison à chaque voyage.
Il n’est plus possible de réunir le conseil municipal : il faut prendre une décision rapide et nous ne disposons plus de local.

Alexandre Poutrain, carnet n° 1, octobre 1914.

Nous voyons entrer dans nos maisons deux, quatre, six soldats et parfois plus. Ils se répandent dans tous les appartements, fouillent les meubles, les armoires. Il nous est impossible de savoir ce qu’ils cherchent. À toutes nos questions, ils répondent commandature. Le plus souvent ils ne répondent pas. Nous connaissons l’objet de leur recherche quand ils l’ont trouvé. Tantot ce sont des couverts en argent, pour la réception de camarades officiers, ou de la vaisselle, des nappes, des serviettes. Au début de cette époque c’étaient nos literies qui disparaissaient le plus : matelas, couvertures, draps. Un jour un soldat voulait emporter sur les épaules un matelas que Joséphine n’avait pas pu soustraire à cette tentative. Dès que le soldat est engagé dans l’escalier, Joséphine tire violemment ce matelas ; le soldat perd l’équilibre, lâche le matelas et descend l’escalier plus rapidement qu’il ne voudrait. En voyant l’attitude énergique de Joséphine en haut de l’escalier, il n’est pas remonté.
J’étais souvent requis par les habitants pour réclamer ces objets ou tout au moins un bon. Le commandant se moquait de moi, me demandait le nom du soldat qui avait commis ce larcin. Certains officiers remettaient au soldat un bon pour l’habitant. Grandy nous traduisait ces bons : quand ils n’étaient pas obscènes, ils étaient moqueurs

Alexandre Poutrain, carnet n° 2, hiver 1914-1915.

Un soir, le commandant m’appelle au bureau : "M. le maire, vous allez me remettre une liste de trente hommes qui iront travailler quelques jours dans une autre commune. — M. le commandant voila trente hommes qui vont être arrachés à leur famille, et ne reviendront pas. — C’est l’ordre de M. le général en chef. — Je connais votre mansuétude pour les habitants. Permettez moi de vous dire que vous êtes plus puissant que votre général en chef dans la Commune. Il suffirait que vous lui disiez qu’au moment où vous recevez son ordre, vous lui écriviez pour lui demander des travailleurs supplémentaires… Si vous faites cela, M. le Commandant, après la guerre, quand nous causerons de l’invasion, les habitants diront : "de tous les commandants que nous avons eus, c’était le commandant Meyer le meilleur."
Le commandant reste un instant rêveur et me dit : "Je verrai demain."

Alexandre Poutrain, carnet n° 3, 1916.

Comment participer ?

Le projet vous intéresse ? Deux autres contributions sont en cours d’édition et attendent d'être transcrites.

Accéder à la page Carnets de guerre sur Wikisource

Carnet du soldat Alton Dondeyne

Alton Dondeyne a 28 ans lors de la mobilisation. Tout d'abord affecté au 362ième RI, il participe aux campagnes les plus périlleuses du conflit : Alsace, Artois, Meuse, Somme, Yser, Verdun. Il est fait prisonnier le 1er août 1916 à Vaux Régnier (Meuse) et envoyé à Darmstadt en Allemagne où il restera jusqu'à l'armistice.

De retour chez lui, il couche ses souvenirs sur papier et devient vice-président de la section de l'Union Nationale des Combattants de Liévin (certains de ses discours prononcés lors d'assemblées générales sont retranscrits en fin de carnet).

Extrait du journal d'Alton Dondeyne : décembre 1914, les combats d'Ypres et cris des blessés délaissés à leur l'agonie

[...] c'était des combats sans arrêt de jour comme de nuit. A un endroit, nous étions a trente mètres de l'Ennemi Malheur a ceux qui se trouvaient blessés entre les deux tranchées ? s'il ne pouvait revenir de ses propres moyens, ? ils étaient condamnés a périr là, de souffrance, de fièvre et de faim ! ; les boches nous empéchant d'aller chercher les blessés. J'en ai vu plusieurs ainsi qu'il a fallut abandonner a leur triste sort, tandis que nous avions le cœur torturé de leurs plaintes et lamentations, quelquefois on les voyez encore remuer après trois et quatre jours Grâce ! au secours ! a boire ! et rien à faire la fusillade continuer implacable de part et d'autre Combien ? de fois ai-je entendu ? ce cri douloureux. Maman ! Oh, ce cri ! Maman ! Maman ! le dernier cri du moribond. Maman ! dans ce mot sonne toute la vie passée toutes les tendresses perdus ! Maman !! [...]

Accéder au carnet de guerre d'Alton Dondeyne

Carnets du soldat Louis Doisy

Au début de la guerre, Louis Doisy, né en 1888, rejoint le 6ième de chasseurs à cheval. Il participe à la bataille de Courtrai le 22 août 1914, aux campagnes de Champagne (1915) et de Verdun (1916) avant d'être détaché comme agent de liaison au 15e d'artillerie. En 1917, il prend part aux offensives de Craonne et gagne les Flandres. En 1918, il est gazé à Coucy-le-Château ; après un prompt rétablissement, il est envoyé sur le front de l'est.

Accéder aux carnets de guerre de Louis Doisy

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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