En mars 1915, les Anglais ont décidé de transformer une bande de terrain à proximité du port d’Étaples en un immense ensemble d’hôpitaux militaires, d’entrepôts et de centres d’instruction destinés à leurs unités.
Émerveillée par la facilité avec laquelle nos alliés d’Outre-Manche ont aménagé ce camp en huit semaines, la presse parisienne relate le caractère moderne de son fonctionnement et de son organisation, et souligne entre autres la présence de salles de radiographie et d’autoclaves de stérilisation dans les quatre hôpitaux en mesure d’abriter quinze mille blessés.
Destination obligée pour les centaines de soldats venant chaque jour du front pour y être traités, cette base sanitaire est comme une cité à part entière de la petite ville d’Étaples, un lieu où tout a été pensé et aménagé pour le bien de tous.
Quinze mille Anglais soignés par cinquante majors
Les Anglais, dit un journal parisien, ont accompli dans la pittoresque ville d’Étaples, un de ces miracles d’organisation rapide dont ils ont le secret. Au mois de mars dernier, ils décidaient d’y établir une base sanitaire. Huit semaines après, quatre hôpitaux réglementaires, un dépôt de convalescents et un hôpital privé pouvaient abriter quinze mille blessés.
Tous les perfectionnements modernes ont été apportés à l’installation de ces hôpitaux : salle de radiographie, autoclaves de stérilisation, etc.
Deux quais de débarquement, à l’entrée même de l’Hôpital, permettent d’éviter aux malades les transbordements douloureux.
Tous les détails de cette organisation remarquable seraient à relater.
Rien n’y manque, ni les salles de bains et de massage, ni le service des pédicures, ni une blanchisserie mécanique qui assure le nettoyage de toutes les ambulances de la maison.
Il n’est pas jusqu’à un stand de tir et à un terrain de football qui n’aient été aménagés pour la grande joie des "Tommies" convalescents.
Lorsqu’on parcourt cette petite cité improvisée où se croisent médecins, infirmiers, nurses, au milieu des blessés reconnaissants de tant de soins, on est véritablement émerveillé qu’un mois ait suffi à faire surgir cette organisation si caractéristique du génie méthodique de nos amis d’Outre-Manche.
La Croix du Pas-de-Calais, dimanche 12 décembre 1915. Archives départementales du Pas-de-Calais, PE 135/17.